Comment (encore) mieux réussir notre automne

Dernière série de scarole : c’est beau dessus, un peu moins en dessous…

La gentille petite pluie qui nous tombe dessus depuis des semaines ne présente pas que des avantages pour nos cultures. On a fait le pari, comme l’année dernière, de «jouer les prolongations» dans notre champ en y installant des scaroles, des frisées et des batavias jusqu’à la fin de l’été, ainsi que deux séries de mâches et du mesclun. L’année dernière, ça avait très bien marché, mais il faut dire que le mois d’octobre avait été très sec. Cette année, l’humidité nous joue des tours : on épluche énormément nos salades, et nos scaroles. Et la mâche s’est attrapé un Phoma, un champignon parasitaire qui nous oblige à éliminer toute la base de nos rosettes au moment de la récolte… Comment éviter ça ? Planter sous serre avant l’arrivée de l’automne ! Sauf que nos serres sont très occupées à la sortie de l’été et on a de la peine à désinstaller des tomates ou des concombres… On se dit qu’il est temps d’investir dans une solution à long terme qui nous permettra de mieux gérer nos intersaisons : on va acheter de nouvelles serres ! C’est déjà sur les rails, la commande est faite, on attend la livraison en cours d’hiver. On vous racontera le montage au fur et à mesure, comme pour les serres précédentes. On aimerait qu’elles soient montées pour accueillir des cultures de printemps. L’hiver va être besogneux aux Grivauds…

Des petites carottes en novembre, idéales pour faire des bottes !

Cette semaine, on a semé nos carottes nouvelles pour le printemps. Elles vont germer la semaine prochaine et elles patienteront tout l’hiver avec un feuillage réduit avant de démarrer pour de vrai au printemps. Notre technique est désormais rodée et Fabrice installe cette culture en un clin d’œil ! Remontons un peu dans le temps… On a semé nos dernières carottes de plein champ le 29 juillet. C’est très tardif mais on s’est dit qu’en choisissant une nantaise de 120 jours (Nantaise Améliorée 5), on pourrait en récolter avant les gelées. Et c’est effectivement le cas ! Bon, elles ne sont pas très grosses mais on en profite pour les vendre en bottes. Elles sont croquantes et délicieuses, délicatement sucrées. Et puis, nos autres carottes sont vraiment très grosses, alors nos clients sont souvent contents d’en trouver de taille plus modeste. On prévoit de récolter nos grosses carottes la semaine prochaine et de les mettre en conservation. Dans les serres, le travail se poursuit gentiment. On y a planté notre dernière série de scaroles, quelques batavias et de la mâche. Encore une grosse semaine de travail ! Par contre, on a déjà annoncé à nos clients de Vichy qu’on allait désormais tenir notre stand toutes les deux semaines seulement. Nos stocks de légumes diminuent trop vite et on doit en garder un maximum pour les paniers d’Amap.

À la semaine prochaine !

Cultures d’hiver en serre : coup d’accélérateur

Jean, Lili et Clément en pleine désinstallation des tomates

Pour ce qui est de l’installation des cultures d’hiver en serre (mesclun, salades, mâche, épinards, etc.), on est un peu en retard, certes. N’empêche, comme la première gelée n’a toujours pas eu lieu et que le temps est doux, les cultures implantées démarrent plutôt bien. Du coup, il n’est pas encore trop tard pour planter en urgence tout ce qui a été semé pour l’hiver. Évidemment, pour pouvoir planter, il faut de la place dans les serres et de nombreuses cultures d’été sont encore en place. Du coup, aidés de Lili, Clément et Jean (trois stagiaires BPREA qu’on vous a déjà présentés), on a désinstallé les aubergines, du persil, des haricots et de nombreux pieds de tomates. La place laissée par les aubergines est immédiatement utilisée pour la dernière série de mesclun et pour les oignons de printemps.

Paillage de la planche d’ail

Dehors, la petite équipe installe l’ail pour l’année prochaine et le couvre de paille. C’est notre dernier paillage d’extérieur de l’année. On pense encore pailler en serre avant la fin de l’année, notamment là où le sol est visible sous le paillage de ce printemps. C’est d’ailleurs bon signe que nos sols absorbent si rapidement notre paille : c’est qu’ils sont bien actifs et donc bien fertiles ! De toute façon, il suffit de voir nos sols se recouvrir de turricules de vers de terre pour s’en convaincre. Pas de vacances pour eux ! Par contre, moi (Denis), j’ai bien profité de mes deux jours de congés en début de semaine. Et pour garder un peu de cet esprit de relâche qui nous envahit avec l’arrivée des jours courts, je vous fait un article plus bref que d’habitude, non mais !

