Maraîchers musiciens

C’est difficile de concilier une activité aussi exigeante que le maraîchage avec un temps de loisir régulier. C’est pourtant le petit défi que nous nous lançons cette année Fabrice et moi. Fabrice a déjà plongé dans le grand bain l’année dernière en s’inscrivant à l’École de Musique de Diou et en validant sans sourciller deux années de solfège en une. Reste maintenant à se choisir un instrument et il semblerait qu’on entendra bientôt de douces notes de hautbois se mêler au chant des oiseaux des Grivauds. Quant à moi, je réunis en ce moment un groupe de chanteurs avec la folle ambition de monter une chorale à Pierrefitte-sur-Loire. Les répétitions ont d’ailleurs déjà commencé. Oserais-je profiter de cet espace pour faire un peu de publicité pour cette chorale naissante ? Et pourquoi pas ? Si bien que vous trouverez un tract ci-dessous vous donnant toutes les informations nécessaires pour nous rejoindre.

Cliquer sur l’affiche pour l’agrandir
Robin et Sophie à la récolte des poireaux

En attendant, notre jardin fait entendre une petite musique régulière et tranquille. Elle mélange le tchuip tchuip de nos brouettes au tchak tchak de nos sécateurs, le chant des grillons aux ronronnements de nos chats, le crachouillis des gouttes-à-gouttes au bruit léger des feuilles qui tombent. Au milieu de cet orchestre naturel, deux nouveaux protagonistes. D’abord, il y a Robin, qui profite d’un court stage chez nous pour s’initier aux joies du sol vivant. Robin enchaîne les stages et les formations en vue d’une installation à moyen-terme. En plus de ses solides connaissances en permaculture, on apprécie son humour pince-sans-rire, qui a allégé notre quotidien plus d’une fois ! Ensuite, il y a Sophie, qui débarque chez nous pour plus de deux semaines de wwoofing. Elle est autrichienne (de Vienne) et étudie les «Sciences Agricoles» à l’université. C’est dans le cadre de ce cursus qu’elle a choisi de venir se confronter au terrain dans plusieurs fermes françaises. Là encore, comme ça a été le cas pour tous les non-francophones que nous avons reçus cette année, son application à apprendre notre langue force le respect !

En serre nº2, on a déjà désinstallé nos premiers pieds de tomates ! Rassurez-vous, c’était surtout des pieds en petite forme.

Cette semaine, la mort dans l’âme, on a désinstallé des pieds de tomates. C’est que la suite de la saison frappe à la porte : les salades d’inter-saison sont prêtes à planter ! Alors, on s’y met : on fait remonter les ficelles de palissage, on coupe les pieds, on désherbe la planche (potentilles et liseron essentiellement), on ouvre la paille pour pouvoir arroser le sol, on referme et on broie la paille avec le résidu de culture. Ça a l’air fastidieux, dit comme ça, mais je vous assure que tout ça est rondement mené. Autre nouveauté de la semaine : on a installé une butte de blettes dans la serre nº5. Cette série devrait donner à plein au printemps prochain. L’été joue encore les prolongations mais on se doit d’anticiper dès maintenant notre hiver ; sans quoi nous serions «fort dépourvus quand la bise sera venue»… Et ce, même sans avoir «chanté tout l’été», hélas !

À la semaine prochaine !

Chloe raconte son séjour aux Grivauds : témoignage d’une wwoofeuse

Chloe, wwoofeuse et rédactrice en chef de la semaine

Cette semaine, c’est une wwoofeuse qui prend la plume pour écrire l’article du blog ! Chloe est anglaise, elle a travaillé chez nous comme wwoofeuse ces derniers jours et nous a accompagnés dans tous les temps forts de notre travail, y compris au marché de Vichy ! Elle n’en est pas à sa première expérience et ses voyages l’ont déjà amenée aux États-Unis, en Australie et en France. Elle a commencé à apprendre le français mais c’est en anglais qu’elle nous livre son témoignage, Denis se chargeant de la traduction (en italique, après chaque paragraphe). Précisons que Chloe a été journaliste avant de se lancer sur la route…

« It’s no secret that food in France tops food in England, and I have never before been so convinced of this than during my wwoofing at ÉcoJardin des Grivauds.

