De la tomate plein les jardins

«J’ai des tomates plein le jardin !» Qu’est-ce qu’on l’entend cette phrase cette année… La tomate plantée en extérieur, son pire ennemi, c’est la pluie. Or, cette année, il ne pleut pas du tout. Ça oblige les jardinier·ères à arroser sans cesse, mais ça permet d’éviter le mildiou. Pour nous aussi, cette année est une année «à tomates». Il en pleut dans nos serres ! Notre stratégie de pieds greffés menés sur deux têtes semble fonctionner à merveille. On a planté deux fois moins de tomates que l’année dernière (environ 380 pieds seulement) et ça donne autant, voire plus ! Et pourtant, c’est loin d’être optimum : il y a plusieurs zones, au fond des serres, qui présentent de gros problèmes de sol (qui a été tassé par les différentes inondations des années passées) et qui peinent à maintenir les pieds de tomate en bonne santé…

La gamme des Grivauds, de gauche à droite : Previa (classique ronde rouge), Cornue (variété Jersey Devil), Rose de Berne, Orange (variété Earl of Edgecomb), Green Zebra et Saint-Pierre.

Comme d’habitude, en cours d’été, lorsque les pieds commencent à tirer un peu la langue à cause de la charge en fruits, on vient apporter une fertilisation supplémentaire. D’habitude, on épandait du compost en bouchon au sol, autour des pieds. Puis, on arrosait abondamment. Le résultat n’était pas très probant : les bouchons avaient du mal à se désagréger et on les retrouvait plus ou moins intacts à la fin de la saison. Cette année, on utilise une astuce donnée par Alexandre Barrier-Guillot, l’animateur du groupe maraîchage de la FRAB AuRA[1]Fédération Régionale d’Agriculture Biologique d’Auvergne-Rhône-Alpes : on dépose notre fertilisation dans des arrosoirs plein d’eau. On attend que ça de délite, on remue bien et on arrose nos pieds de tomate/aubergine/concombre avec ça. Et ça marche vraiment bien ! Bref, on fait tout pour que la saison dure le plus longtemps possible.

Un pied greffé, quand c’est en forme, ça donne ça ! Ces Roses de Berne sont déjà arrivées en haut de leur tuteur… Et on est seulement en août. Les fruits se forment à tous les étages.

Cette semaine, on a dépassé les 200 kg de tomates récoltées… C’est beaucoup ! Et on est dans un contexte où on a plus de mal à vendre que d’habitude. Alors, on multiplie les initiatives. Évidemment, on en met dans les paniers d’Amap. Et on permet à nos amapien·nes de nous passer des commandes à prix réduits toutes les semaines. On en vend à la ferme, à nos client·es régulier·ères. On a lancé une annonce sur Facebook, qui nous a ramené deux client·es. Et encore, dedans, je compte notre voisine Murielle, qui serait peut-être venue même sans ça… Fausse piste. On a démarché les deux supérettes du village, mais, pour le moment, aucune des deux ne nous prend de légumes cette années. Là, on lance un nouveau point de vente le mardi, à Diou, sur le parking devant l’école primaire, à deux pas de la Halte Diouxoise. Un petit stand orienté tomates-concombres (et quelques à-côté), tenu de 8h30 à midi. On vous racontera si ça marche.

Et pendant que nos tomates mûrissent, la sécheresse continue à sévir. Ça y est, on vient de franchir un nouveau pallier : on est placés en niveau d’Alerte renforcée. Interdiction d’arroser par aspersion entre 10h00 et 18h00. L’irrigation par goutte-à-goutte reste permise à toute heure. Situation qui va aller en s’aggravant : Météo France ne nous prévoit aucune pluie pour les quinze jours à venir. La prochaine étape, c’est l’interdiction pure et simple d’arroser. Et ça pourrait nous tomber dessus dès la semaine prochaine.

À la semaine prochaine !

References

References
1 Fédération Régionale d’Agriculture Biologique d’Auvergne-Rhône-Alpes

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