Grève du 5 décembre : et pourquoi pas nous ?

Si on fait grève jeudi, Florin nous promet de garder le jardin…

Je ne sais pas vous, mais nous, on se tâte un peu, pour la grève de jeudi prochain. Bon, il paraîtrait qu’on serait plutôt gagnants avec la réforme des retraites, mais si tous nos proches en pâtissent, quel intérêt ? Et puis, on ne peut pas se satisfaire d’un système de retraite par points, ni d’une réforme qui baissent les pensions ou qui augmente de fait l’âge de départ à la retraite. Dans un pays avec un tel taux de chômage, c’est aberrant de maintenir les gens en poste aussi longtemps. Je ne vous refais pas le couplet, mais c’est un peu tout le temps les mêmes qui paient. Alors, que … «de l’argent, il y en a, etc.». Bref, on a plein de bonnes raisons de soutenir ce mouvement. On y pense très fort en tout cas et il en faudrait peu pour qu’on nous retrouve jeudi dans un cortège avec un beau calicot «paysans en colère». Sauf que… Sauf qu’on va sur le marché de Vichy samedi et qu’on a besoin d’une journée et demie pour le préparer (surtout que les journées sont très courtes en ce moment). Or, ça nous sera très difficile d’anticiper les récoltes mercredi, à cause de la météo (on n’est pas sûrs d’avoir un dégel mercredi après-midi en partant de -8°C au lever du jour…). On verra bien. Quoi qu’il en soit, si vous en êtes, sachez qu’on vous soutient !

C’est fini : tous les pieds de tomate sont désinstallés ! (Merci Lili !)

D’ailleurs, concernant le froid qui s’annonce, même s’il est de courte durée, on prend la situation très au sérieux : on purge l’arrosage, on démonte les asperseurs et on cache toutes les cultures sous des voiles (P17). Pour les cultures les plus sensibles (épinards, blettes, fenouils), on place les voiles sur des arceaux pour éviter tout contact avec une matière gelée. Laurence, notre stagiaire de l’année dernière, de passage aux Grivauds, nous file un coup de main pour ces installations. Tiens, profitons-en pour vous donner de ses nouvelles ! Figurez-vous qu’après avoir terminé son Bprea, elle s’est fait embauchée chez un maraîcher près de chez elle. L’expérience a eu des bons et des mauvais côtés, si bien qu’elle avait envie de nous la raconter dans le détail. Comme elle est actuellement entre deux contrats, elle en a profité pour voir comment avait évolué le jardin en son absence. Car notre jardin appartient à ceux qui y contribuent et tous ceux qui y passent sont les bienvenus pour exercer un «droit de regard». Lundi et mardi, on a eu Lili avec nous, pour nous aider à désinstaller les dernières tomates et à désherber les épinards.

Séance d’observation dans la Réserve Naturelle Régionale du Val de Loire Bourbonnais, avec Sandrine et Fabrice

Dimanche dernier, on avait envie de se mettre un peu au vert (pour changer), et on a été se promener dans la Réserve Naturelle Régionale du Val de Loire Bourbonnais. Au programme, quelques belles observations de courlis, de bernaches et de grues. Les photos que j’y ai prises à la tombée de la nuit ne sont pas tellement montrables ; tant pis ! Par contre, aux Grivauds, on a enfin réussi à photographier le bouvreuil qui nous nargue depuis quelques semaines en nous tournant autour et en se cachant dans les feuillages !

À la semaine prochaine !

Finalement, on a des navets !