À la semaine prochaine !

Les épinards sont en place !

Repaillage de deux planches pour les épinards ; David et Jean à la manœuvre.

Cette fin année, c’est un peu une course contre la montre pour nous ! D’abord, on continue à récolter beaucoup, à la fois les derniers légumes d’été (dont les haricots, les courgettes et les tomates), les légumes d’automne (les brocolis et les choux-fleurs) et les légumes d’hiver (dont les carottes et les céleris-raves). Vu l’humidité de nos sols, on devrait se dépêcher de les faire rentrer pour l’hiver… Mais d’autres chantiers nous accaparent : l’implantation des légumes feuilles en serre : salades, scaroles, mâche et épinards. La mise en place de ces cultures est finalement assez longue, pour deux raisons. D’abord on s’oblige à «nettoyer» nos planches de toutes les vivaces problématiques (potentilles, renoncules et autres pissenlits). L’opération s’effectue au sécateur, en attaquant les plantes au collet, pour perturber le moins possible le sol et y laisser un maximum de racines. Ensuite se pose la question du repaillage. Cette année, on constate que nos paillages de printemps ont été déjà sacrément dégradé et que l’occultation n’est plus suffisante pour contenir la germination des annuelles (notamment celle des mourons). Du coup, pour les deux dernières planches d’épinards, on n’a pas tergiversé et on a repaillé.

Jean, encore un stagiaire qui semble très mal à l’aise avec nos chats…

À la manœuvre de ces gros chantiers d’automne, deux vaillants stagiaires : David et Jean. David, vous commencez à le connaître, c’est sa troisième session de stage ici. Par contre, Jean, c’est un «petit nouveau». Lui aussi vient de débuter un BPREA (comme Lili et Clément, suivez un peu !) et prépare une installation en maraîchage. Il est inscrit au Cfppa de Charolles, là où Laurence (mais si, souvenez-vous, la stagiaire de l’année dernière !) a aussi suivi sa formation. Nettoyage de planches, paillage, plantations, récoltes, on les fait participer à tous nos travaux ! Jeudi, on se paye même le luxe d’aller leur faire visiter la ferme voisine, celle des Mangetouts de Saligny-sur-Roudon (voir leur excellent Tumblr en cliquant sur le lien). C’est surtout que, comme l’année dernière, ce sont eux qui vont héberger nos courges pour l’hiver, leur condition de conservation étant bien meilleures que les nôtres… On parle boutique, on se raconte des anecdotes de marché et on partage un repas sympathique autour des produits de nos deux fermes.

Les jours raccourcissent mais ne réduisent pas tellement en intensité ; on est un peu dans la dernière ligne droite avant l’hiver. Néanmoins, la fatigue accumulée se fait sentir et il est temps pour moi (Denis) de poser quelques jours de vacances. Lundi et mardi prochains, j’abandonne sans vergogne Fabrice, les Grivauds, les stagiaires et les chats pour aller faire un peu de tourisme à Clermont-Ferrand… On se retrouve donc la semaine prochaine pour de nouvelles aventures !

Ces paysans, jamais contents de la météo

Fabrice en plein comptage des pigeons en migration

Bon, d’accord, on avait demandé de la pluie. Mais là, on ne peut pas s’empêcher de râler un peu… D’abord, elle arrive un peu tard dans la saison ; on l’aurait préférée en août ! Ensuite, elle est froide. Imaginez-vous le dos courbé à récolter du mesclun ou des carottes dans le champ, avec la pluie qui vient vous tambouriner dans le dos… Et enfin, on aurait préféré que les vagues de pluie soit entrecoupées d’épisodes ensoleillés, histoire que les serres continuent à chauffer, que les feuillages sèchent et que les plantations d’hiver restent saines… Mais non, après un été interminablement sec et lumineux, voici l’automne humide et sombre, sans demi-teinte ! Avouez qu’on est en droit de râler un peu, hein ? Cela dit, nos sols (et nos arbres) avaient définitivement besoin de ces bonnes pluies. Et puis, ça permet à nos engrais verts de germer plus facilement. Sans parler de la croissance de nos céleris raves et de nos carottes… De façon plus anecdotique, on note une abondante fructification des champignons, avec la palme pour quelques Vesses-de-loup géantes qui se sont installées derrière la serre à plants (voir galerie ci-dessous). Mais, le plus râlant dans tout ça, c’est que Fabrice a même de la peine à compter les pigeons en migration cette année, faute de visibilité. Foutu temps, on vous dit !

