Il y a un an…

Cette année, le premier semis de carottes est en plein champ. Ici, le tunnel nantais est relevé pour que la pluie vienne mouiller la planche.

Il y a un an, je débarquais aux Grivauds. Je rejoignais Fabrice qui y travaillait déjà depuis six ans et qui menait sa barque contre vents et marées, en navigateur solitaire, opiniâtre et besogneux. Il y a un an, ce qui m’avait sauté aux yeux, c’était déjà cette biodiversité foisonnante qui vous a été décrite dans notre précédent article. Fabrice n’avait alors que quelques mois de recul sur sa pratique dite du «Sol Vivant» et même si l’année avait été très difficile, aucun retour en arrière n’était envisagé.

Il y a un an, jour pour jour, on semait nos carottes de printemps sous serre (cette année, c’est en plein champ, sous tunnel nantais, faute de place…). À regarder les photos, on constate que certaines cultures étaient plus avancées (oignons blancs et mini-blettes), d’autres plus timides (petits pois et choux de printemps). Notre blog nous offre désormais un regard rétrospectif sur notre travail. Ce qui n’était au départ qu’un outil de communication, de récit, de pédagogie, devient maintenant une réserve d’archives !

Consigne donnée à Laurence : quand on ne la verra plus derrière la paille, c’est qu’elle en aura délité assez.

Du fait du long article de Fabrice de la semaine, j’ai presque deux semaines à vous raconter en une seule fois… Faute de temps, je laisserai les photos parler pour moi (voir galerie ci-dessous). Ce qui est à retenir, c’est le retour de Laurence pour une pleine semaine de stage. Dans des conditions climatiques vraiment moyennes, elle nous a aidé au semis de fèves en plein champ : désherbage de potentilles, ouverture des poquets, dépôt des graines et délitage de la paille en vue du paillage (prévu pour la semaine prochaine). C’est un peu grâce à sa présence qu’on s’autorise à se lancer dans un chantier non-programmé : la plantation des rhubarbes, qui attendaient dans leurs pots depuis bien trop longtemps…

Jean-Baptiste et Abricot, à Sorbier

Dimanche dernier, c’est notre collègue Jean-Baptiste, installé à Sorbier, qui nous a invités à visiter sa ferme (le Jardin de la Gare). Pour l’occasion, nous avons assisté à une séance de travail du sol en traction animale. Avec Abricot, un cheval équipé d’une kassine, les buttes pour les oignons ont été montées. Le reste du site vaut aussi le détour : quelques petites serres menées en sol vivant, des arbres fruitiers, des haies et une faune qui n’a rien à envier aux Grivauds !

À la semaine prochaine !

Denis

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Notre ÉcoJardin, un îlot de biodiversité, une terre d’accueil pour la vie !

Cette semaine, c’est Fabrice qui prend la plume pour nous présenter un pan important de la biodiversité des Grivauds : sa faune exubérante ! En quoi est-elle un atout pour notre activité maraîchère ? Quelles stratégies a-t-il mis en œuvre aux cours des années pour la développer ?

Des haies imposantes, des bandes fleuries (ici, on distingue les chicorées et les millepertuis), un peu de laisser-aller et la biodiversité prend son envol.

Quand je décide de m’installer pour faire du maraîchage biologique, deux choses me tiennent à cœur, produire de bons légumes et produire de la biodiversité. Je débarque sur un site déjà exceptionnel par la richesse de ses arbres et arbustes, par sa prairie naturelle et je comprends très vite qu’avec un peu de « laisser-aller », quelques aménagements et de la patience je réussirai à en faire un jardin très accueillant et un havre de paix pour la faune. D’autant plus que je possède de très bonnes connaissances naturalistes que je cultive depuis plus de 20 ans.

Notre mare, à deux pas du champ et des serres

Après 8 années de labeur, des haies devenues imposantes qui fleurissent et produisent des baies, une mare creusée et végétalisée naturellement, des zones de friche, des zones fleuries, des tas de pierres, de branches, des arbres épars et bientôt des haies fruitières, un sol non travaillé couvert en permanence et voilà un agro-écosystème complexe à souhait qui accueille une faune très diversifiée et très utile !