Ce n’est pas un secret que la nourriture française surpasse celle d’Angleterre, et jamais je n’en ai autant été convaincue que lors de ce wwoofing à l’ÉcoJardin des Grivauds.

I passed a beautiful week at this haven of organic vegetables. I spent the sunny days sneaking juicy tomatoes in the greenhouse, cooking and eating with things I had never before tried (or even seen), planting turnip seeds and radish seedlings and harvesting and preparing vegetables for the market. Even after a year of wwoofing and working on farms around the world, I was still able to learn a lot of things about an organic garden.

J’ai vécu une belle semaine dans ce havre de légumes biologiques. J’ai passé les jours ensoleillés à chaparder des tomates dans les serres, cuisiner et manger des choses que je n’avais jamais goûtées (voire même vues) auparavant, semer des navets, planter des radis, récolter et préparer les légumes pour le marché. Même après une année passée à faire du wwoofing et à travailler dans des fermes tout autour du monde, je suis toujours capable d’apprendre beaucoup de choses à propos du jardinage écologique.

Rainette sur haricot (cliquer pour agrandir)

It was a really rewarding experience learning all the different names (in English and French) of the animals, plants and insects that made up the ecosystem of the garden.

Ça a été une expérience gratifiante d’apprendre tous les différents noms (en Anglais et en Français) des animaux, plantes et insectes qui font l’écosystème du jardin.

Denis and Fabrice never failed to explain not just what we were doing, but why we were doing it and how it would benefit the plant (despite the language barrier!). This made the experience much more gratifying and I am leaving with a huge wealth of new knowledge about organic farming thanks to these two exceptionally knowledgeable maraîchers!

Denis et Fabrice n’ont jamais manqué de m’expliquer non seulement ce que nous étions en train de faire, mais pourquoi nous le faisions et de quelle manière cela profitera aux plantes (et ce malgré la barrière du langage !). Cela a rendu l’expérience encore plus intéressante et je quitte les Grivauds énormément enchirie de nouvelles connaissances à propos de la culture biologique, grâce à ces deux maraîchers exceptionnellement cultivés (sic) !

Fabrice et Chloe à la récolte des carottes

It was also remarkable to see the effects that a long, hot and (especially) dry summer has on businesses like this one. Hearing about the problems posed for the vegetables by the lack of rain and the canicule made the issue of climate change feel much closer to home and measurable for me than ever before me. It is a sobering fact to know we are now living in the time previously warned about, and imagining how farms like this will operate in future years and how it could change how we produce and consume our food.

Ça a aussi été intéressant de voir les effets qu’un été trop long, trop chaud et (surtout) trop sec peut avoir sur ce genre d’activité. Entendre parler des problèmes rencontrés par les plantes à cause du manque d’eau et de la canicule rend la problématique du changement climatique beaucoup plus proche et plus quantifiable pour moi que ça n’a jamais été. Cela laisse songeur de savoir que nous vivons maintenant dans le temps dont nous avions été avertis, et d’imaginer comment les fermes comme celles-ci vont fonctionner dans les années à venir et comment cela pourrait changer la façon dont nous produisons et consommons notre nourriture.

Stand de la semaine sur le marché de Vichy

I was even lucky enough to go and help out at the market at Vichy. I was able to appreciate just how much the customers cared about where their food came from. Seeing people choose and take home our vegetables and imagining the delicious meal that they and their families were going to enjoy over the next week meant I received the full picture of the process from beginning to end.

J’ai même eu la chance de venir filer un coup de main sur le Marché de Vichy. J’ai pu me rendre compte à quel point les clients se préoccupaient de la provenance de leur nourriture. Voir les gens choisir et ramener chez eux nos légumes, imaginer les repas délicieux dont ils vont profiter eux et leur famille dans la semaine à venir signifie pour moi que j’ai pu voir l’ensemble du processus du début à la fin.