Désinstallation des tomates cerises avec Clément et Lili

Dès qu’on le peut, on va travailler en serre, où tout est devenu plus ou moins urgent : nettoyer les planches pour l’hiver, désinstaller les tomates, planter les scaroles, les épinards, le mesclun, les oignons, etc. Lundi et mardi, on est épaulés par deux nouveaux stagiaires : Clément et Lili, débutant tous les deux un BPREA de Maraîchage Bio au CFPPA de Neuvy. Lili est déjà en cours d’installation, Clément peaufine encore les contours de son projet. À noter, Clément a été saisonnier aux Sabots d’Argile (les gros producteurs de légumes en biodynamie près de Moulins). A priori, le changement d’échelle ne semble pas trop le bouleverser et on apprécie leur enthousiasme à tous les deux.

De ci de là, on trouve une belle betterave… Mais dans l’ensemble, tout est resté de la taille de petites billes…

À l’extérieur, en dehors des récoltes pour les Amap et le marché (dont une magnifique récolte de brocolis !), on a aussi fait rentrer nos betteraves pour l’hiver… Bilan : au final, on est quitte pour une soixantaine de kilos au total, sur une plantation de 100m2… Parmi les raisons de cet échec, il y a la grêle, la sécheresse et … le liseron. Après les courges, c’est un nouveau coup dur pour cet hiver. Pour l’instant, on profite de la belle abondance de cet automne et on garde le cap pour que nos serres soient les plus productives possible.

À la semaine prochaine !

Engrais verts d’hiver : le semis pour les courges de l’année prochaine

Semis d’engrais vert sur les futures planches de courges

Réussir nos engrais verts, c’est une problématique que nous prenons très au sérieux chez nous. Pour faire simple, tout le carbone qu’on arrive à produire sur place pour nourrir nos sols n’est plus à importer… Jusqu’à présent, tous nos essais se sont soldés par des échecs. Sarrasin, phacélie ou moutarde, on a déjà tenté notre chance avec ces graines plusieurs fois cette année et les résultats ont été loin des attentes. La faute à la sécheresse, sans doute. La faute, surtout, au fait que le sol n’est jamais nu chez nous. Quand ça n’est pas un résidu de paille (ou de culture), c’est … de la vivace rampante (genre potentille). On sème à la volée et on essaie tant bien que mal de faire descendre les graines au niveau du sol. Finalement, ce qui semble marcher le mieux, c’est de broyer le mulch après le semis. En tout cas, c’est comme ça qu’on a procédé pour cette nouvelle tentative. Pour les 5 bandes qui seront consacrées aux courges l’année prochaine, Fabrice a d’abord broyé les cultures en place (dont les maïs et les salades montées). Ensuite, il a semé du Ray-Grass (une graminée) et du trèfle violet (une légumineuse). Et enfin, il a repassé le broyeur, le plus au raz possible du sol. Dans la foulée, les graines ont connu une pluie très franche qui a fini de les plaquer au sol et d’initier la germination. On a aussi acheté de l’avoine et de la vesce pour nos choux. On vous tiendra au courant au fur et à mesure de nos progrès.

Notre paille pour l’année prochaine est rentrée ! Merci à nos voisins les Charpin pour la manutention !

En attendant, on ne reste pas avec les deux pieds dans le même sabot et on fait rentrer de la paille. Pour la saison prochaine, on a acheté 24 bottes de paille semi-déclassée (elles ont pris un peu la pluie) dont les brins ont été découpés à la moisson. On a particulièrement insisté sur ce dernier point auprès de notre détaillant, pour deux raisons. D’abord, les brins courts forment un paillis plus occultant et donc plus efficace contre les annuelles (genre digitaire ou autre renouée). Ensuite parce que les brins courts sont beaucoup plus faciles à manipuler, notamment lorsqu’on fait le paillage de l’inter-rang des carottes. Bref, on est globalement en avance sur ce point par rapport à l’année dernière, ce qui est une bonne chose !

Crevette demande : «Vous désinstallez déjà les tomates ? Vous êtes sûrs que l’été est vraiment terminé ?»