Une trentaine d’espèces d’oiseaux, sur moins de 10ha, nichent ici dont la rare fauvette babillarde qui est inféodée aux haies de vieux prunelliers et aubépines. Notre jardin accueille des espèces communes mais aussi la tourterelle des bois, le rossignol philomèle, l’hypolaïs polyglotte. Nous pouvons nous vanter d’accueillir 5 espèces de fauvettes nicheuses. Ces oiseaux trouvent un endroit très favorable pour se reproduire et se nourrir. Ils ont tous un rôle privilégié, ils limitent le nombre de chenilles, de mouches et d’autres insectes, c’est aussi le cas des mésanges, des merles, des rougequeues noirs par exemple.

Bruant des roseaux

L’hiver, même si bon nombre d’entre eux nous quittent pour des zones plus chaudes, nous accueillons des oiseaux venus du nord comme le bruant des roseaux et le pipit farlouse qui raffolent des graines des herbes sèches laissées en place. Par leur action ils permettent de limiter le nombre de graines au printemps, et pour le maraîcher c’est autant de plantes qu’il n’aura pas à désherber !

L’inventaire en cours me permet d’avancer le chiffre de 101 espèces d’oiseaux fréquentant plus ou moins régulièrement le site. La mare est bien entendu le lieu le plus fréquenté avec des visiteurs prestigieux comme le martin-pêcheur, le Bihoreau gris, l’aigrette garzette, la bécassine des marais et le chevalier cul-blanc mais aussi des espèces rares comme la Rémiz penduline, le chevalier gambette et le chevalier sylvain qui y trouvent un site favorable pour une halte migratoire. L’hiver avec les baies dans les arbustes, les pommes non récoltées on peut apercevoir les 4 espèces de grives présentes en France, la musicienne, la draine, la litorne et la plus rare mauvis. L’hiver encore, les haies sont parcourues par les mésanges bleues, charbonnières, nonettes et les longues queues, le roitelet huppé et le grimpereau des jardins. De belles surprises certaines années avec le tarin des aulnes, le sizerin flammé, le bouvreuil pivoine, le gros-bec casse-noyau et le pinson du nord. Toutes ces espèces sont de plus en plus rares quelque soit le moment de l’année parce qu’elles ne trouvent plus les conditions favorables à leur survie ! La raréfaction des haies, des friches et globalement de toutes les zones naturelles c’est moins de nourriture disponible et d’abris, tant pour nicher que pour passer l’hiver.

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Campagnol des champs, un rongeur très présent dans nos sous-sols

Les mammifères, bien que moins nombreux, ne sont pas en reste avec une bonne quinzaine d’espèces dont certaines comme la fouine, la belette et le renard, accusées à tort de tous les maux, sont de véritables alliés car ils se nourrissent de rongeurs comme les campagnols et les mulots et permettent d’en limiter la population à un niveau acceptable pour le maraîcher. Plusieurs espèces de chauve-souris fréquentent le jardin comme la pipistrelle commune, les moustiques n’ont qu’à bien se tenir !

Parmi les amphibiens, sur les 8 espèces rencontrées on peut noter la présence du crapaud calamite, du triton crêté et de la magnifique rainette verte arboricole qui se nourrissent de limaces et d’insectes. Les reptiles, dont la couleuvre à collier, régulent les amphibiens. Tout le monde a un rôle bien défini dans la nature ! Point de cruauté, juste la vie !!

Les centaines d’espèces d’insectes, d’arachnides qui nous entourent ont aussi un rôle. Des nuisibles me direz-vous ? Certainement pas ! Cette foultitude de petits êtres, des libellules aux papillons (diurnes et nocturnes), des sauterelles aux grillons, des mantes aux guêpes, des abeilles aux bourdons, des coccinelles aux araignées tout le monde est utile quand on cherche à recréer un équilibre. Les vers luisants et les carabes, insectes très discrets, sont de redoutables prédateurs des escargots et limaces. Mais tout ceci ne fonctionne qu’à une seule condition, ton sol tu ne travailleras point !

À l’ÉcoJardin des Grivauds, le travail du sol est délégué aux vers de terre !

Et dans ce sol non travaillé, des milliers d’êtres vivants dont nos plus fidèles compagnons, les vers de terre à qui on doit la fertilité ! Je n’ai pris conscience de cette biodiversité cachée que très récemment, et pourtant c’est sûrement la plus active et la plus importante pour le maraîcher !