But I also learnt that this is not really a beginning and end to organic farming. Nothing is ever wasted at the farm. If a vegetable was not fit to sell at the market, or a plant hadn’t made it, it simply became food for the soil and contributed to whatever vegetable would be growing there next. It was wonderful to see this incredibly natural and ecological method of growing plants in action, and witnessing the fantastic results – delicious, fresh, organic vegetables.

Mais j’ai aussi appris que ça n’était ni réellement un début ni une fin pour l’agriculture biologique. Rien n’est gâché à la ferme. Si un légume ne convient pas pour la vente, ou si une plantation a échoué, cela devient simplement de la nourriture pour le sol et contribue à la croissance du légume suivant. C’était magnifique de voir en action cette méthode incroyablement naturelle et écologique de faire pousser des plantes, et d’être témoin de ses effets fantastiques : des légumes délicieux, frais et bio.

Merci beaucoup Denis and Fabrice. »

Et merci à Chloe pour cet article et pour ces quelques jours de jardinage ensemble !

Le jardin comme une oasis au milieu d’un monde en feu

Retour de la chaleur : on ressort les cagettes et les voiles anti-altises pour protéger les navets…

Alors qu’ici on attend la pluie désespérément, à São Paulo, première ville du Brésil, il a plu des cendres. Des cendres venues tout droit des incendies qui touchent la forêt amazonienne depuis le début du mois. En cause, l’accélération de la déforestation sous le mandat de Bolsonaro. Mais ne faisons pas l’autruche, au final les bénéficiaires de cette politique nous sont aussi très proches. Car là-bas, on abat principalement la forêt pour produire du soja ou de l’huile de palme, choses qu’on retrouve en Europe par la suite (la France, par exemple, a importé 2,5 millions de tonnes de soja brésilien en 2017). Il y a donc un problème global, pas seulement local. Un problème de modèle, un problème de rapport à la nature voire même un problème de rapport à la réalité. Car, la réalité, cinglante, vient frapper violemment à notre porte cet été : la sécheresse et les canicules sont là pour nous le rappeler, le changement climatique est déjà en marche. D’ailleurs il ne marche pas, il court. Dès lors, que faire ? Je sens bien que nous devrions être présents nous-aussi au contre-sommet anti-G7 dans le pays basque mais notre ÉcoJardin nous a trop enraciné pour que nous puissions faire le déplacement en plein été. Plus de temps pour tergiverser : c’est l’heure de se retrousser les manches et de se poser des questions brûlantes. Comme celle-ci : que peut-on faire à notre échelle pour faire pousser des légumes avec le moins d’eau possible ? Ou encore plus prosaïque : comment faire pour planter des navets quand le mercure s’obstine à dépasser les 30°C toutes les après-midi ?

Navets parasités par les altises

Pour les navets, on a commis deux erreurs cette année. D’abord, celle de croire que les altises étaient définitivement allées se mettre au chaud dans le sol et avaient abandonné pour cette année leur fâcheuse habitude d’aller piquer nos feuilles de brassicacées (la famille des choux et … des navets). Ce qui fait qu’on n’a pas caché la première série de plantation… et qu’elle se retrouve aujourd’hui complètement parasitée. Car les altises ont adoré le gros coup de chaud tardif que nous vivons actuellement ! La deuxième erreur a été de penser qu’on pouvait se permettre de planter nos navets par n’importe quelle température, comme on le ferait pour une salade. Résultat : de nombreux plants ont tout simplement brûlé au soleil ! On retient avec amertume qu’avec certaines cultures, il faut prendre les mêmes précautions lors d’un coup de chaud de fin août que lors d’une canicule de fin juin…

On a récolté nos premiers choux d’automne !

