Que le printemps vienne. Enfin.

Une bulle froide très «bien» située…

Que le printemps vienne. Que les gelées cessent enfin. Que les plantes se rassurent, qu’elles se sentent en confiance et qu’elles s’autorisent de nouveau à pousser. Que le jardinier dorme sur ses deux oreilles sans craindre pour ses haricots, ses courgettes et ses aubergines. Qu’il s’effeuille de ses lourds vêtements d’hiver. Qu’il s’active avec joie, que ses plants de tomates trouvent le chemin de la terre riche et nourricière, que sa conversation s’allège, que son cœur s’ouvre en même temps que les fleurs des champs et les bourgeons des arbres. Viens, printemps, viens ! N’aie pas peur, nous saurons t’accueillir, nous saurons te fêter.

Même en serre, on garde les vêtements chauds…

Il a gelé tous les jours cette semaine. Avec des valeurs systématiquement comprises entre -3°C et -4,5°C. Ces gelées ont des conséquences immédiatement perceptibles pour nous : tout est en retard, tout est stressé. Petits pois, radis, choux-fleurs, courgettes, haricots verts, salades. On note partout des colorations suspectes : des blancs et des jaunes, chloroses typiques de carences ou de stress thermique, ou du violet, signe que les plantes émettent force anthocyanes pour lutter contre le froid récurrent, détournant temporairement le fruit de la photosynthèse pour créer de coûteux tannins. Chez nos collègues, les mauvaises nouvelles pleuvent : là des fèves en fleurs qui capitulent, là des petits pois fraîchement sortis de leurs poquets qui abdiquent sans tambour ni trompette, là des fruitiers qui ne donneront rien… C’est très difficile pour nous de dire quelles seront les conséquences à terme de cette interminable vague de froid. Les rendements de fin de printemps seront affectés, c’est certain. Et la précocité des légumes d’été s’en trouve fortement hypothéquée. On sent que c’est de nouveau une année où va falloir beaucoup communiquer avec nos amapiens et nos clients de Vichy pour expliquer pourquoi les paniers et le stand tardent à se remplir.

Plantation et paillage de pommes de terre en plein champ : Adeline et Hélène à la manœuvre.

Je ne peux pas m’empêcher de ressentir une légère déception vis-à-vis de cette situation météorologique. Cette année, on avait pourtant anticipé beaucoup de choses (voir l’article de la semaine dernière) et on était enfin à l’heure sur notre calendrier de plantations. On aurait aimé un démarrage de saison un peu plus calme, un peu plus clément avec nous… Tant pis. On essaie du mieux qu’on peut de rester légers et de continuer à travailler d’arrache-pied pour la suite de la saison. L’efficacité de nos petites mains de la semaine nous aide énormément : Adeline et Hélène forment un binôme solide et leurs expériences respectives leur permettent d’être rapidement autonomes. La journée est émaillée de petites coupures pour prendre le temps d’examiner une plante ou de photographier un insecte. Hélène se charge ensuite de terminer l’identification de retour à la maison. Une exploration minutieuse de notre jardin qui nous permet d’oublier un peu le vent glacial qui nous oblige à récolter des poireaux en manteau mi-avril…

À la semaine prochaine !

Vague de froid : on était prêts !

À 8h10, alors que le jour est levé depuis une heure, il fait encore -7°C en serre…

«Denis, as-tu remarqué que les épinards sont plus sucrés après une vague de gel ?» C’est Hélène, notre nouvelle wwoofeuse qui me fait remarquer que la synthèse de sucre est une façon pour les plantes de se préparer au froid : car l’eau sucrée gèle à une température plus basse que l’eau pure. En bon lecteur de Marc-André Sélosse[1]Dont le dernier livre «Goûts et couleurs du monde» traite des tannins. , je savais que les plantes émettaient des tannins appelés anthocyane pour lutter contre le froid. Ce colorant rouge est visible partout dans la nature en ce moment, compte-tenu des températures très basses que nous venons de vivre. On est tout de même descendus en dessous de -7°C, ce qui est un record à cette date !

Conséquence du gel : nos petits pois ont jauni (et même blanchi par endroits).