Notre rôle dans tout çà est clair, il faut observer, comprendre et s’adapter à ce système complexe qui fonctionne parfaitement, et surtout accepter de ne pas être le maître de ce monde !

Fabrice Landré

Fleurs de cardamine

Ample florale de cardamine

Cette semaine, les premières floraisons printanières font leur apparition aux Grivauds. Il y a bien sûr les plantes qui profitent de la douceur de nos serres pour accélérer leur développement (comme les pissenlits ou les mourons) et puis il y a celles pour qui c’est l’heure de toute façon. Sur les bords de route qui longent les sous-bois, les perce-neige sont déjà bien visibles. En prenant la peine de se pencher sur les chemins enherbés autour de nos serres, on distingue de minuscules fleurs violacées rayées d’un bleu plus soutenu : la véronique commune (veronica persica). Quelques lamiers pourpres lancent aussi une première floraison. Dans les planches d’épinards (serre nº2), il y a une adventice par laquelle on se laisse attendrir et qu’on ne désherbe (presque) pas : la cardamine hirsute (cardamine hirsuta). Ses petites fleurs blanches, regroupées en grappe, sont typiques des brassicacées avec leurs quatre pétales en croix. Dans la serre nº5, il y a d’autres fleurs de brassicacées mais celles-ci ne sont pas sauvages : c’est une planche de choux chinois, qu’on avait plantés à l’automne dernier pour le mesclun et qui ont monté un peu précocement. Vous retrouverez les photos de toutes ces plantes dans la galerie à la fin de l’article.

 

Puisqu’on vous dit que la nouvelle serre avance !

Bon, me direz-vous, et à part regarder les cardamines fleurir, qu’est-ce que vous avez fait cette semaine ? Plein de belles choses figurez-vous ! On passe sur la récolte d’épinards, où on a du jeter quantité de feuilles atteintes par le mildiou. On passe aussi sur l’avancement de notre chantier «nouvelle serre à plants» ; retenez simplement qu’on a quitté nos champs samedi avec 4 arceaux complètement sur pied ! On passera enfin sur l’arrivée de notre commande de paille déclassée, jeudi. Quatre mois d’attente pour se retrouver avec 24 bottes dans un état douteux, vendues 40% plus cher que l’année dernière. Il est urgent qu’on se mette aux engrais verts, ne serait-ce que pour réduire notre dépendance vis-à-vis de la paille.

Tunnel nantais pour les carottes

On préfère vous parler de notre semis de carottes … en plein champ ! Alors, non, on n’est pas devenus fous, mais on profite que le temps très ensoleillé semble bien vouloir perdurer encore un peu pour hâter la levée sous tunnel nantais. Pour le semis proprement dit, on commence à être rodés. On dé-cache  une planche occultée et on sème directement sur la terre à nue. On recouvre les rangs de terreau et on paille les inter-rangs. Reste ensuite à monter le tunnel et à bien le ficeler pour éviter qu’il ne s’envole à la moindre bourrasque. C’est long mais si ça marche, ça nous fera une grosse planche de carottes pour prendre le relai de celle qui a été semée sous serre à l’automne dernier. Et puis, si jamais la levée prend plus de temps que prévu, pas d’inquiétude : avec notre façon de procéder, on ne craint pas l’enherbement.

Un dernier mot pour vous dire qu’on a repiqué en mottes notre première série de légumes d’été (tomates, poivrons et aubergines). Jusqu’ici tout va bien…

À la semaine prochaine !

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Printemps de février

Plantation des choux en tee-shirt !

Les années se succèdent et ne se ressemblent pas ! Il y a un an, on était dans la grisaille permanente, jusqu’à la fin du printemps. Je me souviens des chemins boueux et de planches de plein champ saturées d’eau en mars, au moment de la plantation des oignons. Cette année, c’est très sec et après un mois de janvier plutôt froid, on a le droit à un février aux allures de printemps ! Il fait 17°C l’après-midi et on travaille en tee-shirt dans les serres à partir de 10h le matin. Cela dit, les gelées matinales, toujours aussi systématiques, sont là pour nous rappeler qu’il est encore un peu tôt pour planter des tomates…

Premier paillage de l’année : 2 planches d’un coup dans la serre nº3 !