N’empêche, notre ÉcoJardin est resté vert cet été. Grâce à notre puits et notre irrigation, certes, grâce aussi à nos techniques MSV (Maraîchage sur Sol Vivant) et en particulier grâce à la paille. Grâce à une énergie immense dépensée à bichonner nos cultures à chaque étape : paillage, ombrage, pose de collerettes, désherbage, protection contre les insectes ravageurs… Grâce à toutes nos petites mains (wwoofeurs et stagiaires) qui nous ont permis d’être efficaces et d’entretenir au mieux nos cultures. Vue la rudesse de la saison, on s’émerveille de la taille de nos choux, de la longévité de nos haricots (qui continuent à donner alors qu’on ne les arrose plus depuis deux semaines pour ne pas mouiller les oignons rouges juste à côté), de la résilience de nos courges (qui avaient pourtant perdu leurs feuilles et leurs premiers fruits lors de la grêle du 6 juillet), de la résistance de notre première série de concombres (qui continuent à donner des fruits alors que chaque nouvelle feuille émise est méticuleusement desséchée par les acariens en moins de 10 jours). Cette sécheresse, en poussant le jardin dans ses retranchements, nous aura appris énormément de choses cette année. Elle nous a obligé à repenser certains itinéraires techniques, pour favoriser l’implantation, pour limiter le stress végétal et pour gagner en efficacité. Cela dit, elle nous confirme dans nos grandes lignes directrices : soigner le sol, soigner la biodiversité et réduire la mécanisation.

À la semaine prochaine !

Une pause dans les salades

Cette année, l’équation est simple : pas assez d’irrigation = pas de salades

La salade aux Grivauds, c’est sacré ! Alors passer une semaine sans récolter une salade, ça nous fait tout drôle… La faute à la sécheresse, la faute à notre manque de vigilance (nos salades avaient beaucoup plus soif qu’on ne le croyait), la faute au fait que la série actuelle est plantée sur une planche un peu paresseuse ; bref, les salades qu’on était censés récolter en ce moment montent à fleur au lieu de pommer. C’est tout de même très symptomatique d’une saison très rude où le moindre relâchement sur l’irrigation d’une culture a des conséquences délétères pour la récolte. On l’avoue, on comptait un peu sur la vague de pluie prévue ce début de semaine. Selon les sites, on pouvait compter entre 10 et 20 mm de pluie sur trois jours. Au final, on a reçu 0 mm, ce qui est peu. Du coup, on continue d’arroser tout notre champ par rotation. Sans parler des tournées de goutte-à-goutte (serres, courgettes, courges et choux). Beaucoup d’énergie (et d’eau) dépensée pour maintenir notre champ le plus vert possible. Certaines cultures semblent s’en satisfaire et sont bien poussantes ; on a de belles surprises dans les choux depuis que les altises sont parties, notamment. Pour d’autres cultures, nos arrosages sont insuffisants pour maintenir le sol hydraté et il faudra attendre la prochaine pluie pour que la croissance revienne (céleris raves et betteraves par exemple). Qu’on se rassure néanmoins, les salades reviendront dans les semaines qui viennent, en même temps que les premières scaroles.

On a caché notre mesclun et notre mâche du coup de chaud de cette fin de mois d’août.

Cette nouvelle envolée du mercure (35°C attendus pour dimanche et lundi) rend problématique les dernières plantations de plein champ : on installe en ce moment des légumes qui n’apprécient guère les fortes températures, comme la mâche, la roquette et les épinards (ces deux dernières sont des séries précoces destinées à faire du mesclun de début d’automne). Du coup, comme pour les choux lors des dernières canicules, on procède à un ombrage de la planche. Comme il nous est impossible d’enfoncer des arceaux dans nos passes-pied, on surélève le voile d’ombrage avec des cagettes…

À nos côtés cette semaine, pour traverser cette vague aride en bonne compagnie, il y a Léa et Jérémy, nos deux wwoofeurs du moment. Léa nous vient d’Allemagne mais parle très bien français. Elle sort tout juste de son abitur (équivalent du BAC en Allemagne) et la voilà déjà sur les routes, de ferme en ferme. Son amour des légumes (et en particulier des tomates) fait plaisir à voir ! Jérémy, de son côté, a déjà beaucoup roulé sa bosse et n’en est pas à son premier wwoofing. Il nous raconte ses expériences des wwoofing en Allemagne et en Espagne ainsi que de longs séjours au Kenya et au Burkina Faso. Travailler à leur côté nous offre de beaux moments de dépaysement et nous rappelle qu’il existe tout un monde en dehors de notre ÉcoJardin… Vu le temps qu’on y passe, ça nous arriverait presque de l’oublier…

À la semaine prochaine !

