Ces choux qui prouvent qu’on a su «rester jardinier»

Note : Notre appareil photo est cassé, ce qui explique qu’il y ait un peu moins d’illustrations que d’habitude. Du coup, j’en profite pour divaguer un peu et on refera le point sur l’avancement du jardin la semaine prochaine, d’accord ?

Euphorbe Épurge au milieu des fraisiers

Au milieu de notre planche de fraisiers trône une plante énigmatique, à la fois étrangement familière et terriblement exotique. Imaginez une grosse tige bien érigée, de laquelle partent des feuilles longues, fines et rigides, disposées horizontalement selon deux axes perpendiculaires. À environ un mètre du sol, la tige se ramifie enfin pour porter de longues tiges florales rigides. L’ensemble arbore des couleurs tirant tantôt sur le vert bleuté, tantôt sur le violacé et répond au nom d’Euphorbe Épurge. Il s’agit d’une plante plutôt commune par chez nous et ça n’est pas sa rareté qui nous a poussé à ne pas la couper lors de nos désherbages. Mais il faut croire qu’on s’est un peu senti intimidés par son port si impétueux et qu’on sentait nos fraisiers bien à l’abri sous ce grand phare naturel. Allez savoir…

Deux choux cabus au milieu des tomates cerises

Il y a quelques semaines de ça, Jacques, notre propriétaire, est passé nous rendre visite. Pendant que je lui montrais nos tomates cerises fraîchement plantées, il s’étonnait de la présence de deux gros choux en plein milieu de la planche. Depuis qu’on ne travaille plus nos sols, ça arrive fréquemment qu’après récolte, quelques individus de la culture précédente tentent leur chance à partir de leurs réserves racinaires et refont une plante, qui, parfois, est parfaitement viable. On se souvient, l’année dernière, de récoltes de mesclun faites à partir de mini-salades repoussées sur un collet déjà coupé, de fenouils petits mais bien ronds ou de blettes qui redémarrent l’année suivante, comme si de rien n’était ! Dans le cas de ces choux, on les a vu pousser très tôt (février) et avec une belle vigueur. Leurs racines datent de l’année dernière et ont tranquillement attendu la fin de l’hiver pour s’exprimer de nouveau. On s’attendait à ce qu’ils montent rapidement en fleur mais on en a laissé deux se développer par curiosité. Deux mois après, ils étaient toujours là et on n’a pas eu le cœur de les désinstaller au moment de la plantation des tomates cerises. Actuellement, ils terminent de pommer et il manque peu avant qu’on les déguste. Ça nous changera des blettes… Jacques m’a alors fait la réflexion suivante : «c’est à ça qu’on voit que vous avez su rester jardiniers». C’est la même logique qui a fait qu’une matricaire quasiment en fleurs a survécu au désherbage des tomates de ces derniers jours… Mais si ! Vous savez, cette plante dont les fleurs ont une odeur de pomme !…

Parfois, quand on lève les yeux, c’est pour constater qu’un tourbillon est en train d’embarquer le voile de culture de nos épinards…

Notre part «maraîcher» s’exprime dans nos gestes du quotidien, dans nos plantations, dans nos récoltes ou lorsqu’on râle parce que la météo fait des siennes. Alors que notre part «jardinier» nous fait planter des fleurs à toutes nos entrées de serre, nous fait lever le nez lorsqu’un papillon volette dans les parages et nous pousse à épargner certaines adventices au moment d’un désherbage ou d’une plantation. Au motif que ça fera des fleurs pour les abeilles. Ou que la plante est rare. Ou qu’elle est belle… Nous cultivons ces deux facettes de notre activité, qui se complètent l’une l’autre et qui nous permettent de nous sentir à la fois productifs et en harmonie avec notre écosystème.

À la semaine prochaine !

5 réponses sur “Ces choux qui prouvent qu’on a su «rester jardinier»”

  1. Bon, je sais, ça peut paraître bateau comme commentaire mais je ne cesserai jamais de le dire : vous êtes des artistes, des créateurs de beauté au cœur de la beauté même de la nature ! Bravo ❤❤❤ Continuez ! Pour le bien de tous les gens qui en profitent et de ce bel écosystème.

  2. Je pensais être la seule à « mal « gérer mes plantations, mais je vois que de vrais jardiniers oubli des racines. Moi ce sont des pommes de terre que je n’ai pas trouvé l’an dernier et qui ont donné un beau pied en plein milieu de mon petit carré. Donc si je veux quelques tomates, j’ai été obligé de les arracher!!!! dommage, Bises

  3. J’ai eu plaisir à vous lire et ça me rassure…car je fais de même!
    Vous apportez quelque chose de plus à votre compétence professionnelle…c’est l’esthétique et nous êtres humains, nous en avons besoin autant que le pain matériel à manger !

    Baudouin
    C

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