Aux Grivauds, la problématique du gel en avril devient récurrente. Voire, elle s’accentue. Du coup, on commence à développer aussi nos propres stratégies pour traverser avec sérénité ces dernières vagues de froid de la saison. Bien entendu, il y a des voiles thermiques partout dans nos serres et dans notre champ, ça, c’est le minimum. Ensuite, il y a beaucoup de cultures qui ont été implantées sur toile tissée. Par exemple, 7 planches sur 8 sur bâchées dans les serres 6 et 7 (nos serres d’intersaison). Car sur ce genre de surface sombre, il gèle moins fort que sur de la paille claire et brillante. Si on doit pailler une planche avant avril, alors, soit on couvre la paille avec une toile tissée, soit un broie la paille pour qu’elle soit plus fine, moins épaisse, et qu’elle ne ralentisse pas trop le réchauffement du sol. À quoi on ajoute les tunnels nantais en plein champ pour faire pousser nos épinards et nos carottes. Il y a là un ensemble de dispositifs assez laborieux à mettre en place mais qui sont devenus indispensables pour affronter à la fois les gelées de fin de saison et la lenteur de réchauffement du sol en MSV. Une dernière stratégie que nous avons mis en place consiste tout simplement … à ne plus planter de cultures sensibles avant le 10 avril. On va perdre sans doute en précocité mais on y gagne en stress. Au final, en terme de dégâts, on a surtout perdu des blettes fraîchement implantées et nos petits pois à ramer ont curieusement pâli. Mais on ne perd aucun plant, ni aucune courgette.

Beaucoup de manipulation de voiles thermiques cette semaine. Mathilde, pour sa dernière semaine de stage aux Grivauds, apprend à les rouler rapidement.

Cette semaine, quand on s’approche des serres, on entend de drôles de chants. Et pour cause, notre nouvelle wwoofeuse, Hélène, a décidé de faire chanter en canon notre petite équipe. Mathilde et Roman, qui savent aussi chanter, se frottent eux aussi à l’exercice et le liseron disparaît de nos oignons et de nos carottes au son du «Bruit doux de la pluie» ou du «mighty tree of Yggdrasil». Nos chants du matin nous donnent du courage pour les longs chantiers de semis de printemps : petits pois, pois mangetout et fèves. On dit au revoir à Mathilde et Roman, dont c’était le dernier stage aux Grivauds. On se console en préparant joyeusement les prochaines planches en serre de légumes d’été (haricots, aubergines et poivrons).

À la semaine prochaine !

References

References
1 Dont le dernier livre «Goûts et couleurs du monde» traite des tannins.

Course à l’échalote en plein soleil

Il fait tellement chaud qu’on est obligés de faire de l’ombre (avec des cagettes) à nos courgettes après repiquage ! Du jamais vu à cette date.

Ce matin, alors que le soleil est déjà levé depuis longtemps, je frissonne dans le vent du nord. Incapable de me réchauffer, je fais le constat que je ne suis pas assez couvert, alors que je porte un pull et une écharpe. Et pourtant, je me souviens avoir travaillé tous les après-midi de cette semaine en tee-shirt et en short (!). Ai-je rêvé cet épisode estival au beau milieu du printemps ? L’étonnante vigueur de nos plantations de printemps vient en soutien de mes souvenirs : oui, le temps a été poussant, ces derniers jours. Mais la parenthèse est déjà terminée et c’est un épisode de froid particulièrement préoccupant qu’on nous prévoit pour la semaine prochaine. En seulement deux jours, on a déjà perdu 12°C sur la maximale (24°C jeudi contre 12°C samedi). Les gelées sont de retour et elles s’annoncent dangereuses pour nos courgettes et nos plants de tomates… Pour couronner le tout, il ne pleut toujours pas ! L’épisode de sécheresse printanière ressemble beaucoup à celui qu’on a connu l’année dernière, pendant le premier confinement.

Le retour du bambou dans les petits pois

Tout autour de moi, je perçois les traces récentes d’une activité intense : il y a eu du boulot d’abattu ! Et pour cause, on était 4 dans les champs ! Car cette semaine, Mathilde, notre stagiaire du moment, a été rejointe par Roman, son compagnon. Ensemble, on plante à tour de bras ! Des oignons, des échalotes, de la salade, des choux rouges, des pommes de terre, des betteraves et … des courgettes ! On paille toujours beaucoup, on désherbe un peu et on trouve même le temps de palisser les petits pois, qui ont bien poussé. Deux lignes d’aspersion sont installées dans le champ pour arroser les oignons. Bref, les choses avancent dans le bon sens !

Par contre, il y a une chose aux Grivauds qui nous tire en arrière, c’est notre camion. Car figurez-vous qu’il est encore en panne ! Impossible de passer les vitesses, alors que la boite de vitesse et l’embrayage sont neufs… On en a franchement marre. Si ça n’est pas réparable, ou si c’est trop cher, il faudra d’abord trouver un véhicule pour emmener nos légumes à Vichy samedi prochain. Et ensuite… eh bien, cette fois-ci, c’est décidé, on va sans doute emprunter pour acheter un nouveau camion. Un incident dont on se serait bien passé à cette période, où nous avons besoin de nous concentrer sur nos plantations…

À la semaine prochaine !