De beaux navets violets et jaunes

Après s’être fait dévorer par les altises, après avoir souffert d’une sécheresse inédite puis de pluies très abondantes et enfin d’un épisode de froid assez précoce avec des gelées matinales quasiment systématiques (-4°C mercredi matin), on désespérait d’avoir des navets ! Et puis, à la faveur de quelques après-midi ensoleillées et de nuits plus douces, ils ont fini par former de belles raves ! L’homogénéité de la culture nous surprend même si on se doute que l’amélioration de notre technique de semis y est pour quelque chose… D’abord, on n’a semé que deux graines par motte de terreau (contre 3 l’année dernière). La diminution de la densité permet d’éviter la trop grande concurrence entre plantes et d’augmenter les rendements. Ensuite, on a rapidement mis les plans à endurcir, dans notre deuxième serre à plants (que nous n’avions pas l’année dernière), où ils ont bénéficié de plus de lumière, de moins de chaleur et de plus de protection (contre les altises et les punaises du chou, qui sévissaient encore très fort à cette période). Résultat, les plants étaient plus trapus, plus courts, moins fragiles. Finalement, les piqûres d’altises, au moment de la plantation, n’ont fait que retarder le développement des navets (exactement de la même manière que pour les choux). Petite cerise sur le gâteau, on a couvert tous nos navets et nos radis sous un voile Climatex, afin d’éviter les attaques de mouche. Et donc, on récolte des raves beaucoup moins véreuses que l’année passée ! Quand on vous dit qu’on progresse !

Récolte des céleris raves

En début de semaine, on récolte les céleris-raves et les dernières betteraves. Pour ces dernières, on ne s’attendait pas à en retrouver autant ! Finalement, même avec très peu de feuillage, elles ont continué à grossir. Par contre, ça reste des quantités très modestes et on met tout de côté pour nos Amaps. Du côté des céleris-raves, on est plutôt contents ! D’accord, ils pourraient être encore plus gros, mais au moins, ils sont à taille humaine et on n’est pas obligés de les couper en deux pour les vendre ! En terme de quantité, on est aux alentours de 250 kg, ce qui est tout de même plus du double que l’année dernière (pour le même nombre de plants). Là encore, on a clairement progressé !

Visite de l’ÉcoJardin avec l’équipe de Wwoof France. À droite, Cécile. À gauche, Mi-Roux.

La semaine dernière, on s’est quittés sur une devinette : qui donc est venu nous visiter dimanche ? Eh bien, il s’agissait de l’équipe de Wwoof France ! En particulier de Cécile, qui nous a mis 3 fois à l’honneur cette année sur le site de Wwoof France, en rediffusant des articles de notre blog. Je leur ai fait faire un petit tour du jardin et ils m’ont interrogé sur notre façon d’accueillir les wwoofeurs et sur nos attentes. On leur doit quelques unes des belles photos de cette semaine (zut, je n’ai pas noté le nom du photographe, pardon pardon !).

À la semaine prochaine !

Les carottes sont rentrées !

Des carottes qui font jusqu’à 25 cm de long, dans un sol non travaillé !

On vous l’avait annoncé la semaine dernière : le chantier de récolte des carottes a pris un sérieux coup d’accélérateur cette semaine ! Aidés de Lili et Clément nos deux stagiaires du Cfppa de Neuvy, ce sont plus de 700 kg de carottes qu’on a mis à l’abri pour l’hiver. Pour cette année encore, elles sont mises en cave, ce qui n’est pas une solution idéale, car la cave n’est pas très froide. Les laisser dans le sol pour l’hiver est inenvisageable, non pas tant à cause des gelées (qui ne sont jamais très fortes ici), mais parce que les carottes s’abîment (sol trop humide) et qu’elles se font méchamment grignoter par les campagnols. Pour les années à venir, on réfléchit à creuser une fosse pour les entreposer dans du sable. Cette série de carottes de conservation est issue d’un semis de début-juillet. Deux variétés : Rodelika et Nantaise Améliorée 5. La Rodelika n’a pas eu le temps de se développer correctement, on la sèmera plus tôt l’année prochaine. Par contre, la Nantaise est superbe ! Nos plus beaux spécimens font 25 cm de long ! Prochaine récolte : les céleris raves !