Dans les serres, la désinstallation des cultures d’été se poursuit. Cette semaine, ce sont les pieds de tomate de la serre nº1 qui sont passés à la moulinette. Dans la foulée, on a désherbé la planche avec David (un de nos stagiaires BPREA du moment, qu’on vous a déjà présenté il y a deux semaines). On arrose, on remet la paille et on plante notre deuxième série de salades d’abris. Et voilà ! Pendant qu’on élimine méthodiquement les potentilles, on discute d’itinéraires techniques et de plan de culture. David nous file aussi un beau coup de main pour les récoltes du vendredi, en vue de préparer le marché de Vichy, sans doute un de nos derniers gros marché de l’année. Et pour cause, on y a aligné fièrement presque tous nos légumes d’été (sauf les concombres) et presque tous nos futurs légumes d’hiver (sauf les navets et les radis qui patientent encore dans le champ). L’été a été dur, alors on s’octroie le droit de frimer un peu avec nos haricots verts, nos énormes fenouils, notre avalanche de brocolis et nos choux chinois….

À la semaine prochaine !

Ce que nous devons à nos wwoofeurs et stagiaires de la saison

Louise et Camille, nos deux dernières wwoofeuses de la saison, à la récolte des tomates

Sur l’ensemble de la saison, de mars jusqu’à cette semaine, nous avons accueilli des wwoofeurs et des stagiaires sur notre ferme. Nous avions fait le point l’année dernière sur les «petites mains» de l’été et nous en tirions un bilan très positif. Un an plus tard, prenons le temps de faire un nouveau bilan. D’abord, quantitativement, le nombre de personnes ayant participé à nos activités a nettement augmenté : 18 wwoofeurs (Camille, Aymeric, Maxime, Marianne, Gaël, Laura, Adeline, Bénédicte, Charlotte, Ellen, Louis, Louise, Jérémy, Léa, Chloe, Sophie, Louise et Camille) et 6 stagiaires (Laurence, Gildas, Pauline, Ridha, Robin et David) contre 10 wwoofeurs et 2 stagiaires l’an passé. Il faut dire que la saison a commencé beaucoup plus tôt (fin mars, contre fin mai l’an passé) et que nous avons reçu un gros coup de pouce de la part de Wwoof France qui nous a placé en Une de leur site à deux reprises. Chez nous, les wwoofeurs restent en moyenne deux semaines et on se réserve environ une semaine par mois sans wwoofeur. On s’autorise ponctuellement à cumuler deux wwoofeurs, ou bien un wwoofeur et un stagiaire. On aime passer beaucoup de temps avec nos visiteurs, adapter les activités et les discussions à leurs besoins/envies et leur offrir un emploi du temps le plus souple possible (pour respecter les besoins de grasse mat’/siestes/promenades). C’est pourquoi nous avons refusé autant de monde cet été. On veut pas devenir une usine à stagiaires/wwoofeurs et permettre que la rencontre entre eux, nous et le jardin, ait lieu dans les meilleures conditions possibles. Qu’est-ce qui attirent les wwoofeurs chez nous ? Il y a nos techniques MSV (plusieurs ont postulé chez nous spécifiquement pour cette raison), notre absence de mécanisation (qui permet de reproduire dans un jardin facilement ce qu’on fait ici à plus grande échelle) et enfin le site lui-même et son impressionnante biodiversité.

Et nous ? Qu’est-ce qu’on retire de cet accueil ? Le coup de main apporté par tout ce petit monde est considérable, reconnaissons-le ! On arrive à être beaucoup plus à l’heure sur les implantations grâce à eux. Nos cultures sont moins enherbées. C’est aussi parce que nos paillages sont plus rapides que nous avons décidé de ne plus rentrer avec le tracteur dans la parcelle cultivée, réduisant ainsi un peu plus notre mécanisation. Ensuite, il y a la transmission de savoirs et pratiques qui fait clairement partie de nos objectifs (faire exemple et inspirer). Enfin, il y a le «décloisonnement». Je m’explique : la charge de travail (notamment en été) nous contraint à sortir très peu de notre lieu de travail ; nos wwoofeurs apportent avec eux un peu de la rumeur du reste du monde… D’ailleurs, cette année, nous avons reçu quelques étrangers et nous avons pu entendre un peu parler anglais et allemand chez nous, ce qui est déjà un petit dépaysement. Bon, bien sûr, il arrive que le travail d’encadrement soit tel qu’on ne puisse pas vraiment quantifier le gain de temps au final, mais c’est finalement assez rare. Disons que les bonnes surprises ont été bien plus nombreuses que les mauvaises. Certains d’entre eux nous ont aussi un peu forcé à réfléchir à notre pratique et nous ont suggéré des améliorations. D’autres nous ont raconté comment ça se passait ailleurs et ça suffisait souvent à nous rassurer sur les difficultés que nous rencontrions. Comme l’année dernière, nous restons désireux d’aboutir à la création d’un poste de saisonnier à plus ou moins moyen terme. C’est sûr que les conditions climatiques (notamment la grêle de début juillet) et leurs conséquences de cette année nous rendent frileux pour le moment… En attendant, on dit à nos petites mains de l’année merci, merci et encore merci !