Des oignons et des oiseaux

Mathilde à la plantation des bulbilles d’oignons

C’est rare qu’on ait des chantiers interminables aux Grivauds. Bon, d’accord, il y a le désherbage de nos fraisiers sous serre, qui est une vaste blague et qu’on ne fait faire qu’à ceux·celles qui ont le courage de supporter un long cours sur les adventices vivaces en MSV… Il y a néanmoins de vrais gros chantiers qui marquent la saison et c’est notamment le cas de la plantation des oignons. On en fait 2 buttes de 110m complètes sur 4 rangs. Dans la première, on installe des bulbilles. Dans la deuxième, c’est moitié bulbilles moitié oignons en motte (à partir d’un semis effectué en janvier). On se souvient nettement qui nous a aidé à démarrer la saison les années passées. En 2020, juste au moment du confinement, c’était Nicolas et sa moustache. En 2019, c’étaient Camille et Aymeric qui s’y étaient collés, avec une impressionnante célérité. En 2018, on avait fait ça tous seuls et ça nous avait pris une semaine entière… Cette année, le chantier démarre avec Mathilde, qui en profite pour se mettre à niveau sur le cycle de l’oignon. Par rapport aux années précédentes, on a choisi un itinéraire légèrement simplifié : on paille d’abord et on plante à travers (au plantoir à poireaux). C’est légèrement fastidieux mais ça se fait très bien. Et on est sûrs de ne pas déplacer les bulbilles en paillant. En quelques après-midi, on a déjà planté les deux tiers des bulbilles et un gros tiers des mottes. Bref, on avance bien.

Et cette semaine, retour de la rubrique naturaliste de Fabrice ! Où on entend parler de chants d’oiseaux et de vie aquatique…

L’écho du jardin nº2 – Par Fabrice

Je suis né à la fin de l’hiver et je renais à chaque début de printemps !

Entre douceur et fraîcheur, ces quatre dernières semaines sont à l’image du climat grivaldien que nous avons appris à affronter. De bonnes gelées à -4°C un matin suivi d’un +10°C le lendemain, une période douce avec un soleil bienfaiteur, une semaine grise et fraîche à ne pas mettre un maraîcher dehors et à nouveau du temps froid ! Bref, le printemps est là même si ça ne se voit pas, il n’y a qu’à entendre les chants se succéder dès la fin de nuit, le rouge-gorge familier, le merle noir et l’alouette lulu donne le la, le relais est pris par le pinson des arbres, le verdier d’Europe, le bruant zizi et le bruant proyer. Les mésanges bleues et charbonnières un peu moins matinales, accompagnées par le pouillot véloce et le tarier pâtre, s’égosillent à leur tour. La journée est rythmée par les chants, les cris de contact et d’alarme ; tiens, un vilain matou traînerait dans la haie que ça ne m’étonnerait pas ! Le soir venu, notre petite chouette si peu connue, la chevêche d’Athéna, trahit sa présence par son chant bref et répété. Dès le levé du jour les passages de migrateurs se succèdent, les vols de pigeons, suivis par les milans royaux et les buses variables, des tarins des aulnes s’attardent quelques minutes dans les bouleaux à la recherche de quelques graines oubliées et repartent. Et sur la dernière semaine les remontées vers le nord battent leur plein, le ballet des grives litornes avec leur cris si particuliers et les dernières grues cendrées observées annoncent l’arrivée de nouvelles espèces. Les jours se suivent et de nouveaux arrivants font leur apparition, les premiers milans noirs arrivent en ce début mars, la première fauvette à tête noire me gratifie de son chant le 14 au matin près de la fenêtre du salon, le premier rouge-queue noir, un joli mâle, apparaît le 17 avec un joli ver qui dépasse de son petit bec effilé ! J’attends avec impatience ma première hirondelle rustique, elle est tardive cette année !

Et dans la mare, le ballet des tritons crêtés a débuté dès les premiers 15°C, les mâles sont remarquables, ils arborent une crête dentée, on se croirait revenus au temps des dinosaures ! Et dans cette eau un peu trouble j’aperçois un petit triton palmé qui sort de la végétation aquatique dans laquelle évoluent de nombreux insectes dont le magnifique dytique bordé et plusieurs espèces de libellules au stade larvaire. J’aperçois ma première libellule de l’année, un leste brun, elle ne vole pas vraiment, elle est scotchée à une pierre bien exposée aux rayons du soleil ; il faut dire qu’il ne fait pas plus de 8°C en ce premier jour de printemps et le vent de nord est fort ! Les grenouilles vertes sont assez discrètes, la température n’est pas encore assez douce mais un amas d’œufs accroché aux typhas (plus connus sous le nom de massettes) et à la glycérie flottante, une graminée aquatique, est la preuve que la saison de reproduction est belle et bien engagée !

Quelques papillons virevoltent pendant les heures les plus chaudes de ce début de période, grande tortue, vulcain et robert le diable se laissent admirer quelques instants, puis disparaissent derrière les haies.

Violettes odorantes

Les floraisons sont assez discrètes, les premières pâquerettes émergent de la prairie sous le verger, les violettes odorantes, d’un violet intense, s’épanouissent en tapis, les prunelliers et les pêchers se couvrent de leurs premières fleurs. S’ensuit l’apparition des premières stellaires holostées et les ficaires le long des haies bien exposées.