Un mot sur nos pommes de terre d’hiver. Vous le savez, nous ne produisons que des pommes de terre primeurs, faute de temps et de moyens matériels. Du coup, pour l’hiver, nous revendons des patates, produites localement. Notre productrice habituelle est Marie-Agnès Sayet (Ferme de Mélusine à Loddes). On lui a pris des Charlottes, des Désirées et des Carolus. Malheureusement, faute de pluie, sa production n’est pas suffisante pour satisfaire nos besoins. Du coup, on a complété notre stock en nous adressant à l’EARL de Soalhat à Puy-Guillaume (63).

Oh ! Une bâche neuve !

Après la plantation de mâches de lundi, les implantations en serre deviennent moins pressantes. Du coup, on a du temps pour faire démarrer toutes les tâches qu’on réserve à l’hiver : rangement, inventaires, réparations diverses… Cette semaine, on a commencé à re-bâcher nos pignons de serre, qui en avaient plus que besoin ! Dans le même temps, on a fait le point sur notre comptabilité (pointage des factures) et on a fixé notre plan de culture pour les serres au printemps et en été. On vous en reparlera sans doute la semaine prochaine pour vous expliquer comment on procède… En attendant, permettez-moi de vous quitter là, j’ai un rendez-vous important dans le jardin ; une visite d’un petit groupe de personnes qu’on souhaitait rencontrer depuis longtemps ! Devinerez-vous de qui il s’agit ?…

À la semaine prochaine !

Comment (encore) mieux réussir notre automne

Dernière série de scarole : c’est beau dessus, un peu moins en dessous…

La gentille petite pluie qui nous tombe dessus depuis des semaines ne présente pas que des avantages pour nos cultures. On a fait le pari, comme l’année dernière, de «jouer les prolongations» dans notre champ en y installant des scaroles, des frisées et des batavias jusqu’à la fin de l’été, ainsi que deux séries de mâches et du mesclun. L’année dernière, ça avait très bien marché, mais il faut dire que le mois d’octobre avait été très sec. Cette année, l’humidité nous joue des tours : on épluche énormément nos salades, et nos scaroles. Et la mâche s’est attrapé un Phoma, un champignon parasitaire qui nous oblige à éliminer toute la base de nos rosettes au moment de la récolte… Comment éviter ça ? Planter sous serre avant l’arrivée de l’automne ! Sauf que nos serres sont très occupées à la sortie de l’été et on a de la peine à désinstaller des tomates ou des concombres… On se dit qu’il est temps d’investir dans une solution à long terme qui nous permettra de mieux gérer nos intersaisons : on va acheter de nouvelles serres ! C’est déjà sur les rails, la commande est faite, on attend la livraison en cours d’hiver. On vous racontera le montage au fur et à mesure, comme pour les serres précédentes. On aimerait qu’elles soient montées pour accueillir des cultures de printemps. L’hiver va être besogneux aux Grivauds…

Des petites carottes en novembre, idéales pour faire des bottes !

Cette semaine, on a semé nos carottes nouvelles pour le printemps. Elles vont germer la semaine prochaine et elles patienteront tout l’hiver avec un feuillage réduit avant de démarrer pour de vrai au printemps. Notre technique est désormais rodée et Fabrice installe cette culture en un clin d’œil ! Remontons un peu dans le temps… On a semé nos dernières carottes de plein champ le 29 juillet. C’est très tardif mais on s’est dit qu’en choisissant une nantaise de 120 jours (Nantaise Améliorée 5), on pourrait en récolter avant les gelées. Et c’est effectivement le cas ! Bon, elles ne sont pas très grosses mais on en profite pour les vendre en bottes. Elles sont croquantes et délicieuses, délicatement sucrées. Et puis, nos autres carottes sont vraiment très grosses, alors nos clients sont souvent contents d’en trouver de taille plus modeste. On prévoit de récolter nos grosses carottes la semaine prochaine et de les mettre en conservation. Dans les serres, le travail se poursuit gentiment. On y a planté notre dernière série de scaroles, quelques batavias et de la mâche. Encore une grosse semaine de travail ! Par contre, on a déjà annoncé à nos clients de Vichy qu’on allait désormais tenir notre stand toutes les deux semaines seulement. Nos stocks de légumes diminuent trop vite et on doit en garder un maximum pour les paniers d’Amap.

