Ces paillages qui nous rapportent du blé

Des poireaux d’été qui mériteraient un petit «débléïage».

La sécheresse s’installe. Si ses effets ne se font pas encore sentir sur la végétation, vous êtes en droit de penser que le cerveau de votre serviteur a déjà pris un coup de chaud et que ça justifie un certain relâchement dans la titraille. N’empêche, derrière le bon mot, il y a tout de même une certaine dose de (bon) sens. Mais revenons d’abord en arrière. Souvenez-vous, pour la nouvelle année, nous avions pris la résolution de réussir nos poireaux ; parmi les pistes d’amélioration, nous avions évoqué l’enherbement. On s’était promis d’installer nos poireaux sur des planches débarrassées de vivaces. Pour cela, nous avons réalisé de longues occultations (jusqu’à 6 mois) avec de la toile tissée, puis nous avons paillé les sols ainsi nettoyés. La paille, vous le savez, permet d’empêcher la levée des adventices annuelles (les «mauvaises» herbes). Dès lors, on pensait pouvoir se passer de désherbage cet été pour la plupart de nos cultures ! Malheureusement, c’était sans compter sur le fait que notre paille contenait beaucoup de grains… Pour chaque planche, c’est le même scénario : on paille, on plante, on arrose et quelques jours après on vient tirer le blé qui germe partout. Lorsqu’on est débordés (comme c’est un peu le cas actuellement), le blé grandit, tale et devient difficile à désinstaller. Par endroit, c’est tellement dense qu’on pourrait presque en faire un engrais vert.

En serre 4, stupéfiant redémarrage des concombres ! Comparez les feuilles de bas et celles du haut !

À la sortie du printemps, on avait regretté certains de nos paillages en plein champ, un peu trop précoces : la paille avait freiné le réchauffement du sol et nos cultures s’étaient mises à végéter. Depuis que les températures passent régulièrement la barre des 30°C, la paille prend tout son sens : elle permet de réduire les excès de température au niveau du sol et limite l’évaporation. Mieux encore : depuis cette année, on arrose systématiquement nos sols avant de les pailler, ce qui permet d’«enfermer» de l’eau sous la paille, qui sera immédiatement disponible pour les jeunes plantes. Alors c’est vrai qu’on a des cultures qui démarrent plus lentement qu’ailleurs (comme les céleris raves par exemple) mais on peut espérer qu’inversement nos sols restent chauds plus longtemps et que les légumes continuent à se développer en arrière saison. Dans nos serres, les effets conjugués des paillages de couleurs claires (paille de blé et toile de chanvre) et du blanchiment des bâches permettent de bien maîtriser la montée en température. Les concombres et les aubergines prennent une ampleur inédite ! Et pour la première année, on peut y travailler sans suffoquer sous serre après 10h du matin, alors que le soleil est déjà haut dans le ciel.

Alice et Cécile mettent en claie les oignons de printemps pour séchage.

Et ça tombe bien parce que nos petites mains de la semaine ont toutes les deux du sang breton dans les veines et qu’on n’aimerait pas les voir tourner de l’œil en récoltant du persil… Précaution inutile d’ailleurs car, de la vaillance, Cécile et Alice en ont à revendre ! Il faut les voir pailler la planche des poireaux d’hiver par un joli 33°C à l’ombre. Et elles ont eu le courage de se lever avant 5h00 du matin pour accompagner Fabrice sur le marché de Vichy ! Présentons-les brièvement, on aura l’occasion de faire plus amplement connaissance car elles vont rester plusieurs semaines aux Grivauds. Cécile est une ergothérapeute en rupture avec son métier depuis quelques temps. Elle pique des cailloux un peu partout pour monter un grand cairn devant sa tente, dans le verger. Elle n’en est pas à son premier wwoofing et ça se sent ; elle est rapidement à l’aise chez nous ! De son côté, Alice est une étudiante en agronomie qui fait un stage d’immersion aux Grivauds pendant 4 semaines. «Qu’est-ce que tu aimes dans l’agronomie, Alice ? – L’halieutique». Allons bon ! On se gratte la tête en se demandant comment on va l’intéresser dans notre jardin. On a bien pensé à déguiser Mi-Roux en poisson mais il y a des chances que la supercherie soit vite dévoilée… En plus de leur curiosité et de leur vivacité, Alice et Cécile nous font sans cesse rire et ça, c’est très précieux !

À la semaine prochaine !

Et si, pour une fois, on avait une saison facile ?

Les courges commencent à courir dans tous les sens : c’est bon signe ! Pour l’instant, pas de grêle en vue : on devrait avoir une belle récolte cette année !