Cette fin de période est à nouveau bien fraîche et notre petite faune se fait plus discrète, soyons patients avec le retour du soleil et de la douceur notre enthousiasme va renaître.

À la semaine prochaine !

L’Amap de Dompierre poursuit sa route sans nous

Il y a 10 ans naissait l’ÉcoJardin des Grivauds. On reviendra sur son histoire régulièrement cette année, en attendant des jours meilleurs pour que nous fêtions dignement cet anniversaire. Il y a 10 ans, les premiers légumes qui sortaient de ce jardin étaient vendus à l’Amap de Dompierre. Cette Amap a été créée autour de l’arrivée de Fabrice à Pierrefitte-sur-Loire. Un groupe d’habitants avait décidé de se saisir de cette opportunité pour monter cette association qui leur permettait à la fois de profiter de bons légumes bio de saison et de soutenir l’installation d’un paysan sur leur territoire. Parmi les membres fondateurs de cette Amap, il y avait notamment Jacques Debeaud (notre propriétaire), Laurent Desmytter (l’actuel président de l’association) et Annie-France Pouget (l’actuelle trésorière). L’année suivante est créée l’Amap de Bourbon-Lancy, sur l’initiative de Christian Desmousseaux, qui faisais partie des tous premiers adhérents de celle de Dompierre.

Dès le départ, la constitution des paniers a toujours été effectuée par un binôme (voire un trinôme) de maraîchers. Actuellement, nos partageons les distributions avec Jean-Baptiste Guinot (Jardin de la Gare à Sorbier). Tout aurait du se poursuivre tranquillement de cette façon-là, mais l’histoire récente de notre ÉcoJardin a changé la donne. En 2018, Denis vient rejoindre Fabrice et le GAEC est monté. À ce moment-là, il a fallu envisager un nouveau débouché pour nos légumes et c’est pour cela que nous avons réservé un stand sur le marché de Vichy. Vous le savez, ce stand a rapidement connu beaucoup de succès et nous n’arrivons pas à satisfaire toutes les demandes. Nous nous sommes retrouvés avec 3 temps de vente par semaine : le mercredi pour l’amap de Bourbon-Lancy, le jeudi pour celle de Dompierre et le samedi pour le marché de Vichy. Nous pensons que nous serions plus efficaces dans notre production en nous concentrant sur nos deux principaux débouchés. C’est pourquoi nous disons cette semaine au revoir à l’Amap de Dompierre, qui poursuivra donc sa route sans nous. Pour la partie légumes, Jean-Baptiste pense pouvoir assurer seul la saison haute. Reste à trouver quelques légumes pour l’hiver afin de compléter sa production.

Fabrice et moi-même tenons à remercier le bureau (Laurent, Patricia et Annie-France), les collègues producteurs et les adhérents de l’Amap pour ces dix années de soutien. Sans cette Amap, la commercialisation de nos légumes aurait sans doute été plus difficile lors des premières années du jardin. Nos besoins ont évolué depuis et c’est avec grand regret que nous vous quittons. Nous souhaitons que l’Amap connaisse encore de longues et belles années, pleines de légumes, de produits locaux et d’échanges amicaux. Encore merci !

Denis et Fabrice

PS : Vous trouverez un aperçu des travaux de la semaine dans la galerie :

Toi aussi, arrache des plantes…

(Cliquer pour agrandir) Zone où les épinards ont jauni (serre 2). Peu de racines sortent de la motte. Et celles qui tentent leur chance sont horizontales.

Non, non, rassurez-vous, le blog n’a pas changé de propriétaires… D’accord, le titre de l’article est légèrement provocateur mais on est bien toujours les mêmes : à respecter tant et tant notre sol qu’on n’ose même pas déraciner les adventices qu’on y extrait (sauf quelques exceptions, comme les fameuses potentilles). Mais des fois, cette attitude radicale nous porte préjudice. Par exemple, en n’allant pas étudier les racines des plantes les moins en forme, on se prive d’une clé de lecture simplissime pour comprendre leur manque de vigueur. En arrachant un pied d’épinards jaunis de la serre 2, on constate que les racines partent uniquement horizontalement, et pas verticalement. Comment expliquer ça ? Cette semaine, on a eu une révélation : on ne connait finalement que les premiers centimètres de nos sols. En dessous, c’est une boite noire. C’est Alexandre Barrier-Guillot, le conseiller maraîchage Bio de la FRAB qui nous a aidés à y voir plus clair. Mais que venait-il faire aux Grivauds ? Oui, vous avez raison, commençons par contextualiser son intervention.

Le groupe GIEE Climat en visite aux Grivauds. Au centre, Alexandre Barrier-Guillot, conseille maraîchage biologique de la Frab.