À la semaine prochaine !

Cultures d’hiver en serre : coup d’accélérateur

Jean, Lili et Clément en pleine désinstallation des tomates

Pour ce qui est de l’installation des cultures d’hiver en serre (mesclun, salades, mâche, épinards, etc.), on est un peu en retard, certes. N’empêche, comme la première gelée n’a toujours pas eu lieu et que le temps est doux, les cultures implantées démarrent plutôt bien. Du coup, il n’est pas encore trop tard pour planter en urgence tout ce qui a été semé pour l’hiver. Évidemment, pour pouvoir planter, il faut de la place dans les serres et de nombreuses cultures d’été sont encore en place. Du coup, aidés de Lili, Clément et Jean (trois stagiaires BPREA qu’on vous a déjà présentés), on a désinstallé les aubergines, du persil, des haricots et de nombreux pieds de tomates. La place laissée par les aubergines est immédiatement utilisée pour la dernière série de mesclun et pour les oignons de printemps.

Paillage de la planche d’ail

Dehors, la petite équipe installe l’ail pour l’année prochaine et le couvre de paille. C’est notre dernier paillage d’extérieur de l’année. On pense encore pailler en serre avant la fin de l’année, notamment là où le sol est visible sous le paillage de ce printemps. C’est d’ailleurs bon signe que nos sols absorbent si rapidement notre paille : c’est qu’ils sont bien actifs et donc bien fertiles ! De toute façon, il suffit de voir nos sols se recouvrir de turricules de vers de terre pour s’en convaincre. Pas de vacances pour eux ! Par contre, moi (Denis), j’ai bien profité de mes deux jours de congés en début de semaine. Et pour garder un peu de cet esprit de relâche qui nous envahit avec l’arrivée des jours courts, je vous fait un article plus bref que d’habitude, non mais !

À la semaine prochaine !

Les épinards sont en place !

Repaillage de deux planches pour les épinards ; David et Jean à la manœuvre.

Cette fin année, c’est un peu une course contre la montre pour nous ! D’abord, on continue à récolter beaucoup, à la fois les derniers légumes d’été (dont les haricots, les courgettes et les tomates), les légumes d’automne (les brocolis et les choux-fleurs) et les légumes d’hiver (dont les carottes et les céleris-raves). Vu l’humidité de nos sols, on devrait se dépêcher de les faire rentrer pour l’hiver… Mais d’autres chantiers nous accaparent : l’implantation des légumes feuilles en serre : salades, scaroles, mâche et épinards. La mise en place de ces cultures est finalement assez longue, pour deux raisons. D’abord on s’oblige à «nettoyer» nos planches de toutes les vivaces problématiques (potentilles, renoncules et autres pissenlits). L’opération s’effectue au sécateur, en attaquant les plantes au collet, pour perturber le moins possible le sol et y laisser un maximum de racines. Ensuite se pose la question du repaillage. Cette année, on constate que nos paillages de printemps ont été déjà sacrément dégradé et que l’occultation n’est plus suffisante pour contenir la germination des annuelles (notamment celle des mourons). Du coup, pour les deux dernières planches d’épinards, on n’a pas tergiversé et on a repaillé.

Jean, encore un stagiaire qui semble très mal à l’aise avec nos chats…

À la manœuvre de ces gros chantiers d’automne, deux vaillants stagiaires : David et Jean. David, vous commencez à le connaître, c’est sa troisième session de stage ici. Par contre, Jean, c’est un «petit nouveau». Lui aussi vient de débuter un BPREA (comme Lili et Clément, suivez un peu !) et prépare une installation en maraîchage. Il est inscrit au Cfppa de Charolles, là où Laurence (mais si, souvenez-vous, la stagiaire de l’année dernière !) a aussi suivi sa formation. Nettoyage de planches, paillage, plantations, récoltes, on les fait participer à tous nos travaux ! Jeudi, on se paye même le luxe d’aller leur faire visiter la ferme voisine, celle des Mangetouts de Saligny-sur-Roudon (voir leur excellent Tumblr en cliquant sur le lien). C’est surtout que, comme l’année dernière, ce sont eux qui vont héberger nos courges pour l’hiver, leur condition de conservation étant bien meilleures que les nôtres… On parle boutique, on se raconte des anecdotes de marché et on partage un repas sympathique autour des produits de nos deux fermes.