Bon, c’est moins que l’année dernière mais on a un peu de courges tout de même !

Tiens, à propos de la grêle, quel a été son impact sur la culture de courges finalement ? La récolte a eu lieu lundi et on a méticuleusement compté. Au final, on a une quantité raisonnable de potimarrons et de Carat (petites courges musquées). Par contre, ça n’est pas brillant dans les butternuts et dans les sucrines. On estime avoir récolté environ 500 kg (il en reste un peu dans le champ qu’on ira chercher fin octobre), soit moins de la moitié par rapport à l’an passé. Ne nous lamentons pas trop : on a eu peur à un moment de ne rien avoir du tout ! Pour rappel, la grêle avait cassé toutes les feuilles des plantes, impacté tous les premiers fruits et sectionné quelques tiges. On est passé à côté de la catastrophe.

Dans la même semaine, on a planté notre première série d’épinards. À la manœuvre, il y a Camille et Louise, nos deux wwoofeuses du moment. Camille fait des études pour devenir sage-femme et prend une année sabbatique avant de se lancer dans le grand bain. Louise est diplômée en FLE (Français Langues Étrangères) et fait une pause après avoir exercé en Sicile. Très efficaces dans les cultures, elles sont en plus bonnes cuisinières, ce qui ne gâte rien ! Courge rôtie, sauté de blettes, fondant au chocolat, pas de repos pour les papilles aux Grivauds !

À la semaine prochaine !

Et la pluie vint !

Lendemain de pluie aux Grivauds, une lumière qui nous rappelle que l’automne est bel et bien présent !

On a eu de l’eau cette semaine, enfin ! Pas des quantités délirantes, mais ça a tout de même été efficace. Au total, notre jardin a reçu environ 25 mm d’eau sur l’épisode. La réaction de la végétation a été très rapide : tout pousse de nouveau ! La couleur jaune paille des prairies alentour cède de la place à une verdure conquérante. Dans le champ, les poireaux et les céleris-raves grossissent de nouveau ; les navets et les radis démarrent en fanfare, les feuilles des haricots ont des nuances bleutées et … ici et là, des sarrasins que Fabrice avait semés en guise d’engrais vert daignent enfin lever… Plus encore que la semaine dernière, notre jardin est à son pic de prodigalité : aux légumes d’été finissant se superposent les légumes d’automne et d’hiver. Notre stand, sur le marché de Vichy, n’a jamais été aussi long et on prend un plaisir immense à le parcourir de long en large pour aller servir nos clients, alléchés par tant de couleurs et de diversité !

Lundi, la journée a été très particulière pour nous. Notre ferme a en effet accueilli une formation sur le thème du Maraîchage sur Sol Vivant (MSV). Une dizaine de participants sont venus visiter nos cultures et nous entendre présenter nos itinéraires techniques. La journée était encadrée par Mehdi Ait-Abbas, le Technicien Maraîchage Bio de la FRAB AuRA. Les profils des visiteurs étaient très variés : certains ne sont encore qu’en phase d’installation, d’autres ont déjà de l’expérience et souhaitent enrichir leurs connaissances et leur pratique. Les échanges ont été très riches, y compris pour nous ! Comme d’un fait exprès, lundi était aussi le premier jour de David, notre nouveau stagiaire BPREA. Accrochez-vous bien parce que cette année, on va en avoir plusieurs, venant de CFPPA différents et sur des périodes qui ne se superposent pas. David, donc, est un alsacien qui a emménagé dans la Nièvre où il s’apprête à se lancer dans le maraîchage pendant que sa conjointe s’installe en naturopathie. Il n’en est pas précisément à son galop d’essai et a eu la chance d’être stagiaire chez Fabrice Meyer, un des membres fondateurs du réseau MSV.