PS : Vous noterez qu’il n’y a pas de photos de Léa dans la galerie ci-dessous. Ce n’est pas un oubli de notre part mais bien un souhait de sa part de rester anonyme sur internet. Dont acte.

Un article en service minimum

Courgettes d’automne

Après les gros chantiers de juillet (dont la plantation des derniers poireaux et des derniers choux), on a toujours l’impression qu’on va pouvoir souffler un peu. Las, c’est oublier que les récoltes nous prennent à ce moment-là un temps considérable (en particulier les tomates et les haricots verts) et que les plantations de navets et de radis d’hiver ne tarderont pas à frapper à la porte du jardin. Néanmoins, on admet que pour le blog, ce sera une petite semaine… Un peu de paillage, quelques plantations de plein champ (salades, scaroles, choux raves et courgettes d’automne) et des récoltes (dont celle des oignons, qui se poursuit de façon prometteuse), voilà tout ! Nos nouveaux wwoofeurs (Lea et Jérémy) vous seront présentés la semaine prochaine : ils n’ont passé qu’une petite journée au jardin pour le moment. Comble du comble, je (Denis) me suis offert une journée de congés samedi pour cause de fête de famille… Promis, la semaine prochaine, on revient avec plus de contenu…

À la semaine prochaine

Le haricot des Grivauds, troisième acte

Aux récoltes de vendredi, Fabrice, Jacqueline et Alain

Au départ, on avait un plan bien huilé pour satisfaire les envies de haricots tout en nous ménageant : il suffit d’en semer régulièrement de telle sorte que dès qu’une planche commence à donner des signes de faiblesse, une autre vienne la remplacer. En début d’été, on comptait sur nos haricots à rame (en serre). Malheureusement, les acariens s’en sont mêlés, et, favorisés par la canicule de juin, ils ont méthodiquement décimé toute la planche… Pour le relais, on comptait sur une planche de plein champ semée début juin : las, la grêle s’en est mêlée et le développement des plantes s’en est trouvé fortement perturbé. Bon an mal an, les pieds se sont refait une santé et finissent par donner leurs premiers haricots, au milieu d’une floraison très généreuse ! Du coup, on en profite pour en mettre une petite livre dans nos paniers d’Amap du mercredi et pour exposer fièrement la récolte de vendredi sur notre stand de Vichy ! Ensuite, la relève sera prise par une planche de haricots beurre semée juste après la grêle (comme pour conjurer le mauvais sort) puis par deux planches en serre (vert, beurre et haricots plats) qui donneront à la fin de la saison. Comme l’année dernière, en somme, on se ménage une belle montée en puissance : ce sera au moment où l’été tirera sa révérence qu’on fera nos plus belles récoltes !

«Avec un peu de chance, ils me prendront pour une tomate et ils m’emmèneront sur le marché de Vichy !»

Tiens, et qui trouve-t-on à la récolte des haricots ce vendredi ? Fabrice et … Jacqueline, ma mère. Et moi, de mon côté, je récolte les blettes, les choux et les carottes en compagnie d’Alain, mon père ! Ça n’est pas la première fois qu’on reçoit de la famille dans les champs et apprécie toujours ces petits coups de main qui nous allègent notre quotidien. Le monde des jardins est loin d’être étranger à nos deux familles et ça n’est pas vraiment un hasard que, l’un comme l’autre, nous ayons choisi de nous reconvertir vers le maraîchage… Jacqueline et Alain ont tenu à participer à la vente sur le marché de Vichy ce samedi. Hasard du calendrier, il s’avère que le stand a connu ce jour-là une de ses plus belles affluences. Il faut dire qu’on avait de quoi se la raconter sur notre stand : en plus de nos tomates et de nos haricots, on arborait fièrement un légume quelque peu inattendu en cette saison ; saurez-vous deviner lequel ?…

À la semaine prochaine !

Ça tombe dans les tomates !