Les jours raccourcissent mais ne réduisent pas tellement en intensité ; on est un peu dans la dernière ligne droite avant l’hiver. Néanmoins, la fatigue accumulée se fait sentir et il est temps pour moi (Denis) de poser quelques jours de vacances. Lundi et mardi prochains, j’abandonne sans vergogne Fabrice, les Grivauds, les stagiaires et les chats pour aller faire un peu de tourisme à Clermont-Ferrand… On se retrouve donc la semaine prochaine pour de nouvelles aventures !

Ces paysans, jamais contents de la météo

Fabrice en plein comptage des pigeons en migration

Bon, d’accord, on avait demandé de la pluie. Mais là, on ne peut pas s’empêcher de râler un peu… D’abord, elle arrive un peu tard dans la saison ; on l’aurait préférée en août ! Ensuite, elle est froide. Imaginez-vous le dos courbé à récolter du mesclun ou des carottes dans le champ, avec la pluie qui vient vous tambouriner dans le dos… Et enfin, on aurait préféré que les vagues de pluie soit entrecoupées d’épisodes ensoleillés, histoire que les serres continuent à chauffer, que les feuillages sèchent et que les plantations d’hiver restent saines… Mais non, après un été interminablement sec et lumineux, voici l’automne humide et sombre, sans demi-teinte ! Avouez qu’on est en droit de râler un peu, hein ? Cela dit, nos sols (et nos arbres) avaient définitivement besoin de ces bonnes pluies. Et puis, ça permet à nos engrais verts de germer plus facilement. Sans parler de la croissance de nos céleris raves et de nos carottes… De façon plus anecdotique, on note une abondante fructification des champignons, avec la palme pour quelques Vesses-de-loup géantes qui se sont installées derrière la serre à plants (voir galerie ci-dessous). Mais, le plus râlant dans tout ça, c’est que Fabrice a même de la peine à compter les pigeons en migration cette année, faute de visibilité. Foutu temps, on vous dit !

Désinstallation des tomates cerises avec Clément et Lili

Dès qu’on le peut, on va travailler en serre, où tout est devenu plus ou moins urgent : nettoyer les planches pour l’hiver, désinstaller les tomates, planter les scaroles, les épinards, le mesclun, les oignons, etc. Lundi et mardi, on est épaulés par deux nouveaux stagiaires : Clément et Lili, débutant tous les deux un BPREA de Maraîchage Bio au CFPPA de Neuvy. Lili est déjà en cours d’installation, Clément peaufine encore les contours de son projet. À noter, Clément a été saisonnier aux Sabots d’Argile (les gros producteurs de légumes en biodynamie près de Moulins). A priori, le changement d’échelle ne semble pas trop le bouleverser et on apprécie leur enthousiasme à tous les deux.

De ci de là, on trouve une belle betterave… Mais dans l’ensemble, tout est resté de la taille de petites billes…

À l’extérieur, en dehors des récoltes pour les Amap et le marché (dont une magnifique récolte de brocolis !), on a aussi fait rentrer nos betteraves pour l’hiver… Bilan : au final, on est quitte pour une soixantaine de kilos au total, sur une plantation de 100m2… Parmi les raisons de cet échec, il y a la grêle, la sécheresse et … le liseron. Après les courges, c’est un nouveau coup dur pour cet hiver. Pour l’instant, on profite de la belle abondance de cet automne et on garde le cap pour que nos serres soient les plus productives possible.

À la semaine prochaine !