Depuis la création du GAEC, on peut dire que la météo a plus souvent été vécue comme une contrainte que comme un atout. En 2018, on a enchaîné un printemps très sombre avec un été très chaud et sec. En 2019, on a cumulé sécheresse, grêle et canicules. Mais cette année, à part un épisode un peu sec au printemps, on peut dire qu’on ne vit rien de particulièrement excessif. Du coup, tout pousse tranquillement et les légumes d’été arrivent en temps et en heure. On a déjà des concombres depuis deux semaines, on récolte quelques aubergines depuis la semaine dernière et on fait nos premières ventes de tomates cette semaine, à l’Amap de Bourbon-Lancy et sur le marché de Vichy. Les pieds de poivrons sont chargés de fruits, qu’on vendra principalement colorés (donc plutôt en août). Côté plein champ, tout ce qui a été installé démarre sans trop de peine : les poireaux, les betteraves, les céleris, les carottes, les panais, les courges, etc. Comme tous les ans, on a quelques mauvaises surprises (notamment certains plants de pommes de terre dont les germes pourrissent sous la paille) mais dans l’ensemble, on est plutôt bien partis pour faire une belle saison ! Évidemment, on ne vend pas la peau de l’ours et on se souvient que l’année dernière, la grêle du 6 juillet avait considérablement douché notre enthousiasme… S’il fallait nuancer mon propos, je dirais tout de même que la saison est plutôt sèche et qu’on sent que certaines cultures (comme les betteraves) sont déjà très dépendantes de nos aspersions. Mais avec notre nouvelle station de pompage, on peut lancer plusieurs lignes en même temps et du coup on est beaucoup moins débordés qu’auparavant.

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu des aubergines autant en forme aux Grivauds !

Les années passées avaient aussi été marquées par un parasitisme croissant des cultures. On se souvient de l’invasion d’altises sur les choux et les navets l’année dernière, de la pression croissante des acariens sous serre, des attaques de charançons dans les collets des betteraves, etc. Cette année, il faut faire face aux pucerons (toujours très actifs, notamment dans les tomates) mais pour le reste, c’est plutôt sous contrôle. On continue à cacher scrupuleusement nos choux mais à part quelques piérides, rien de bien préoccupant. En serre, la combinaison des acariens prédateurs, du bassinage et du blanchiment permet à nos cultures d’été de se développer (presque) normalement.

Delphine et François à la récolte des pommes de terre

Cette semaine, on reçoit Delphine et François, deux stagiaires en fin de formation, quasiment prêts à s’installer. On travaille avec eux ce qu’ils n’ont pas vu ailleurs : les paillages, les récoltes d’été, le conditionnement, etc. Et on profite de désherbages de carottes pour réviser les annuelles : amarantes, chénopodes, digitaire, pourpier, etc. Nicolas, arrivé la semaine dernière, termine son deuxième séjour chez nous. Quelque chose nous dit qu’on le reverra une troisième fois cette année… Lors d’un entretien d’inscription à un BPREA de maraîchage, un responsable de la formation lui a demandé de faire deux semaines «en immersion» et que le wwoofing, c’était plutôt des vacances à la ferme. C’est mal connaître Nicolas ! Rarement on a accueilli un wwoofeur autant intégré à nos routines et autant capable d’initiatives ! Merci à tous les trois pour cette semaine d’échanges, qui fut l’occasion pour chacun d’un beau remue-méninges…

À la semaine prochaine !

De retour à Vichy !

De petit matin, à Vichy, on est prêts pour retrouver nos clients !

Ça y est, on est enfin retournés sur le marché de Vichy ! Et même si on n’a pas réussi à vendre tous nos légumes, on estime le bilan plutôt positif : nos clients nous ont chaleureusement accueillis et notre recette du jour est finalement supérieure à celle de l’année dernière à la même date. Remontons un peu dans le temps : on a quitté le marché de Vichy mi-mars, au moment du confinement. La raison en était très prosaïque : notre camion était en panne et nous ne pouvions plus convoyer nos légumes sur de grandes distances. Nous avons récupéré notre camion réparé mi-mai, ce qui coïncidait avec la reprise des Amaps. Or, à cette date, notre production est à peine supérieure à nos besoins pour constituer les paniers. Ce qui explique pourquoi nous avons préféré tenir encore une paire de fois notre stand à Pierrefitte au lieu de faire le grand saut. Maintenant, notre gamme s’étoffe et les volumes produits nous permettent de retourner à Vichy. Profitons de cet événement pour vous expliquer comment nous concevons notre commercialisation.