Au sein de la FRAB[1]Fédération Régionale d’Agriculture Biologique, il s’est formé un groupe GIEE[2]Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental autour de la question de l’adaptation des pratiques maraîchères au changement climatique. Composé d’une douzaine de membres, le groupe commence ses activités en venant identifier des problématiques et des solutions sur le terrain. Et comme Fabrice en fait partie, c’est tout naturellement qu’il a proposé de faire visiter les Grivauds pour montrer quelles actions y avaient été mises en place pour limiter l’impact des agressions climatiques sur les cultures (sécheresses, canicules, grêles, tempêtes, etc.). C’est donc dans ce cadre qu’Alexandre se met à creuser des trous dans notre sol à l’aide d’une tarière. L’objectif est triple : étudier l’évolution de la composition du sol en fonction de la profondeur (les différents horizons du sol), détecter la présence de compaction et étudier l’hydratation des différentes couches. Sans surprise, dans les serres 1 et 2, on tombe rapidement sur de l’eau libre (dans les argiles profonds, vers 50 cm) : signe d’hydromorphie. Ça rend le sol peu appétant en profondeur et ça explique pourquoi on y trouve peu de turricules (et donc peu de vers de terre anéciques). Par contre, ce qui est plus surprenant, c’est de découvrir que, passés quelques centimètres bien hydratés, l’hydratation du sol décroît rapidement. Voilà pourquoi les épinards ont des racines horizontales : ils ont été plantés dans un sol qui n’était hydraté qu’en surface : la couche immédiatement en dessous étant sèche, elle s’est comportée comme une semelle, empêchant les racines de passer. Du coup, l’épinard épuise les ressources minérales du premier horizon et devient jaune au bout de 2-3 coupes seulement. Verdict : à la sortie de l’été, après une culture asséchante (comme la tomate), il faut envoyer beaucoup d’eau dans le sol pour le recharger. La tarière nous permettra désormais de vérifier l’homogénéité de l’hydratation du sous-sol.

Cette semaine, un léger vent de folie traverse les Grivauds…

Il ne faudrait pas croire qu’on a passé la semaine à s’extasier sur cette grande révélation, on a aussi fait avancer beaucoup de chantiers ! Ce serait fastidieux de tout lister. Retenons peut-être la mise en place du tunnel nantais pour les carottes, la plantation des choux-fleurs, les premières greffes d’aubergine (vous aurez des photos plus tard, là, on n’est pas très sûrs d’être fiers de ce qu’on a fait…). On fête aussi le retour de deux têtes connues des Grivauds ! Céline, d’abord, qui termine son 4ème stage chez nous et qui nous a beaucoup fait rire tout au long de la semaine. Parce que c’est aussi ça un beau jardin : un lieu où on se sent bien et où on peut laisser libre cours à sa bonne humeur. Bien entendu, on parle aussi plantes sauvages, floraison, itinéraires techniques. Elle profite qu’on a le dos tourné pour faire le mur et aller visiter le verger d’Aurélie Cleenewercke à Saint-Aubin [3]Les Jardins de la Brouette Bleue. Mentionnons ensuite le passage de David, notre collègue des Jardins de Mirloup dans le Morvan. Il est venu discuter, poser quelques questions, passer du temps avec nous et en profite pour filer un coup de main non négligeable (plantation des choux-fleurs et paillage des rhubarbes) ! Merci à tous les deux pour cette belle semaine !

Et à la semaine prochaine !

References

References
1 Fédération Régionale d’Agriculture Biologique
2 Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental
3 Les Jardins de la Brouette Bleue

Sprint de fin d’hiver : la deadline de l’oignon

Il fait moche mais il ne pleut toujours pas ! Donc, on remet en place l’irrigation pour arroser notre semis de carottes avant de les couvrir avec un tunnel nantais.

On est en mars. Si, je vous assure ! C’est pas parce que les températures plongent et qu’on voit plus le soleil depuis trois jours qu’il faut l’oublier : le printemps est inéluctable. Pour nous, il y a un moment où tout s’accélère d’un coup, c’est lorsqu’on commence à planter nos oignons de conservation. Ça a lieu aux alentours du 20 mars. À ce moment-là, on enchaîne sur les semis de petits pois et de fèves et on prépare les premières planches de courgettes et de tomates sous serre. Passé le 20 mars, donc, tous les chantiers annexes sont repoussés à l’hiver suivant. Autant dire qu’on commence à sentir monter l’adrénaline. Car on a encore beaucoup de choses à terminer avant de tourner définitivement la page de l’hiver. Et en particulier, il faut qu’on plante nos arbres le plus vite possible. Et on ne vous parle même pas du paillage des fraisiers, des artichauts, des rhubarbes, etc.

Trop d’herbe a poussé à travers les bâches de choux : qu’à cela ne tienne, on re-bâche !