Engrais verts d’hiver : le semis pour les courges de l’année prochaine

Semis d’engrais vert sur les futures planches de courges

Réussir nos engrais verts, c’est une problématique que nous prenons très au sérieux chez nous. Pour faire simple, tout le carbone qu’on arrive à produire sur place pour nourrir nos sols n’est plus à importer… Jusqu’à présent, tous nos essais se sont soldés par des échecs. Sarrasin, phacélie ou moutarde, on a déjà tenté notre chance avec ces graines plusieurs fois cette année et les résultats ont été loin des attentes. La faute à la sécheresse, sans doute. La faute, surtout, au fait que le sol n’est jamais nu chez nous. Quand ça n’est pas un résidu de paille (ou de culture), c’est … de la vivace rampante (genre potentille). On sème à la volée et on essaie tant bien que mal de faire descendre les graines au niveau du sol. Finalement, ce qui semble marcher le mieux, c’est de broyer le mulch après le semis. En tout cas, c’est comme ça qu’on a procédé pour cette nouvelle tentative. Pour les 5 bandes qui seront consacrées aux courges l’année prochaine, Fabrice a d’abord broyé les cultures en place (dont les maïs et les salades montées). Ensuite, il a semé du Ray-Grass (une graminée) et du trèfle violet (une légumineuse). Et enfin, il a repassé le broyeur, le plus au raz possible du sol. Dans la foulée, les graines ont connu une pluie très franche qui a fini de les plaquer au sol et d’initier la germination. On a aussi acheté de l’avoine et de la vesce pour nos choux. On vous tiendra au courant au fur et à mesure de nos progrès.

Notre paille pour l’année prochaine est rentrée ! Merci à nos voisins les Charpin pour la manutention !

En attendant, on ne reste pas avec les deux pieds dans le même sabot et on fait rentrer de la paille. Pour la saison prochaine, on a acheté 24 bottes de paille semi-déclassée (elles ont pris un peu la pluie) dont les brins ont été découpés à la moisson. On a particulièrement insisté sur ce dernier point auprès de notre détaillant, pour deux raisons. D’abord, les brins courts forment un paillis plus occultant et donc plus efficace contre les annuelles (genre digitaire ou autre renouée). Ensuite parce que les brins courts sont beaucoup plus faciles à manipuler, notamment lorsqu’on fait le paillage de l’inter-rang des carottes. Bref, on est globalement en avance sur ce point par rapport à l’année dernière, ce qui est une bonne chose !

Crevette demande : «Vous désinstallez déjà les tomates ? Vous êtes sûrs que l’été est vraiment terminé ?»

Dans les serres, la désinstallation des cultures d’été se poursuit. Cette semaine, ce sont les pieds de tomate de la serre nº1 qui sont passés à la moulinette. Dans la foulée, on a désherbé la planche avec David (un de nos stagiaires BPREA du moment, qu’on vous a déjà présenté il y a deux semaines). On arrose, on remet la paille et on plante notre deuxième série de salades d’abris. Et voilà ! Pendant qu’on élimine méthodiquement les potentilles, on discute d’itinéraires techniques et de plan de culture. David nous file aussi un beau coup de main pour les récoltes du vendredi, en vue de préparer le marché de Vichy, sans doute un de nos derniers gros marché de l’année. Et pour cause, on y a aligné fièrement presque tous nos légumes d’été (sauf les concombres) et presque tous nos futurs légumes d’hiver (sauf les navets et les radis qui patientent encore dans le champ). L’été a été dur, alors on s’octroie le droit de frimer un peu avec nos haricots verts, nos énormes fenouils, notre avalanche de brocolis et nos choux chinois….

À la semaine prochaine !