Loïc, l’un de nos wwoofeurs de la semaine, fier de son fenouil !

Avant tout, il y a trois choses à bien intégrer. Premièrement, notre production n’est pas constante et dépend d’une certaine saisonnalité. Il y a des moments où nous avons beaucoup de légumes (de fin-juillet à novembre) et des moments où nous en avons peu (d’avril à juin). Nous ne distribuons pas de paniers entre fin mars et début mai. À ce moment-là, nous avons essentiellement des légumes feuilles (salades, épinards, blettes) et des radis. Nous vendons donc toute notre production sur le marché. À partir de la reprise des Amaps, presque toute la récolte sert à constituer les paniers. Deuxièmement, Vichy, c’est loin. Et il y a beaucoup de clients. Hors de question de plier boutique à 10h00. Alors, on essaie d’y aller seulement quand on est sûrs d’avoir beaucoup de marchandises. Quitte à n’y aller que tous les 15 jours. Troisièmement, préparer une vente, ça prend du temps. Il faut décider de ce qu’on va vendre et en quelle quantité. Puis récolter, laver et conditionner. Par souci d’efficacité, on essaie de concentrer de plus en plus nos temps de ventes, afin de pouvoir mieux se consacrer à notre production. C’est pour cela que nous organisons de moins en moins souvent de vente à la ferme. Notre collègue Pierre-Yves, de la ferme Joca, est amené à prendre le relai pour la vente de légumes localement. Ça nous rassure : les Pierrefittois ne resteront pas sans légumes !

Une grosse récolte de petits pois et une grosse récolte de courgettes, par Loïc, Nicolas et Lili.

Cette semaine, on a bien senti la première offensive estivale : on a piqué quelques belles suées en désherbant les panais ou en palissant les tomates ! Les températures matinales sont en forte hausse et nos cultures en profitent à plein : les concombres commencent à produire, on récolte quelques aubergines et les tomates tournent massivement. Dans nos champs, encore pas mal de petites mains cette semaine ! D’abord, il y a Loïc, un assistant social qui vient faire du wwoofing chez nous pour apprendre un peu de jardinage et pour sortir un peu la tête d’un quotidien pas toujours rigolo. Loïc est un grand amateur de Samba ; on a chanté du Chico Buarque en palissant les tomates et on pense que ça va avoir une influence décisive sur leur maturation. Ensuite, il y a le retour de Nicolas, qui avait été notre wwoofeur au tout début du confinement (mars). Il revient pour voir comment le jardin a progressé. Après avoir été visiter une autre ferme pendant 5 semaines, il a désormais les idées plus claires sur la suite des choses : ce sera un BPREA et une installation en maraîchage près de Paris. Enfin, il y a Lili, qui termine son tout dernier stage chez nous. On est tristes de la quitter mais on se console en se disant qu’on a gagné une nouvelle collègue et que le réseau s’agrandit ! On lui souhaite évidemment plein de bonnes choses pour sa future installation !

On cache nos butternuts pour les protéger de la grêle, qui finalement n’aura pas lieu.

La semaine se termine sur la menace d’un orage accompagné de grêle. Cette fois-ci, on prend les devants et on couvre avec du Climatex (filet anti-insecte) toutes les cultures qu’on avait perdues l’année dernière : salades, courgettes, blettes et butternuts. Finalement, il n’est tombé que quelques gouttes d’eau dans la nuit, à peine de quoi marquer le pluviomètre. Comme le dit un collègue sur le marché de Vichy : «c’est si vous n’aviez rien couvert que vous auriez pris des cailloux». Peut-être, mais en attendant, on aurait bien apprécié un peu d’eau…

À la semaine prochaine !

PS : Zozo, notre lapin papillon, est mort aujourd’hui. On avait pris l’habitude de lui réserver nos fanes de radis, nos pluches de carottes, nos plus beaux pissenlits, etc. C’est encore une mascotte des Grivauds qui s’éteint avec lui…