David et Sophie au semis d’épinard

Cette semaine, on dit aussi au revoir à Sophie, notre wwoofeuse autrichienne. Sophie, malgré sa discrétion, a su trouver sa place dans notre activité et a été une petite main valeureuse ! Elle nous a accompagné trois fois à Vichy (!), a participé à nos récoltes, nos plantations et nos désherbages et a même été deux fois à la chorale de Pierrefitte ! Comble du comble, elle nous gratifie d’un beau gâteau au chocolat la veille de son départ ! On lui souhaite un bon retour à Vienne et qu’elle se repose bien de son périple, qui a été finalement très intense !

À la semaine prochaine !

Vers une pause de la sécheresse ?

Le pluvio est prêt !

Ça y est, la pluie est annoncée ! Oh, pas de grosses quantités, certes (une douzaine de millimètres dimanche et quelques gouttes un peu tous les jours ensuite), mais la dernière vague de pluie remonte à plus de 40 jours, c’est dire notre impatience ! Bien sûr, on guettera son effet sur nos cultures sous-hydratées. Mais aussi et surtout dans notre verger et dans nos haies ! Car nombre de nos arbres présentent de gros signes de faiblesse. Pour peu que l’hiver soit un peu rigoureux, on pourrait très bien se retrouver l’année prochaine avec des fruitiers en moins ou des trous dans les haies. Dans nos champs, le retour de l’eau dans le sol, c’est aussi la condition sine-qua-non pour que l’activité biologique redémarre à plein : champignons, bactéries, vers de terre, tout ce petit monde a besoin d’eau pour digérer la matière organique. De nombreuses cultures d’automne et d’hiver sont en attente de ce dernier coup de fouet : les navets, les radis, les poireaux, les céleris raves, etc.

Une feuille de chou chinois après passage des altises…

Et puisqu’on est seulement à deux jours de l’équinoxe, tirons un bilan provisoire de la «pleine saison». Disons que dans l’ensemble, la catastrophe a été évitée, grâce à un puits qui n’a pas flanché et grâce à nos paillages. Les canicules ont rendu les plantations parfois très difficiles (notamment pour les choux sur bâche) mais ce sont surtout les parasites qui nous ont posé le plus de problèmes : altises et acariens tétranyques ont adoré cette chaleur sèche. Les altises commencent à régresser mais les acariens sont toujours là. Pour les altises, les conséquences n’ont pas été trop graves pour les cultures bien protégées (choux, radis) mais elles ont été sévères dans la roquette, dans les navets et les choux-raves. Pour les acariens, on est clairement dépassés et on se prépare à devoir mettre en place une lutte biologique ciblée l’année prochaine (dans les serres sensibles). La nouvelle série de concombre est déjà fortement touchée alors qu’elle commençait seulement à bien donner et on voit des traces d’attaques dans les haricots nains sous serre. On a perdu les haricots à rame lors de la première canicule à cause d’eux et les pieds d’aubergines sont restés chétifs tout l’été. Autre dégât qu’on gérera mieux l’année prochaine : les coups de chaud dans les serres à tomates…

Certaines de nos pommes de terre à peau rouge (Kuroda) sont très grosses cette année !

Paradoxalement, c’est aussi cette année qu’on récolte nos légumes les plus gros. Pour chaque culture, il y a par endroits des réussites spectaculaires : de gros oignons (notamment les rouges), de grosses pommes de terre (jusqu’à 450g !), de gros poireaux, de gros choux (notamment dans les choux blancs et les choux chinois), de grosses carottes, de grosses salades (les fameuses Merveilles de Verano) et d’énormes scaroles (jusqu’à 1,2kg pour la plus grosse). Bien sûr, ça ne reflète pas la moyenne de nos rendements mais ça nous donne une idée de ce qu’est capable de produire notre sol. C’est d’ailleurs très souvent dans la partie sud de notre champ, celle qui est la plus ombragée par les haies, qu’on a les plus beaux légumes. Ça nous encourage dans notre projet d’installer des haies arbustives à l’intérieur de nos cultures !

Plantation de salades en serre avec Sophie (notre wwoofeuse autrichienne), Eva (la wwoofeuse des Mangetouts) et Mi-Roux le casse-noisettes des Grivauds.

À nos côtés cette semaine, notre wwoofeuse très vaillante, Sophie, qui nous a donné un fier coup de main dans nos récoltes de fin de semaine. Et lundi, elle a été rejointe par Eva, la wwoofeuse allemande des Mangetouts de Saligny pour des plantations de salades et de mâche. L’occasion d’échanger autour de leurs voyages respectifs et d’entendre parler allemand dans nos champs. Là encore, on apprécie le dépaysement !

À la semaine prochaine !