Ce que nous devons à nos wwoofeurs et stagiaires de la saison

Louise et Camille, nos deux dernières wwoofeuses de la saison, à la récolte des tomates

Sur l’ensemble de la saison, de mars jusqu’à cette semaine, nous avons accueilli des wwoofeurs et des stagiaires sur notre ferme. Nous avions fait le point l’année dernière sur les «petites mains» de l’été et nous en tirions un bilan très positif. Un an plus tard, prenons le temps de faire un nouveau bilan. D’abord, quantitativement, le nombre de personnes ayant participé à nos activités a nettement augmenté : 18 wwoofeurs (Camille, Aymeric, Maxime, Marianne, Gaël, Laura, Adeline, Bénédicte, Charlotte, Ellen, Louis, Louise, Jérémy, Léa, Chloe, Sophie, Louise et Camille) et 6 stagiaires (Laurence, Gildas, Pauline, Ridha, Robin et David) contre 10 wwoofeurs et 2 stagiaires l’an passé. Il faut dire que la saison a commencé beaucoup plus tôt (fin mars, contre fin mai l’an passé) et que nous avons reçu un gros coup de pouce de la part de Wwoof France qui nous a placé en Une de leur site à deux reprises. Chez nous, les wwoofeurs restent en moyenne deux semaines et on se réserve environ une semaine par mois sans wwoofeur. On s’autorise ponctuellement à cumuler deux wwoofeurs, ou bien un wwoofeur et un stagiaire. On aime passer beaucoup de temps avec nos visiteurs, adapter les activités et les discussions à leurs besoins/envies et leur offrir un emploi du temps le plus souple possible (pour respecter les besoins de grasse mat’/siestes/promenades). C’est pourquoi nous avons refusé autant de monde cet été. On veut pas devenir une usine à stagiaires/wwoofeurs et permettre que la rencontre entre eux, nous et le jardin, ait lieu dans les meilleures conditions possibles. Qu’est-ce qui attirent les wwoofeurs chez nous ? Il y a nos techniques MSV (plusieurs ont postulé chez nous spécifiquement pour cette raison), notre absence de mécanisation (qui permet de reproduire dans un jardin facilement ce qu’on fait ici à plus grande échelle) et enfin le site lui-même et son impressionnante biodiversité.

Et nous ? Qu’est-ce qu’on retire de cet accueil ? Le coup de main apporté par tout ce petit monde est considérable, reconnaissons-le ! On arrive à être beaucoup plus à l’heure sur les implantations grâce à eux. Nos cultures sont moins enherbées. C’est aussi parce que nos paillages sont plus rapides que nous avons décidé de ne plus rentrer avec le tracteur dans la parcelle cultivée, réduisant ainsi un peu plus notre mécanisation. Ensuite, il y a la transmission de savoirs et pratiques qui fait clairement partie de nos objectifs (faire exemple et inspirer). Enfin, il y a le «décloisonnement». Je m’explique : la charge de travail (notamment en été) nous contraint à sortir très peu de notre lieu de travail ; nos wwoofeurs apportent avec eux un peu de la rumeur du reste du monde… D’ailleurs, cette année, nous avons reçu quelques étrangers et nous avons pu entendre un peu parler anglais et allemand chez nous, ce qui est déjà un petit dépaysement. Bon, bien sûr, il arrive que le travail d’encadrement soit tel qu’on ne puisse pas vraiment quantifier le gain de temps au final, mais c’est finalement assez rare. Disons que les bonnes surprises ont été bien plus nombreuses que les mauvaises. Certains d’entre eux nous ont aussi un peu forcé à réfléchir à notre pratique et nous ont suggéré des améliorations. D’autres nous ont raconté comment ça se passait ailleurs et ça suffisait souvent à nous rassurer sur les difficultés que nous rencontrions. Comme l’année dernière, nous restons désireux d’aboutir à la création d’un poste de saisonnier à plus ou moins moyen terme. C’est sûr que les conditions climatiques (notamment la grêle de début juillet) et leurs conséquences de cette année nous rendent frileux pour le moment… En attendant, on dit à nos petites mains de l’année merci, merci et encore merci !

Bon, c’est moins que l’année dernière mais on a un peu de courges tout de même !