Et sur cette photo, il manque les tomates qu’on a déjà mis en sachet pour l’Amap…

C’est symbolique, une tomate. C’est un légume très apprécié, très attendu, pour lequel il est de notoriété publique que «c’est meilleur en saison, cueilli mûr et cultivé chez un petit maraîcher voire en jardin». Et sans produit chimique s’il vous plaît. Même en dépit de la complexité de la culture, qui requiert de nombreuses petites attentions, tous ceux qui ont un petit terrain tente leur chance, parce que cultiver ses propres tomates, c’est déjà le début du bonheur. Cette année, aux Grivauds, elles ont un goût très particulier : elles ont traversé de nombreuses gelées de printemps (certaines en portent encore les stigmates) et deux canicules coup sur coup (celle de juin et celle de juillet). Néanmoins, elles sont là, très tardives, mais finalement plus généreuses que l’année dernière. Alors qu’on n’avait récolté qu’une cinquantaine de kilos la semaine dernière, on passe tout de suite à la vitesse supérieure. Mercredi, la récolte de tomates pour l’Amap tourne au comique : là où on avait mis une heure la semaine dernière pour tout récolter, Fabrice met 4 heures à sortir tous les fruits mûrs des serres. Au total, on pèse 117 kg de tomates. Auxquelles s’ajoutent les « petites » récoltes de la fin de semaine (environ 40 kg). Bref, on assiste à une belle synchronisation des maturations, dans toutes les planches, sans doute due à une baisse généralisée du stress causé par les hautes températures… En tout cas, il était temps qu’on fasse baisser la charge en fruit des pieds : on sentait que la croissance et la nouaison était devenue difficile. Espérons que ça ne nous occasionne pas un creux dans la production plus tard…

Partie du stand consacrée aux tomates sur le marché de Vichy.

Concrètement, que trouve-t-on dans les sachets de tomates de l’Amap et de la vente à la ferme ou sur l’étal du marché de Vichy ? Comme l’année dernière, on a cherché à brosser toute la palette des saveurs, des textures, des formes et des couleurs. Des rondes rouges (Previa et Saint-Pierre), oranges (Earl of Edgecomb) et roses (Rose de Berne) ; des cornues (Jersey Devil) et des striées (Green Zebra) ; et quelques originalités (Indigo, Kakao et Tonnelet). S’il ne fallait en essayer qu’une, Fabrice et moi serions d’accord pour vous conseiller la ronde orange ; cette variété originaire de Nouvelle-Zélande produit des fruits de beau calibre, très charnus, à la texture particulièrement douce, bien sucrés et très peu acides. Une merveille ! À Vichy, ce samedi, nos clients les plus anciens ont très rapidement vidé les caisses de Earl of Edgecomb, signe qu’eux aussi en ont gardé un bon souvenir !

Ridha tient deux batavias rouges de la variété Merveille de Verano. Les plus grosses pèsent 1,2kg !

Cette semaine, le jardin a croisé des revenants ! Camille et Aymeric, nos premiers wwoofeurs de l’année, sont de retour pour 3 jours. Officiellement, ils viennent pour récupérer un chaton mais on les croise dans les cultures où ils nous gratifient de leur bonne humeur, de leur humour et … de l’expérience qu’ils ont accumulé au cours des précédents wwoofings. Mardi, Adeline, qui a été wwoofeuse chez nous début juin, passe nous faire un petit coucou : elle est de nouveau wwoofeuse dans le coin, à la ferme de Layat, à Trézelles. Pour l’occasion, est accompagnée de Chloé, stagiaire à Layat. On est contents de montrer à tout ce petit monde qu’on a pris soin des cultures dans lesquelles ils sont intervenus ! Ridha, de son côté, profite de la fin de son stage pour participer à nos récoltes d’échalotes et d’oignons jaunes et s’extasie devant la taille de nos salades… Tu peux, Ridha, on est très fiers de nos Merveilles de Verano ! Merci à toi pour ton passage par chez nous et bonne chance pour tes démarches d’inscription en Bprea !

À la semaine prochaine !