En attendant, on plante nos choux de printemps, quelques salades et du chou-rave. Contrairement à l’année passée, on paille nos planches avant la série de printemps. Avec la chaleur, la serre nº3 exhale une belle odeur d’étable. La paille qu’on utilise date de l’année dernière mais elle est encore bien jaune et nos planches brillent sous le soleil !

Planche d’épinards avant l’arrivée du mildiou. Je n’ai pas eu le courage de prendre une photo après…

On était tout fiers de faire nos premières grosses récoltes d’épinards pour les Amap. L’année dernière, les acariens avaient un peu joué les troubles-fête. Cette année, ils sont encore présents mais nos plants semblent mieux s’en accommoder. Compte-tenu de la chaleur, on ouvre nos serres au maximum pour repousser la montaison au plus tard possible. Malheureusement, c’est un autre problème qui risque de gâcher la fête : le mildiou s’est installé dans nos planches ! On croise les doigts pour qu’il nous laisse suffisamment de feuilles saines pour les prochains paniers et on tire la conclusion suivante : que ce soit sur sol vivant ou non, l’épinard c’est difficile !

À la semaine prochaine !

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Graines d’été

Oui, ce sont bien des tomates qui ont germé dans cette terrine !

C’est dans le dégel de ce matin d’hiver, alors que le soleil encore timoré de février peine à faire fondre le givre qui recouvre notre serre à plants, que nous semons nos légumes d’été les plus attendus : aubergines, poivrons et … tomates ! En à peine 5 jours, les graines ont percé la fine couche de vermiculite et nous ont offert nos premiers cotylédons de solanacées de l’année !

Scellement dans le béton des 4 pieds d’angle de la future serre à plants

Au reste, passées deux premières matinées très fraîches, le reste de la semaine a été plutôt doux, nous permettant même, par moments, de travailler dehors sans nos lourds manteaux. Et dehors, notre chantier principal de la semaine a été la poursuite du montage de notre nouvelle serre à plants. En particulier, on a commencé à sceller dans du béton les pieds qui porteront les arceaux. On met les bouchées doubles pour réussir à terminer la serre avant que ça ne soit la crise du logement dans la pépinière…

Sandrine vient prêter main forte au semis de petits pois.

Pour terminer la semaine en beauté, on a semé notre première série de petits pois. Cette année, on se limite à seulement deux lignes en serre et on a prévu d’en semer aussi en plein champ, histoire d’étaler un peu plus la production. Et puis, on ne reproduit pas les erreurs de l’année dernière, où on avait semé les petits pois sur les bords de nos planches, rendant tout désherbage impossible entre les filets de palissage… La technique est simple : on ouvre un sillon à la pointe de la serfouette, on dépose les petits pois au fond et on recouvre de compost.

Signe que Fabrice devait déjà être fiévreux en début de semaine : il confond Ramsmouth avec une scarole !

À travailler au grand air toute l’année, on se croyait à l’abri de tout un tas de petites calamités médicales, comme la bonne vieille grippe hivernale. Pas de chance, la Nature est parfois la plus forte et Fabrice finira sa semaine au fond de son lit avec une fièvre de cheval… J’espère que les photos de cette semaine l’aideront à terrasser ce virus mesquin qui l’empêche de profiter de ces belles journées de fin d’hiver ! Du coup, c’est Sandrine qui viendra m’aider à terminer de semer les petits pois. L’occasion pour elle de constater que les poireaux perpétuels qu’elle avait fait hiverner dans notre serre à plants sont toujours vivants !

À la semaine prochaine !

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Les semis, c’est reparti !

Denis sème des oignons

Au cœur de l’hiver, on sème très peu ; quelques salades, un peu de navets et les choux de printemps. Ce qui fait qu’une fois les dernières mâches plantées, on a l’impression que la serre à plants est vide. À partir du moment où les jours se rallongent de manière sensible (en gros, après le 1er février), on commence les premiers semis de printemps. Dans notre cas, c’est avec les oignons qu’on démarre.

Et hop ! 22 caisses d’oignons jaunes et rouges, confortablement installés sur le sol chauffant !