La serre d’endurcissement est enfin terminée : le sol est bien plat désormais. Reste à changer la bâche des pignons qui part en lambeaux, mais ça n’est pas grand-chose à faire. Le chantier rhubarbe est commencé aussi. De quoi s’agit-il ? Au cours de ces deux dernières années, on a planté deux séries de rhubarbe. À chaque fois, on s’est plus ou moins contentés de pailler la butte et de planter à travers. Mais comme on manque de temps, les rhubarbes se retrouvent en concurrence avec les vivaces qui viennent se réinstaller (potentilles, chardon, chiendent, etc.). Il faut donc réussir à les bâcher par dessus et à ouvrir la bâche précisément à l’endroit où il y a des pieds. Pour les repérer, on a une astuce : on plante un crampillon à côté de chaque rhubarbe avant de pailler. Ensuite, une fois que la bâche est déployée, on repère en tâtonnant la position des crampillons et on ouvre la bâche au cutter. Autre chantier enfin terminé : la désinstallation des choux. En fait, ce qui prend du temps, c’est surtout que si on veut pouvoir récupérer les bâches sans trop les abîmer, alors, il faut se débarrasser des grosses thalles d’herbe qui ont poussé dans chaque trou. Pour cela, on teste une nouvelle technique : on installe des bâches par dessus les bâches enherbées…

Milan et Adeline récoltent des épinards. Devinez qui aura la caisse la plus pleine à la fin de la récolte…

Milan est encore là cette semaine, d’une bonne humeur à toute épreuve, conciliant avec souplesse travail au jardin, vélo et développement web – c’est ça aussi faire du wwoofing, c’est aussi prendre du temps pour soi. Et puis, il y a une autre revenante : Adeline ! Adeline a été wwoofeuse chez nous il y a deux ans et on se souvenait surtout que son séjour avait un goût de «trop-court». Entre-temps, elle été wwoofeuse chez nos collègues de la ferme de Layat, a décidé de se lancer dans une formation en compagnonnage (4 fois 2 mois de stage, tout de même !) et finit par passer un BPREA, tout en continuant à faire du wwoofing dans une grosse ferme maraîchère du Var… C’est dans le cadre de son BPREA qu’Adeline est stagiaire aux Grivauds. Nous, on se sent tout à coup un peu «légers» pour un tel profil mais il faut peu de temps pour qu’elle nous rassure. L’ambiance est tantôt sérieuse, tantôt plus décontractée et le travail avance vite. Milan ose une comparaison entre notre passion pour les plantes et la chasse aux Pokemons. Tout est permis aux Grivauds, même de se moquer des maraîchers !

À la semaine prochaine !

Endurcissement !

Nivellement de la serre d’endurcissement

Cette semaine, ça fait précisément trois ans que j’ai rejoint Fabrice aux Grivauds. Je me souviens du printemps 2018. Je me souviens des plants qui s’accumulaient joyeusement dans la petite pépinière. Il y avait là comme une promesse d’opulence à venir et c’était très stimulant. Mais, en quelques semaines, la situation était devenue plus ou moins hors de contrôle : on n’avait plus de place nulle part. Alors, on stockait nos plants où on pouvait : sur des planches libres de serre, parfois très éloignées de la pépinière, ou carrément dehors, à l’entrée du champ. Arroser les plants relevait d’une invraisemblable gymnastique : il y en avait littéralement partout. Je me souviens d’une caisse de roquettes qu’on avait un peu oubliée dans un coin et qui était tellement développée qu’on aurait pu la récolter directement sans la planter. À la fin de la saison, lors de l’hiver, on a décidé de monter une deuxième serre à plants. Ce serait une serre plus froide que la première, destinée à l’endurcissement. Dans cette nouvelle serre, les plants s’habituent progressivement au froid, à frisonner dans la bise, à anticiper du mieux possible leur plantation dans un sol pas toujours très réchauffé… Faute de temps, on avait limité l’aménagement du sol à la simple pose d’une toile tissée. Malheureusement, on s’est rapidement rendus compte que nos creux et nos bosses posaient quelques problèmes d’homogénéité : s’il y a un trou dans le sol sous une caisse de plants, alors l’air circule et le plant se dessèche rapidement.

À peine posées, les toiles hors-sol sont déjà bien remplies !

Il nous a fallu attendre deux ans pour trouver le temps de terminer le nivellement de cette serre d’endurcissement. Après l’avoir complètement vidée et avoir désinstallé les bâches, on dépose une bonne épaisseur de sable (environ 5 cm) et on remet les bâches. Cette semaine, on a enfin pu commencer à vider notre serre à plants et à profiter de cette belle surface plane. Bon, il nous manquait un peu de sable, mais une simple annonce sur les réseaux sociaux nous a permis d’en récupérer chez Nadja, qui habite entre Diou et Pierrefitte, qui a une petite carrière derrière chez elle. Pratique ! En échange, on lui fait un joli panier de légumes.

Milan est de retour !

