Dernières lumières d’automne

Broyage de la future zone des courges dans la lumière du petit matin

Après les interminables atermoiements humides d’octobre, voici le retour des jours secs. À un moment parfaitement inattendu, d’ailleurs ! La pluviométrie totale du mois de novembre s’élève péniblement à 15 mm, ce qui correspond au quart de ce qui est attendu en cette saison. En jours courts, qui dit sécheresse dit froid et, de fait, les gelées sont de retour. Le ciel est si transparent, l’air est si clair, que les étoiles brillent avec une vigueur surprenante. Des teintes fantastiques s’attardent sur l’horizon entre chien et loup et cette lumière si belle nous aide à supporter l’intense morsure du froid sur nos mains. On se motive en se rappelant qu’on travaillera sans manteau avant la fin de la matinée, même en extérieur. Charlène, qui est de retour pour la fin de semaine, exploite pleinement le potentiel artistique de ces dernières lumières d’automne et bombarde le jardin de photos. Les travaux vont bon train, malgré un certain engourdissement des corps en cette fin de saison : les céleris et les dernières carottes sont récoltés, les dernières tomates et les poivrons sont désinstallés, on se lance joyeusement dans le désherbage des fraisiers en serre et on commence à pailler les futures planches de courges (oui, avec six mois d’avance, on vous en reparlera plus tard). Pour une fois, il nous semble qu’on attaque l’hiver bien à l’heure. Ça nous laisse du temps pour nous reposer et aussi pour envisager avec sérénité nos prochains grands chantiers, comme la plantation de nos arbres fruitiers et le nivelage de la serre d’endurcissement.

Récolte des céleris raves avec Céline

On est rejoint cette semaine par Céline, une nouvelle stagiaire en BPREA, qui nous vient du Beaujolais. Issue d’une famille paysanne mélangeant élevage, grandes cultures et restaurant à la ferme, elle a le projet de créer conjointement sur la structure un atelier maraîchage et une association qui ferait le lien entre l’activité agricole et le reste du monde. Une façon d’assumer pleinement que nos métiers sont extrêmement gourmands en main d’œuvre et qu’il serait légitime que notre société hors-sol retrouve le chemin des champs et vienne prêter main forte à ceux qui nous nourrissent. L’optimisme de Céline et son amour de la vie sous toutes ses formes résistent vaillamment face à notre scepticisme parfois teinté d’amertume et c’est tant mieux. On échange énormément autour du végétal et elle apprend à une vitesse impressionnante à reconnaître nos différentes adventices d’automne. Le désherbage des fraisiers est aussi le prétexte pour parler de stratégie de reproduction et d’architecture végétales. Tout un programme…

Il était temps que Yolande parte : elle commençait à faire des bêtises au jardin. (photo de Charlène)

Cette semaine aura aussi été la dernière pour Yolande. Venue une première fois en wwoofing en septembre, elle a choisi de rester confinée dans notre ÉcoJardin pendant ces cinq dernières semaines. Si vous suivez ce blog, vous avez déjà apprécié ses articles, d’une densité et d’une précision remarquables ! Si vous achetez nos légumes à Vichy, vous avez peut-être eu le privilège d’être servie par elle ; Yolande y est venue cinq fois et y a été tout de suite à son aise. Son impressionnante connaissance des légumes et sa facilité de contact avec les clients en font une vendeuse hors-pair. Au jardin, elle nous aura accompagnés vaillamment à travers l’arrivée des jours courts et des premiers frimas. Elle venait le matin aux Grivauds et profitait de ses après-midi pour se ressourcer, pour sillonner les environs, en marchant ou en courant, pour cuisiner, pour lire toutes nos bandes dessinées… Oh oui, je vais regretter ma complice du matin et ses longues discussions, parfois paisibles, parfois plus agitées, mais toujours sensibles. Au revoir Yolande ! Ce jardin a été le tien et le restera aussi longtemps que tu le souhaiteras.

À la semaine prochaine !

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