Les photos d’Ellen et Martin

L’onagre des Grivauds sur fond de ciel menaçant

Nos wwoofeurs allemands du début du mois de juillet ont pris beaucoup de photos de notre jardin et de nos activités. Leurs clichés dépassent le simple cadre documentaire que peuvent avoir les nôtres. On y trouve notamment un émerveillement pour les fleurs de cucurbitacées (courgettes, pâtissons et courges), de jolis portraits de vos maraîchers (avec ou sans chat), de belles photos d’ensemble et des photos montrant les cultures avant et après la grêle. Ce témoignage visuel nous est précieux et nous souhaitions le partager avec vous.

À dimanche pour l’article de la semaine !

Deuxième canicule de l’été, avec la sécheresse en embuscade

Pendant la canicule, par deux fois un nuage d’orage vient se positionner au dessus de notre champ aux heures les plus chaudes de la journée.

Certes, on a flirté avec les 39°C, certes on a eu quelques dégâts dans les tomates (les plus foncées d’entre elles ont un peu cuit sur les pieds) mais rien de dramatique. Les bassinages réguliers en serre, aux heures les plus chaudes, permettent de réduire le stress et limitent la propagation des acariens. Mercredi, au moment où le mercure s’affole, coup de chance, un nuage d’orage se forme au sud ouest et vient masquer l’astre brûlant. Et jeudi, même scénario ! Bigre, on a du bol, cette fois ! Vendredi soir, l’orage éclate pour de bon et une pluie très dense arrose le jardin. Pas de grêle cette fois-ci, rien ne vient gâter le tableau. Samedi, la pluie met du temps à venir et reste très timide au final. N’empêche, toutes nos plantes ont déjà réagi à cette réhydratation des sols : nos courges envahissent joyeusement leurs bâches, les poireaux s’élancent fièrement vers le ciel, les fanes des carottes et des céleris prennent une jolie teinte vert-foncé. On sent que la sécheresse et la canicule avaient un peu mis nos cultures sur «pause».

Même sous le cagnard, on plante dans la paille ! Ici, les choux chinois (avec Ridha, à gauche).

On pense évidemment à nos collègues des environs dont les réserves en eau sont déjà épuisées et qui se demandent quels légumes ils doivent sauver… Notre puits tient le choc pour l’instant mais son épuisement plane sur notre saison telle une épée de Damoclès. Même si la quinzaine de millimètres de pluie de ce week-end nous offre un petit répit, rien n’est définitivement gagné. En plus de réserves d’eau suffisantes (jusqu’ici), il y a aussi deux choses qui nous aident à traverser la sécheresse plus sereinement qu’ailleurs : nos sols sont paillés et de nombreuses cultures de plein champ sont irriguées en goutte-à-goutte. En plus d’empêcher l’évaporation, la paille limite le réchauffement du sol et des parties aériennes de la plante, réduisant ainsi la transpiration des feuilles. Mieux encore, la paille nous permet de planter par n’importe quelle température ! Ainsi, cette semaine, on a mis en terre de la salade, des scaroles et des choux chinois. Bien sûr, il y a toujours quelques feuilles qui brûlent, mais au final, les taux de reprise sont toujours très élevés (supérieurs à 95%). Émettons une dernière hypothèse : est-ce que le fait d’avoir un sol vivant n’améliorait pas la résistance des plantes face à la chaleur ?

De gauche à droite : Ridha, Louise et Louis

Tiens, une autre hypothèse : et si manger de bons légumes améliorait la capacité des êtres humains à résister à la canicule ? En tout cas, ça semble marcher pour nos petites mains de la semaine… On retrouve Ridha, notre stagiaire, qui entame avec un enthousiasme communicatif sa reconversion personnelle et professionnelle vers le maraîchage. Et on accueille un couple franco-anglais : Louise et Louis. Ces deux-là sont de passage en France et profitent de leur été pour filer un coup de main à un projet écolo tout en perfectionnant leurs connaissances en jardinage. Nous de notre côté, on réactive des bases d’anglais parfois un peu lointaines. Et on apprend que chardon se dit thistle en anglais et que c’est un des symboles officiels de l’Écosse. Ils sont fous ces écossais !

À la semaine prochaine !