À la fin de la semaine, on plante nos navets et nos choux de printemps. À la manœuvre, un certain Milan… Milan ? Mais si, vous connaissez : il a été wwoofeur chez nous en 2018 ! Figurez-vous que, par la suite, il a été vendeur de fruits et légumes chez un primeur parisien. On parle de son expérience de la vente, de la relation avec les clients, de jardinage. Et aussi de vélo et de cuisine. Dans le même temps, notre agenda de petites mains se remplit à une vitesse infernale : il n’y a déjà plus de places avant la fin du mois d’août ! Du jamais vu en février !

Avec notre nouvelle technique de semis, les carottes ne sont plus gênées par la paille !

Un petit mot pour vous parler de la levée de nos carottes semées en serre 7. Il y a deux semaines, on vous avait expliqué (dans la galerie de cet article) qu’on était en train de changer de technique pour nos semis de carottes. Maintenant qu’on les voit lever, on est assez convaincus de l’efficacité de cette nouvelle technique ! Si tout se passe bien, cette planche donnera en début d’été (juin) et elle devrait être très très bien remplie !

À la semaine prochaine !

Il y a des arbres dans notre champ !

Haies fruitières aux Grivauds : c’est parti !

Erza miaule. Je n’avais jamais entendu le son de sa voix jusqu’à présent. Elle trottine à notre rencontre pour réclamer un câlin. Mais, malheureusement, ça n’est pas le moment : Fabrice est en train de planter des arbres fraîchement greffés, particulièrement fragiles, et rien ne doit venir le déconcentrer et lui faire faire un faux geste. Ça y est, on peut le dire, l’un de nos plus anciens projets commencent enfin à prendre forme : on plante nos haies fruitières ! Tout va tellement vite ! Il y a une semaine, c’était l’hiver et il gelait à pierre fendre. Et cette semaine, on travaille en tee-shirt… Les planches de nos haies fruitières ont été paillées dans la semaine (merci Charly !). Fabrice ouvre la paille, il creuse un petit trou (pas plus profond que son fer de bêche), plante son arbre et place une grande collerette de jute autour. Plus tard, on viendra installer les gouttes-à-gouttes et on ajoutera une bonne épaisseur de BRF. Pour cette première fournée, il y a des pruniers, des pêchers et des kakis.

Difficile de rester concentrés sur le travail tant le jardin se métamorphose de jour en jour. Le printemps est littéralement explosif cette année : tout arrive en même temps ! Fabrice en profite pour lancer une petite initiative : il compte rédiger régulièrement une rubrique qui décrirait la vie sauvage du jardin. Voici donc la première édition de cet «écho du jardin» :

L’écho du Jardin (par Fabrice)

Après ce coup de froid bref et intense la nature se réveille ! Déjà en début de mois nous avions remarqué les balbutiements du printemps, quelques timides retours d’oiseaux migrateurs, des floraisons précoces et des changements d’état de certains bourgeons d’arbres. Mais cette semaine tout s’est accéléré. On sent poindre le printemps avec des retours massifs d’espèces d’oiseaux migrateurs tels les majestueux milans royaux qui nous survolent par petits groupes dès le début de matinée, quelques jolis vols de pigeons ramiers, un magnifique passage d’au moins 400 vanneaux huppés et de nombreuses autres espèces comme les tarins des aulnes, les bergeronnettes grises, les grives musiciennes et litornes qui font une halte aux Grivauds sur leur trajet ! Tiens, grives, Grivauds, y aurait-il un lien ? Certainement un lieu très fréquenté jadis par ces magnifiques oiseaux !

Papillon citron

Et lorsque l’on tend l’oreille le matin, la petite alouette lulu nous gratifie de son joli chant et de ses parades, les mésanges bleues et charbonnières s’affairent déjà près des nichoirs fraîchement posés et chantent à tue-tête, le bruant zizi se perche au sommet des plus hauts arbres pour montrer à ses congénères que le territoire est occupé. Et cette semaine nous entendons le premier chant du pinson des arbres, du verdier d’Europe, du pouillot véloce (surnommé le compteur d’écus) et du merle noir. Chez les insectes on sent aussi que la température douce de ces derniers jours les a fait sortir de leurs abris, nous apercevons notre première abeille charpentière, les abeilles domestiques sont de sortie, et le papillon citron nous survole et vient se poser sur le buis pour attirer notre attention et se faire immortaliser par Denis !

Véronique de Perse

Les floraisons se font moins timides, ce sont surtout les véroniques de Perse et les cardamines hirsutes qui exposent leur petits pétales fragiles et gracieux.

Les premières nuées de pollen des ifs se détachent des fleurs avec le vent et donnent l’impression d’un nuage de fumée, les bourgeons des pruniers et des pêchers se développent très rapidement ne laissant que peu de répit à mon programme de greffage. Il faut se hâter, il fait déjà trop chaud !

Pierre-Yves (Ferme Joca) et Charly déchargent le compost.