Ce que nous devons à Maxime

Maxime n’est plus là et on se sent tout désorientés ! Il est parti vendredi, à la fin de son contrat de saisonnier, après deux mois de travail chez nous. C’est la première fois depuis la création du GAEC en 2018 que nous gardons quelqu’un aussi longtemps. Il n’a pas fallu longtemps pour que Maxime trouve sa place au sein de nos routines – c’est lui qui récolte les courgettes et les concombres par exemple – et qu’il soit parfaitement à l’aise avec nos tâches les plus délicates (paillage, plantation ou taille des tomates). On lui doit d’avoir rattrapé notre retard dans les plantations de légumes sous serre (tomates, aubergines, concombres, etc.) et d’implantation des légumes d’hiver en plein champ. Mais Maxime, c’était bien plus qu’un simple ouvrier ! Il partageait bon nombre de nos marottes : le MSV, les plantes sauvages, les insectes, la santé des plantes, etc. Le genre à voir un insecte ailé se poser sur mon tee-shirt et à s’exclamer «Oh ! Un clairon des ruches !». Maxime nous a forcé à approfondir notre façon de nous documenter en y apportant une petite touche high-tech. Face à une nouvelle plante ou un nouvel insecte, il dégaine son téléphone, prend une photo et tente une identification. Souvent, ça marche. Et c’est quand même plus rapide que d’aller farfouiller dans nos bouquins poussiéreux.

Cétoine dorée. L’entomologie, une passion que nous avons partagée avec Maxime.

Maxime profitait de son temps libre pour compléter ses connaissances en regardant des vidéos et en participant à des forums en ligne (notamment les groupes Facebook consacrés au MSV). Lorsqu’il le jugeait pertinent, il nous montrait ce qui se passait ailleurs. «Regardez comment ceux-là plantent les salades à travers la paille…» Rigoureux et exigeant, Maxime se disait insatisfait de ces forums un peu fourre-tout et a décidé de créer son propre groupe sur Facebook : ITK Maraichage sur sol vivant. Il y a des choses qu’on a apprises en même temps que lui, comme de se servir du logiciel Qrop par exemple (tiens, je vous en parlerai un jour, d’ailleurs !). Maxime, pour tout ce que tu nous as apporté au cours de ces deux mois, encore merci !

Blanchiment des serres 4 et 5 : on est prêts pour le premier coup de chaud de la saison

C’était aussi très chouette de voir travailler ensemble Maxime et Yoann, notre wwoofeur du moment, car ils partagent tous les deux de nombreuses préoccupations. Yoann nous quitte lui aussi cette semaine et ça participe à ce sentiment de la fin d’un cycle, avant le début d’autre chose. Autre chose ? Et si c’était l’arrivée de l’été, tout simplement ? On nous prévoit des 30°C la semaine prochaine, ce qui n’était pas encore arrivé cette année. Du coup, on dégaine notre argile calciné (Sokalciarbo) et on commence à blanchir les serres. Pour l’instant, ce sont les serres 4 et 5 qui y passent, car ce sont les plus exposées et qu’elles contiennent des cultures très sensibles aux acariens (et, souvenez-vous, les acariens tétranyques tisserands adorent les fortes chaleurs). Les concombres commencent à produire, les aubergines prennent leur envol et les tomates tournent. Quand on vous dit que l’été n’est pas loin !

À la semaine prochaine !

On a mangé des tomates !

On travaille en serre habillés comme en mars mais on mange déjà nos premières tomates. Allez comprendre !

Avec Fabrice, on assume d’être des puristes en la matière : on ne mange aucun légume hors-saison. Du coup, pas de tomate entre fin-novembre (en gros) et mi-juin. Ce qui fait que l’arrivée d’une tomate mûre dans nos serres est un véritable évènement pour nous ! C’est la récompense du marathon printanier de plantation des légumes d’été, dont nous sortons à peine. L’année dernière, il nous a fallu attendre la première semaine de juillet. Cette année, on a mangé 3 tomates le 11 juin, ce qui constitue un petit record ici ! Comme toujours, ce sont les tomates de la variété Previa qui arrivent en premier, et pour cause, c’est une variété hybride qu’on choisit un peu pour cela. Et aussi parce que c’est une tomate rouge et ferme, de calibre moyen, et que nos tomates anciennes sont plutôt grosses et souples (pour ne pas dire juteuses). Et ajoutons un détail qui a toute son importance : elle est bonne ! D’ailleurs, citons Yoann, notre wwoofeur : «Pour une première tomate, c’est plutôt prometteur».

Paillage des carottes avec Yoann

Car oui ! Nous recevons de nouveau des wwoofeurs ! Yoann est donc le premier depuis le déconfinement. Son profil est plutôt intimidant, car c’est tout simplement … déjà un maraîcher ! Il a exercé à son compte pendant deux ans avant de faire un break. Même s’il dit sortir de cette expérience très fatigué, il a plutôt bien mené sa barque malgré des conditions pas toujours faciles (terrain en pente par exemple). Il est déjà très à l’aise avec toutes nos tâches, et pour cause ! On compare avec lui certaines de nos techniques, nos variétés, nos goûts en matière de maraîchage. Lili est là en début de semaine et en ajoutant l’inépuisable Maxime, on en arrive à être 5 dans le champ en même temps ! Du coup, tout avance à toute vitesse : on plante 55 m de pommes de terre, on sème 55 m de carottes, on plante nos derniers céleris-raves (enfin !), des salades et des fenouils. On palisse les tomates et on trouve même le temps de faire quelques désherbage en plein champ (oignons, salades et poireaux) et en serre (poivrons).