Maraîchers musiciens

C’est difficile de concilier une activité aussi exigeante que le maraîchage avec un temps de loisir régulier. C’est pourtant le petit défi que nous nous lançons cette année Fabrice et moi. Fabrice a déjà plongé dans le grand bain l’année dernière en s’inscrivant à l’École de Musique de Diou et en validant sans sourciller deux années de solfège en une. Reste maintenant à se choisir un instrument et il semblerait qu’on entendra bientôt de douces notes de hautbois se mêler au chant des oiseaux des Grivauds. Quant à moi, je réunis en ce moment un groupe de chanteurs avec la folle ambition de monter une chorale à Pierrefitte-sur-Loire. Les répétitions ont d’ailleurs déjà commencé. Oserais-je profiter de cet espace pour faire un peu de publicité pour cette chorale naissante ? Et pourquoi pas ? Si bien que vous trouverez un tract ci-dessous vous donnant toutes les informations nécessaires pour nous rejoindre.

Cliquer sur l’affiche pour l’agrandir
Robin et Sophie à la récolte des poireaux

En attendant, notre jardin fait entendre une petite musique régulière et tranquille. Elle mélange le tchuip tchuip de nos brouettes au tchak tchak de nos sécateurs, le chant des grillons aux ronronnements de nos chats, le crachouillis des gouttes-à-gouttes au bruit léger des feuilles qui tombent. Au milieu de cet orchestre naturel, deux nouveaux protagonistes. D’abord, il y a Robin, qui profite d’un court stage chez nous pour s’initier aux joies du sol vivant. Robin enchaîne les stages et les formations en vue d’une installation à moyen-terme. En plus de ses solides connaissances en permaculture, on apprécie son humour pince-sans-rire, qui a allégé notre quotidien plus d’une fois ! Ensuite, il y a Sophie, qui débarque chez nous pour plus de deux semaines de wwoofing. Elle est autrichienne (de Vienne) et étudie les «Sciences Agricoles» à l’université. C’est dans le cadre de ce cursus qu’elle a choisi de venir se confronter au terrain dans plusieurs fermes françaises. Là encore, comme ça a été le cas pour tous les non-francophones que nous avons reçus cette année, son application à apprendre notre langue force le respect !

En serre nº2, on a déjà désinstallé nos premiers pieds de tomates ! Rassurez-vous, c’était surtout des pieds en petite forme.

Cette semaine, la mort dans l’âme, on a désinstallé des pieds de tomates. C’est que la suite de la saison frappe à la porte : les salades d’inter-saison sont prêtes à planter ! Alors, on s’y met : on fait remonter les ficelles de palissage, on coupe les pieds, on désherbe la planche (potentilles et liseron essentiellement), on ouvre la paille pour pouvoir arroser le sol, on referme et on broie la paille avec le résidu de culture. Ça a l’air fastidieux, dit comme ça, mais je vous assure que tout ça est rondement mené. Autre nouveauté de la semaine : on a installé une butte de blettes dans la serre nº5. Cette série devrait donner à plein au printemps prochain. L’été joue encore les prolongations mais on se doit d’anticiper dès maintenant notre hiver ; sans quoi nous serions «fort dépourvus quand la bise sera venue»… Et ce, même sans avoir «chanté tout l’été», hélas !

À la semaine prochaine !

Chloe raconte son séjour aux Grivauds : témoignage d’une wwoofeuse

Chloe, wwoofeuse et rédactrice en chef de la semaine

Cette semaine, c’est une wwoofeuse qui prend la plume pour écrire l’article du blog ! Chloe est anglaise, elle a travaillé chez nous comme wwoofeuse ces derniers jours et nous a accompagnés dans tous les temps forts de notre travail, y compris au marché de Vichy ! Elle n’en est pas à sa première expérience et ses voyages l’ont déjà amenée aux États-Unis, en Australie et en France. Elle a commencé à apprendre le français mais c’est en anglais qu’elle nous livre son témoignage, Denis se chargeant de la traduction (en italique, après chaque paragraphe). Précisons que Chloe a été journaliste avant de se lancer sur la route…

« It’s no secret that food in France tops food in England, and I have never before been so convinced of this than during my wwoofing at ÉcoJardin des Grivauds.

Ce n’est pas un secret que la nourriture française surpasse celle d’Angleterre, et jamais je n’en ai autant été convaincue que lors de ce wwoofing à l’ÉcoJardin des Grivauds.