Tiens, à propos de la grêle, quel a été son impact sur la culture de courges finalement ? La récolte a eu lieu lundi et on a méticuleusement compté. Au final, on a une quantité raisonnable de potimarrons et de Carat (petites courges musquées). Par contre, ça n’est pas brillant dans les butternuts et dans les sucrines. On estime avoir récolté environ 500 kg (il en reste un peu dans le champ qu’on ira chercher fin octobre), soit moins de la moitié par rapport à l’an passé. Ne nous lamentons pas trop : on a eu peur à un moment de ne rien avoir du tout ! Pour rappel, la grêle avait cassé toutes les feuilles des plantes, impacté tous les premiers fruits et sectionné quelques tiges. On est passé à côté de la catastrophe.

Dans la même semaine, on a planté notre première série d’épinards. À la manœuvre, il y a Camille et Louise, nos deux wwoofeuses du moment. Camille fait des études pour devenir sage-femme et prend une année sabbatique avant de se lancer dans le grand bain. Louise est diplômée en FLE (Français Langues Étrangères) et fait une pause après avoir exercé en Sicile. Très efficaces dans les cultures, elles sont en plus bonnes cuisinières, ce qui ne gâte rien ! Courge rôtie, sauté de blettes, fondant au chocolat, pas de repos pour les papilles aux Grivauds !

À la semaine prochaine !

Et la pluie vint !

Lendemain de pluie aux Grivauds, une lumière qui nous rappelle que l’automne est bel et bien présent !

On a eu de l’eau cette semaine, enfin ! Pas des quantités délirantes, mais ça a tout de même été efficace. Au total, notre jardin a reçu environ 25 mm d’eau sur l’épisode. La réaction de la végétation a été très rapide : tout pousse de nouveau ! La couleur jaune paille des prairies alentour cède de la place à une verdure conquérante. Dans le champ, les poireaux et les céleris-raves grossissent de nouveau ; les navets et les radis démarrent en fanfare, les feuilles des haricots ont des nuances bleutées et … ici et là, des sarrasins que Fabrice avait semés en guise d’engrais vert daignent enfin lever… Plus encore que la semaine dernière, notre jardin est à son pic de prodigalité : aux légumes d’été finissant se superposent les légumes d’automne et d’hiver. Notre stand, sur le marché de Vichy, n’a jamais été aussi long et on prend un plaisir immense à le parcourir de long en large pour aller servir nos clients, alléchés par tant de couleurs et de diversité !

Lundi, la journée a été très particulière pour nous. Notre ferme a en effet accueilli une formation sur le thème du Maraîchage sur Sol Vivant (MSV). Une dizaine de participants sont venus visiter nos cultures et nous entendre présenter nos itinéraires techniques. La journée était encadrée par Mehdi Ait-Abbas, le Technicien Maraîchage Bio de la FRAB AuRA. Les profils des visiteurs étaient très variés : certains ne sont encore qu’en phase d’installation, d’autres ont déjà de l’expérience et souhaitent enrichir leurs connaissances et leur pratique. Les échanges ont été très riches, y compris pour nous ! Comme d’un fait exprès, lundi était aussi le premier jour de David, notre nouveau stagiaire BPREA. Accrochez-vous bien parce que cette année, on va en avoir plusieurs, venant de CFPPA différents et sur des périodes qui ne se superposent pas. David, donc, est un alsacien qui a emménagé dans la Nièvre où il s’apprête à se lancer dans le maraîchage pendant que sa conjointe s’installe en naturopathie. Il n’en est pas précisément à son galop d’essai et a eu la chance d’être stagiaire chez Fabrice Meyer, un des membres fondateurs du réseau MSV.

David et Sophie au semis d’épinard

Cette semaine, on dit aussi au revoir à Sophie, notre wwoofeuse autrichienne. Sophie, malgré sa discrétion, a su trouver sa place dans notre activité et a été une petite main valeureuse ! Elle nous a accompagné trois fois à Vichy (!), a participé à nos récoltes, nos plantations et nos désherbages et a même été deux fois à la chorale de Pierrefitte ! Comble du comble, elle nous gratifie d’un beau gâteau au chocolat la veille de son départ ! On lui souhaite un bon retour à Vienne et qu’elle se repose bien de son périple, qui a été finalement très intense !

À la semaine prochaine !