Vendredi, on a du vider plusieurs fois le pluviomètre !

Vendredi, il pleut à seau ! En 24h, on prend plus de 60 mm, ce qui équivaut pratiquement à la pluviométrie mensuelle. Le lendemain matin, le bas du champ est un peu saturé (quelques flaques) mais l’eau est très vite absorbée. On en profite pour installer nos bâches à choux et, pour couronner une semaine bien chargée, on plante une centaine de choux de Bruxelles ! Bref, encore une semaine où on ne s’est pas tourné les pouces !

À la semaine prochaine !

Ce monde caché sous les feuilles

Surpopulation de pucerons dans les fèves

Pour ceux qui entretiennent un petit bout de jardin, le sujet de plainte du moment, c’est le puceron. Il y en a beaucoup cette année, ils se sont installés très tôt et les coccinelles peinent parfois à les contrôler. On en a déjà fait le sujet d’un article de printemps où on fêtait l’arrivée des « bêtes à bon dieu » dans nos cultures. Deux mois plus tard, la situation reste très tendue pour nous, notamment dans les concombres et les fèves, où les ravages sont très importants. On croise parfois des larves de coccinelles mais jamais là où on les attend (au milieu des choux de l’année dernière par exemple). Dans nos serres, les larves de syrphes semblent mener la lutte en solitaires mais sont clairement insuffisantes. En lisant la note éditée par la chambre d’agriculture sur le parasitisme dans les productions légumières, on voit que le problème est généralisé. Ça ne nous rassure pas mais, au moins, on se sent moins seuls. Dans la galerie de photos, vous verrez que certaines de nos cultures ont réussi à surmonter leur parasitisme et poursuivent leur croissance (les melons et les aubergines notamment).

Une chlorose prononcée due aux acariens Tétranyques tisserands.

Cette année, on est aussi très vigilants concernant une autre catégorie de parasites : les acariens. Ceux qui nous préoccupent s’appellent «tétranyques tisserands» ou aussi «araignées rouges». Ces minuscules arachnides phytophages avaient réussi, l’année dernière, à nous décimer nos haricots à rame, à nanifier nos aubergines et à rendre invendables nos concombres. Là encore, vous avez déjà eu droit à un article sur le sujet. Cette année, on a détecté très vite les premières attaques et on a décidé de prendre les devants en introduisant dans notre écosystème des auxiliaires pour les contrôler. Il s’agit en fait d’acariens prédateurs, qui se nourrissent … de tétranyques tisserands (ça tombe bien). Ceux-là s’appellent Phytoseiulus persimilis et Amblyseius californicus. Comme ça, si vous les croisez dans nos cultures, vous pourrez les appeler par leurs petits noms. Les californicus, on les a déposés en avril à titre préventif (ils peuvent jeûner). Les persimilis, on les a apportés en trois fois, tout au long du printemps, notamment sur les foyers d’infestation. Pour l’instant, c’est difficile de quantifier l’efficacité de nos interventions mais on ne pourra pas dire qu’on ne s’est pas donné tous les moyens de réduire la pression parasitaire. Par ailleurs, on bassine régulièrement les serres infestées pour favoriser les persimilis (qui aiment l’eau) et défavoriser les tétranyques (qui détestent l’eau). Et on se prépare à blanchir nos serres, pour réduire la température en plein été (les tétranyques ont un cycle accéléré en période de fortes températures).

On a passé un peu de temps avec une loupe à la main pour essayer de se rendre compte de la lutte biologique en cours. On sait que les persimilis sont plus rouges que leurs proies et que leurs œufs sont roses (alors que ceux des tétranyques sont blanc crème). Finalement, ce sera le mode macro de notre appareil photo qui nous permettra de voir un peu ce qui se passe. Vous trouverez de nombreux clichés de dessous de feuilles dans la galerie ci-dessous. On arrive parfois à décrire ce qu’on voit, parfois non. Dans tous les cas, on aperçoit une vie incroyable, souvent insoupçonnable.