«Ah bon ? Vous semez vos oignons ? Vous ne plantez pas de bulbilles ?» vous entends-je déjà demander. Alors, oui, on plante aussi des bulbilles mais on a décidé d’en semer nous-mêmes une bonne partie (la moitié environ). L’année dernière, on en avait déjà semé quelques plaques par curiosité. On avait entendu dire que les oignons semés se conversaient mieux et on voulait s’en assurer. Conclusion : l’expérience a été très convaincante ! En plus d’une bonne conservation, les oignons semés ne montent pas en fleur au moindre stress. Seul inconvénient : le semis prend du temps. Ça nous a pris une matinée pour semer les 22 caisses de mottes nécessaires pour remplir une butte complète de notre grand champ.

Cette semaine, profitant d’une fenêtre de 4 jours sans gelée nocturne, on en a profité pour remettre la pompe en eau et arroser nos serres. Du coup, on a du retirer les voiles et ça permet de bien se rendre compte de l’avancement de nos différentes planches. On vous montre tout ça dans la galerie de photos ci-dessous…

À la semaine prochaine !

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Fin de saison pour les Grivauds sur le marché de Vichy

10h30 sur le marché de Vichy : il ne reste plus que quelques courges et quelques pommes de terre…

Après avoir fait le point sur l’état de nos réserves de légumes-racines (navets, betteraves, céleris raves, carottes, pommes de terre et radis). on s’est rendus à l’évidence : il n’y en aura pas assez pour assurer à la fois les paniers de nos Amaps et le marché de Vichy. Du coup, on tire (temporairement) notre révérence à nos clients vichyssois et on se démène pour pouvoir reprendre les marchés le plus vite possible.

Qui est volontaire pour aller laver les scaroles ? Pas tous en même temps…

La préparation des paniers de la semaine et du marché aura été méchamment bousculée par la météo : il est tombé presque 10 cm de neige dans la nuit de mardi à mercredi et elle n’a toujours pas fini de fondre à l’heure où j’écris ces lignes ! On ajoute à ça encore de petites gelées matinales et on comprend pourquoi on hésite à se mouiller les mains pour laver la mâche, les carottes ou les scaroles…

Aurélie nous présente son verger

Le verger continue à avancer, du moins symboliquement : on a été récupérer nos portes-greffes au Jardin de la Brouette Bleue. Il s’agit d’un jeune verger, créé par nos amis Aurélie et Sébastien (par ailleurs clients de l’Amap de Dompierre, petit monde…). On en profite pour parler plantation d’arbres, paillage, haies et biodiversité. C’est sûr qu’on vous en reparlera quand le verger aura commencé à donner !

À la semaine prochaine !

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De la mâche dans les carottes

Mâches implantées au milieu des carottes de printemps

On a beau avoir dessiné un joli plan de culture, on arrive quand même à se retrouver avec des caisses de plants sur les bras, sans savoir où les mettre. Alors on improvise un peu et on en arrive à exploiter le moindre interstice pour densifier le plus possible nos planches de serre. Cette semaine, après avoir planté les mâches dans la serre n°1, il nous restait trois caisses de plants, qu’on a décidé d’installer dans les inter-rangs de notre semis de carottes. Les associations de culture, c’est quelque chose qu’on pratique sans vergogne depuis que nos sols n’ont plus besoin d’être travaillés entre deux plantations. L’année dernière, débordés par l’enthousiasme, on avait quand même eu quelques déconvenues : les fenouils implantés au milieu des épinards s’étaient fait ramasser par les limaces et les haricots semés au milieu des carottes avaient peu apprécié la récolte de ces dernières à la fourche-bêche…

Georges nous explique comment repérer de bons rameaux à greffer dans un pommier.

Mardi, on rend visite à Georges et Sébastien, deux amis de Fabrice qui se sont installés en 2012 en Saône-et-Loire pour y restaurer une ferme et y faire pousser des arbres fruitiers. On profite qu’une partie de leur grand verger est déjà productif pour y récupérer des greffons. Avec l’achat de porte-greffes, ce sont les premières étapes de l’installation de haie fruitières dans notre grande parcelle.

Il faut reconnaître que cet air frais septentrional nous apporte aussi une belle lumière !