I passed a beautiful week at this haven of organic vegetables. I spent the sunny days sneaking juicy tomatoes in the greenhouse, cooking and eating with things I had never before tried (or even seen), planting turnip seeds and radish seedlings and harvesting and preparing vegetables for the market. Even after a year of wwoofing and working on farms around the world, I was still able to learn a lot of things about an organic garden.

J’ai vécu une belle semaine dans ce havre de légumes biologiques. J’ai passé les jours ensoleillés à chaparder des tomates dans les serres, cuisiner et manger des choses que je n’avais jamais goûtées (voire même vues) auparavant, semer des navets, planter des radis, récolter et préparer les légumes pour le marché. Même après une année passée à faire du wwoofing et à travailler dans des fermes tout autour du monde, je suis toujours capable d’apprendre beaucoup de choses à propos du jardinage écologique.

Rainette sur haricot (cliquer pour agrandir)

It was a really rewarding experience learning all the different names (in English and French) of the animals, plants and insects that made up the ecosystem of the garden.

Ça a été une expérience gratifiante d’apprendre tous les différents noms (en Anglais et en Français) des animaux, plantes et insectes qui font l’écosystème du jardin.

Denis and Fabrice never failed to explain not just what we were doing, but why we were doing it and how it would benefit the plant (despite the language barrier!). This made the experience much more gratifying and I am leaving with a huge wealth of new knowledge about organic farming thanks to these two exceptionally knowledgeable maraîchers!

Denis et Fabrice n’ont jamais manqué de m’expliquer non seulement ce que nous étions en train de faire, mais pourquoi nous le faisions et de quelle manière cela profitera aux plantes (et ce malgré la barrière du langage !). Cela a rendu l’expérience encore plus intéressante et je quitte les Grivauds énormément enchirie de nouvelles connaissances à propos de la culture biologique, grâce à ces deux maraîchers exceptionnellement cultivés (sic) !

Fabrice et Chloe à la récolte des carottes

It was also remarkable to see the effects that a long, hot and (especially) dry summer has on businesses like this one. Hearing about the problems posed for the vegetables by the lack of rain and the canicule made the issue of climate change feel much closer to home and measurable for me than ever before me. It is a sobering fact to know we are now living in the time previously warned about, and imagining how farms like this will operate in future years and how it could change how we produce and consume our food.

Ça a aussi été intéressant de voir les effets qu’un été trop long, trop chaud et (surtout) trop sec peut avoir sur ce genre d’activité. Entendre parler des problèmes rencontrés par les plantes à cause du manque d’eau et de la canicule rend la problématique du changement climatique beaucoup plus proche et plus quantifiable pour moi que ça n’a jamais été. Cela laisse songeur de savoir que nous vivons maintenant dans le temps dont nous avions été avertis, et d’imaginer comment les fermes comme celles-ci vont fonctionner dans les années à venir et comment cela pourrait changer la façon dont nous produisons et consommons notre nourriture.

Stand de la semaine sur le marché de Vichy

I was even lucky enough to go and help out at the market at Vichy. I was able to appreciate just how much the customers cared about where their food came from. Seeing people choose and take home our vegetables and imagining the delicious meal that they and their families were going to enjoy over the next week meant I received the full picture of the process from beginning to end.

J’ai même eu la chance de venir filer un coup de main sur le Marché de Vichy. J’ai pu me rendre compte à quel point les clients se préoccupaient de la provenance de leur nourriture. Voir les gens choisir et ramener chez eux nos légumes, imaginer les repas délicieux dont ils vont profiter eux et leur famille dans la semaine à venir signifie pour moi que j’ai pu voir l’ensemble du processus du début à la fin.

But I also learnt that this is not really a beginning and end to organic farming. Nothing is ever wasted at the farm. If a vegetable was not fit to sell at the market, or a plant hadn’t made it, it simply became food for the soil and contributed to whatever vegetable would be growing there next. It was wonderful to see this incredibly natural and ecological method of growing plants in action, and witnessing the fantastic results – delicious, fresh, organic vegetables.

Mais j’ai aussi appris que ça n’était ni réellement un début ni une fin pour l’agriculture biologique. Rien n’est gâché à la ferme. Si un légume ne convient pas pour la vente, ou si une plantation a échoué, cela devient simplement de la nourriture pour le sol et contribue à la croissance du légume suivant. C’était magnifique de voir en action cette méthode incroyablement naturelle et écologique de faire pousser des plantes, et d’être témoin de ses effets fantastiques : des légumes délicieux, frais et bio.

Merci beaucoup Denis and Fabrice. »

Et merci à Chloe pour cet article et pour ces quelques jours de jardinage ensemble !