«Bon, mais, me direz-vous, vous n’avez pas passé toute la semaine à regarder sous vos feuilles ?» Non, certes, et vous retrouverez quelques uns de nos chantiers de la semaine dans la galerie.

À la semaine prochaine !

On ne va pas vous raconter des salades !

Salades plantées fin-mars : quasiment aucune croissance en 2 mois !

La salade, aux Grivauds, c’est un peu un truc dont on est fiers. On en cultive en toute saison, en variant les formes et les couleurs. On les plante par centaines, toutes les deux semaines, même en hiver. C’est rare qu’on rate une série et nos rendements sont de plus en plus élevés, surtout pour les séries de printemps sous serre et les séries d’été en plein champ. Comment se fait-il que nous n’ayons pas de salades en ce moment ? Comment expliquer que nous n’ayons encore récolté aucune salade en plein champ ? L’année dernière à cette date, la salade, c’était quasiment la seule chose qui poussait dans notre champ. Cette année, tout le reste a démarré : pois, fèves, choux, blettes. Mais pas les salades. Comment expliquer un tel mystère ?

Dernières séries de printemps en plein champ (plantations de fin avril à mi-mai) ; ça démarre à peine !

Pour le comprendre, il faut se souvenir de notre façon d’implanter nos légumes. On procède généralement ainsi : on choisit une planche propre, on la recouvre de paille et on plante à travers. L’année dernière, c’était de cette façon qu’on avait implanté presque tous nos légumes au printemps, sauf … les salades ! La première plantation a eu lieu sur une planche où on a estimé qu’il restait suffisamment de paille de l’année passée pour ne pas en remettre une couche. Ce qui fait qu’au lieu de recevoir 15 cm de paille neuve, le sol n’avait été couvert que d’une fine couche de paille déjà passablement dégradée. Cette année, ce sont les fèves et les pois qui n’ont pas reçu de paille. Et les choux et les blettes sont cultivés sur bâche. Tout le reste a été installé sous serre (fenouils, betteraves, choux-fleurs, etc.). Vous me voyez venir, on a visiblement un problème avec les cultures sous paille au printemps.

Les pois mangetout n’ont pas été paillés cette année et … ça marche !

La paille, vous l’avez bien compris, est notre principal amendement aux Grivauds. Elle sert à la fois de couverture et de nourriture pour le sol. Cet apport de matière carbonée élève le taux d’humus des sols et permet aux vers de terre de proliférer. C’est un élément clé de la fertilité de notre jardin. Ajoutons qu’elle limite l’évaporation et qu’elle contribue à faire baisser la température autour des plantes, ce qui est appréciable en été ! Elle a néanmoins un défaut : elle ralentit le réchauffement des sols ! On s’en était déjà rendu compte et on savait qu’en matière de précocité, on est toujours en retard sur les collègues. Mais il y a pire : il y a des légumes qui ne démarreront pas du tout s’ils gardent les pieds dans le froid trop longtemps. C’est le cas des choux, des navets, des épinards et donc … des salades. Tout ça, ça n’est pas nouveau pour nous et c’est pour cela qu’on a investi dans deux nouvelles serres afin de mieux gérer l’intersaison. Ce qu’on découvre cette année, c’est qu’un paillage en plein champ peut être contre-productif jusqu’à début mai ! Cette leçon vaut bien une salade sans doute…

Pour ce qui est du résumé des chantiers de la semaine, vous trouverez ça dans la galerie. Par contre, j’aimerai partager une nouvelle plus triste avant qu’on se quitte. Je voulais vous annoncer la mort de Crevette, une de nos petites chattes de l’année dernière, écrasée sur la route. Crevette reçoit une petite sépulture dans notre jardin, au même titre que Vasco et Sigismonde, autres de nos mascottes que nous n’oublions pas. Histoire de finir de nous briser le cœur, j’ai découvert une autre victime sur la route en venant aux Grivauds ce matin : un magnifique hérisson. En cette période de dé-confinement, j’en appelle à la vigilance de tout un chacun ; roulons prudemment, surtout la nuit. Merci pour nos animaux domestiques et merci pour la faune sauvage.

À la semaine prochaine !

Plantation des courges : c’est parti !

Une courge en pleine forme sous sa cagette.