Lundi, on récupère du compost chez Pierre-Yves (Ferme Joca), notre collègue Pierrefittois. Mardi matin, autre grand moment, Bob et Quenelle se font parer (on leur retire une partie de leurs sabots). Pour Quenelle, ça faisait un certain temps que cette opération était devenue problématique : elle ne se laissait vraiment pas faire et le maréchal-ferrant n’arrivait pas à remettre les sabots en état. Cette fois-ci, on a fait venir une vétérinaire équine pour la tranquilliser. Pendant les jours qui ont suivi, on les a maintenu parqués pour que Quenelle ne marche pas trop et qu’on puisse continuer à lui donner un anti-inflammatoire, le temps de la cicatrisation. On admire la vitesse de son rétablissement, la beauté de son port et de sa démarche. On se sent fiers d’elle. Toujours mardi, on fait rentrer 4 tonnes de sable pour niveler notre serre d’endurcissement. Mercredi, on remet en eau notre circuit d’irrigation. On rencontre deux nouveaux soucis. D’abord, une de nos pompes (la plus vieille) décède lamentablement au cours de l’opération de ré-amorçage. On estime qu’on perd environ un tiers de notre capacité d’irrigation. Il faudra s’y faire : nos capacités d’investissement sont trop faibles en cette période pour acheter une nouvelle pompe. Ensuite, la vanne d’arrivée d’eau pour nos serres 1 à 4 s’est fendue au cours de la dernière gelée… On perd encore deux jours avant de réussir à la remplacer. Fin de semaine en beauté : vendredi on récolte plus de 30kg d’épinards pour le marché de Vichy…

Voilà, normalement, tout est en place pour le printemps : on a de la paille, du compost, du BRF, du sable, les ânes sont parés et notre station de pompage fonctionne ! Yapluka…

À la semaine prochaine !

Coup de froid, coup de frein

Une météo sombre et froide : rien de tel qu’une bonne taille de haie pour se réchauffer !

Les choses ne se passent pas toujours comme prévu… Quand on planifie une culture, on s’appuie sur des données moyennes, en terme d’ensoleillement, de températures. La tendance actuelle, c’est plutôt d’avoir des hivers doux. Alors on sème du radis en janvier, nos plants de choux semés en décembre sont repiquables mi-février et un simple P17 suffit à protéger nos petits pois. Sauf que, cette année, on fait face à une météo qui nous complique la tâche. D’abord, on a traversé une période sans soleil de plusieurs semaines de suite, ce qui est relativement inédit. À cette période, la lumière, ça change tout ! C’est plus de 10°C de différence sous serre ! Par exemple, ce matin, sous le soleil, à 11h, il faisait -1°C dehors et 11°C sous serre ! Sans soleil, les serres ne jouent pas leur rôle et tout pousse très lentement. Du coup, les plants prennent du retard par rapport aux années passées et il va falloir qu’on décale certaines de nos plantations de fin février. Mais il y a plus grave…

Des radis gelés ? On ne savait même pas que c’était possible ! (Cliquer pour agrandir)

Sous les nuages, on échappe aux gelées matinales et nos jeunes plants ne s’endurcissent pas. Du coup, lorsqu’il gèle enfin, c’est très brutal pour nos plantations, qui ne sont pas vraiment habituées au froid. Moralité, nos semis de radis ont gelé (oui, gelé !) ainsi que de nombreux plants de petits pois. Heureusement, il nous reste du plant de petits pois en motte mais pour les premiers radis de la saison, c’est cuit ! Il faut dire que la gelée de la nuit de vendredi à samedi n’a pas été timide : quasiment -10°C. Une des nuits les plus froides que j’ai connues depuis mon arrivée aux Grivauds.

-9°C en serre 2 à 8h30

Jeudi, tous les sites de météo sont unanimes : il va neiger vendredi et il y aura du verglas sur la route samedi. Dans la journée, on nous place en alerte orange. Bigre ! On décide de ne pas prendre de risque, on annule notre venue sur le marché de Vichy et on arrête de récolter. Bon, finalement, il n’a quasiment pas neigé (quelques flocons) et les routes étaient praticables (en tout cas autour de Pierrefitte). On se sent un peu bêtes mais au moins on profite d’une matinée sèche et lumineuse pour nettoyer les abords de notre plan d’eau.

Au final, on a l’impression d’avoir traversé une drôle de semaine, très chaotique et assez peu productive. Charly, de retour chez nous pour la troisième fois, en a profité pour faire avancer son rapport de stage. On désherbe mollement nos fraisiers, on prépare une nouvelle planche en serre 5, on papote longuement autour d’une tisane à la pause de 10h30… Ne vous inquiétez pas, la semaine prochaine, on aura plein de choses à vous raconter, c’est promis ! À commencer par le parage de Bob et Quenelle prévu pour mardi. N’hésitez pas à leur envoyer des mots d’encouragement, on leur transmettra.

À la semaine prochaine !