Autres nouveautés de la semaine : on a planté 3 caisses de salade et on a semé des radis. Et on a même pris le temps de désherber nos carottes de printemps. Pourquoi tant de précipitation ? Parce que la météo a été finalement plutôt clémente et qu’on nous annonce une grosse vague de froid pour la quinzaine à venir. Les gelées sont déjà très fréquentes et ça nous empêche d’arroser convenablement : on a des doutes sur la levée des radis dans ces conditions… On se prépare à une semaine compliquée du point de vue climatique, où il va falloir profiter du moindre dégel pour récolter les poireaux, la mâche ou le mesclun et pour laver les carottes…

Un temps à ne pas mettre un maraîcher dehors…

Temps gris et froid sur les Grivauds

Pour un maraîcher, l’hiver c’est toujours trop long ! Les jours commencent à peine à se rallonger et c’est d’autant plus difficile à percevoir que de nombreux nuages colonisent notre ciel. Les températures ne décollent pas et même si les gelées sont rares on se bat pas pour aller récolter les poireaux… On guette la moindre éclaircie et on joue les héliotropes pour prendre un maximum de lumière.

Des courges, il en reste encore ! Principalement des Butternuts, des Trombas et des Sucrines.

N’empêche, même dans ces conditions hostiles, le boulot avance. On fait un saut chez nos voisins les « mangetouts » pour voir comment se conservent nos courges et – bonne surprise ! – ça se passe plutôt bien ! Du coup, on en fait profiter nos deux Amap, pour lesquelles on se remet à préparer des paniers après deux semaines de pause. Pour la vente à la ferme et le marché de Vichy, on se débrouille pour récolter un maximum de choses avant la gelée de vendredi (-5°C).

Écossage des haricots à rame

L’hiver, c’est aussi le bon moment pour faire avancer les tâches administratives, ranger le bureau, trier les graines… D’ailleurs, on en profite pour écosser nos graines de haricots à rame et celles des radis glaçons qu’on a récoltées à une époque déjà lointaine où on travaillait en tee-shirt en se plaignant de la chaleur.

Histoire de finir la semaine sur une touche positive, sachez qu’une de nos clientes nous a décerné samedi le prix des légumes «les plus choupinets» du marché de Vichy. Curieusement, Fabrice n’est pas chaud pour en faire un slogan…

À la semaine prochaine !

Au menu pour 2019 : toujours plus de légumes et de biodiversité !

Moutarde chinoise sur fond de roquette

Une nouvelle année se lève sur notre ÉcoJardin et c’est l’occasion de vous souhaiter, à vous qui nous suivez, tous nos vœux de réussite ! On a une pensée particulière pour tous ceux qui nous ont aidés dans nos cultures : nos deux stagiaires (Alexandra et Laurence), nos wwoofeurs de l’été et nos familles, dont le soutien indéfectible nous est précieux ! Une pensée amicale enfin pour nos Amapiens et nos clients de vente à la ferme, qui sont à nos côtés depuis la création du jardin en 2011.

L’année passée a été riche en nouveautés pour nous ! Avec la création du GAEC, le jardin a pris une nouvelle ampleur : on sème plus, on plante plus et on récolte plus ! Et même si c’est encore une année de transition, la réussite de certaines cultures nous encourage ; on a été fiers de vous faire déguster nos haricots, nos laitues, nos tomates, nos courges, nos scaroles, notre mesclun et … nos physalis ! Nous sommes aussi fiers d’avoir persisté dans le sillon tracé par Fabrice depuis 2017 : la technique du Sol Vivant que nous expérimentons dans nos serres et nos champs porte indéniablement ses fruits. Et puis, c’est aussi cette année que nous avons fait nos premiers pas sur le marché de Vichy. L’accueil qui nous est fait nous stimule encore un peu plus, s’il en était besoin !

Résolution de Mi-Roux pour la nouvelle année : arrêter de marcher sur les cultures. C’est ambitieux pour lui !

L’année à venir sera tout aussi palpitante ! D’abord, on aimerait pouvoir tenir notre stand tous les samedis à Vichy – actuellement, c’est seulement toutes les deux semaines. Ensuite, on se prépare à installer nos premières haies d’arbres fruitiers au milieu de notre grand champ de légumes. Bref, toujours plus de légumes dans toujours plus de biodiversité, voilà notre programme !

Bonne année à tous,

Fabrice et Denis