Au cours d’une année de maraîchage, il y a un certain nombre de gros «chantiers» de plantation, qui peuvent représenter plusieurs jours de travail : les oignons (mars), les tomates (avril), les courges (mai) et les choux (juin). Ça surprendra peut-être quelques uns d’entre vous que nos courges nous prennent autant de temps à planter. Il y a plusieurs raisons à ça. D’abord, il faut savoir qu’on en plante beaucoup : environ 500 plants, soit à peine moins que notre nombre de pieds de tomates ! Ensuite, c’est une culture qui demande beaucoup de place ! Chez nous, c’est quasiment 4 buttes complètes. On sacrifie aussi une butte, côté Est, pour que les courges «coureuses» puissent gambader à l’aise. Ce sont donc 5 buttes qu’il nous faut bâcher. Sans oublier les goutte-à-goutte. Enfin, la dernière raison tient à notre itinéraire technique. On fait le choix de planter nos courges soit sur une prairie (c’était le cas l’année dernière), soit après un engrais vert. Cette année, on a choisi des planches un peu «sales», avec beaucoup de vivaces (potentilles et renoncules, notamment) et on y a semé un mélange de ray-grass et de trèfle. Bon, le trèfle s’est fait dévorer par les limaces mais on a eu pas mal de ray-grass. On a broyé la végétation ainsi produite et on a posé les bâches par dessus. Donc, nos plantoirs doivent fréquemment creuser dans de la racine de graminée, ce qui n’est jamais simple ! Voilà pourquoi c’est long !

Le retour de Jean !

Cette semaine, on y a déjà consacré trois journées. Comme le soleil est déjà très vigoureux, on protège la plantation avec des cagettes (oui, les mêmes qu’on utilise sur les choux). Cagettes qui seront retirées en début de semaine prochaine lorsque les plants auront repris et que leur transpiration les protégera des brûlures. Il sera alors temps de planter la deuxième moitié des courges… Côté variétés, on a repris quasiment à l’identique notre gamme de l’année dernière : Potimarron, Butternut, Blue Ballet, Carat, Buttercup, Patidou, Sucrine et Tromba. À la manœuvre, pour ce début de chantier, Maxime et … Jean, qui fait son grand retour aux Grivauds ! Jean, souvenez-vous, avait fait un premier stage en automne dans le cadre de son BPREA. Il y a beaucoup de choses qui ont changé depuis son passage… Les cultures ne sont plus les mêmes et deux nouvelles serres ont vu le jour…

Radis, salade, carottes nouvelles, petits pois, courgettes et pommes de terre, voilà le contenu de notre premier panier pour l’Amap de Bourbon-Lancy.

Cette semaine, c’est aussi notre grand retour à l’Amap de Bourbon-Lancy. 34 paniers sans une fausse note, avec des petits pois et des courgettes ! On nous a ouvert un nouveau lieu de distribution, une ancienne école, plus grand que le précédent, pour faciliter l’éloignement réglementaire entre amapiens. On dégaine aussi nos masques pour la première fois… Pas bien marrant comme dispositif pour ces retrouvailles mais il faudra s’y faire. On fait le point dès le lendemain : il nous reste trop peu de légumes pour tenir un stand sur le marché de Pierrefitte. Du coup, on annule et on propose à Pierre-Yves (Ferme de la Joca), notre collègue maraîcher, d’agrandir un peu son stand et de vendre quelques bricoles à nous (des radis, des navets-botte, des courgettes, du persil, etc.). Quand reviendra-t-on sur le marché de Pierrefitte ? Peut-être bien la semaine prochaine (mais rien n’est sûr). Et à Vichy ? C’est une autre histoire…

À la semaine prochaine !

Tout est réparé !

Notre camion rouge est de retour !

Cette semaine, tout se précipite. Pas forcément du point de vue des cultures, même si c’est vrai qu’on commence à se sentir débordés. Mais c’est surtout qu’on a vécu successivement deux évènements qui vont changer la donne aux Grivauds. D’abord, on a récupéré notre camion rouge ! Vous vous en souvenez : on était en rade au port à cause d’une histoire de boite de vitesse, cassée juste avant le confinement. Ça a pris plus d’un mois pour faire venir la nouvelle pièce dans notre garage habituel… Tiens, comme on les aime bien, on en profite pour leur faire de la pub : il s’agit du Garage Charrondière à Coulanges. Donc, si on résume, notre vieux camion contient désormais de nombreuses pièces neuves : la courroie de transmission et la courroie d’accessoires, la batterie, l’embrayage et la boite de vitesse. Normalement, ça devrait tenir quelques années comme ça, le temps que nos finances se stabilisent et qu’on puisse s’offrir un nouveau camion. En attendant, ça signifie qu’on va être capables de livrer nos Amaps et, potentiellement, de retourner à Vichy…

Notre station de pompage. En bas à droite, les deux pompes en cascade. À gauche, le modulateur de fréquences.

La deuxième bonne nouvelle, c’est qu’on dispose d’une nouvelle station de pompage. La précédente posait plusieurs problèmes : pas assez puissante pour nos besoins et pas pilotable. Il fallait allumer et éteindre la pompe avant et après chaque arrosage, ce qui nous obligeait à nous mettre des alarmes sans cesse. Désormais, notre station contient une deuxième pompe, en cascade avec la première, le tout piloté par un modulateur de fréquences qui permet d’allumer et d’éteindre les pompes en fonction de la demande. On va pouvoir de nouveau programmer nos goutte-à-goutte ! On peut aussi désormais lancer à la fois une aspersion en plein champ et un goutte-à-goutte en serre. Ou deux lignes d’aspersion en même temps (même pas peur). Tout ça pour dire qu’on va pouvoir consacrer beaucoup moins de temps à nos arrosages cet été et ça, c’est précieux ! Là encore, on est très contents de notre prestataire : Francis Gascuel (Sarl Nutri-O). C’est le genre de type qui accorde le même niveau d’attention à une micro-ferme qu’à une grosse exploitation maraîchère avec un hectare de multi-chapelles. Classe ! Un camion qui fonctionne de nouveau, une station de pompage améliorée et une chambre froide qui produit du froid (depuis quelques semaines déjà), nous voilà enfin parfaitement fonctionnels ! Vous le voyez, on a déjà fait bon usage de la cagnotte qu’on a lancée au printemps (8455€ récoltés à ce jour) !

Les semaines sont longues… alors c’est difficile de tout résumer dans des articles aussi courts. Heureusement, il y a encore de belles photos dans la galerie…

À la semaine prochaine !

Les Amaps vont redémarrer !

Toutes nos tomates sont désormais plantées. Les premières sont même plutôt bien parties !

Et on a même des dates de rentrée : le mercredi 20 mai pour l’Amap de Bourbon-Lancy et le jeudi 28 mai pour celle de Dompierre. Il semblerait d’ailleurs que la reprise de nos Amaps soit placée sous une bonne étoile cette année ! D’abord, le jardin est prêt pour encaisser les premières grosses récoltes : carottes nouvelles, petits pois, oignons nouveaux, choux de printemps, courgettes, tout ça a bien poussé ! Certes, on risque d’avoir un petit trou pour les premières salades du plein champ, qui peinent à démarrer. Et on regrette les quelques loupés du printemps : des choux chinois qui partent en fleur, des mini-blettes qui arrivent deux semaines trop tôt et des épinards qui n’ont pas aimé nos sols froids… Comme toujours, les premiers paniers ne seront pas les plus remplis mais on se rattrapera en été !

Ensuite, la ré-ouverture des Amaps coïncide avec le dé-confinement, ce qui facilite les choses ! Bien entendu, que ce soit à Dompierre ou à Bourbon-Lancy, on a prévu un certain nombre de dispositifs pour limiter les risques de diffusion du coronavirus. La signature des contrats se fait par mail ou par courrier. D’ailleurs, si vous hésitiez encore à rejoindre ces Amaps, sachez qu’il reste de la place ; contactez-nous et on vous expliquera les modalités d’inscription. Et si vous aviez des doutes sur ce que signifie le mot «Amap», allez jeter un coup d’œil au site «Les Paniers de la Besbre» (l’Amap de Dompierre) où c’est très bien expliqué !

Enfin ! Les haricots à rame décollent !

Que s’est-il passé pendant ces quelques semaines de coupure ? Eh bien, nous avons planté nos légumes d’été (courgettes, tomates, aubergines, concombres, haricots, poivrons, melons, etc.). Tout ce petit monde a déjà commencé à pousser et ça fait plaisir de palisser des tomates autant en forme ! Il nous reste encore à planter une série d’aubergines, quelques concombres et des courgettes de plein champ. Ensuite, on pourra se concentrer sur les premières séries de légumes d’automne et d’hiver : betteraves, céleris-raves, courges et poireaux. Les chantiers se bousculent mais on est à peu près à l’heure. Heureusement qu’on a Maxime avec nous, sinon on serait dans les choux ! (Au sens figuré, hein !)

Côté Wwoofing, la nouvelle vient de tomber : c’est de nouveau permis ! Mais… uniquement dans la limite de la règle des 100km… Donc on fait une croix sur nos réservations du mois de mai. Par contre, si vous connaissez un(e) bourbonnais(e) qui a envie de venir passer quelques jours à la ferme, vous pouvez lui parler de nous : pour l’instant la caravane est vide !…

À la semaine prochaine !