L’intersaison maraîchère, c’est quoi ?

Plants de fenouils, blettes, brocolis, choux-fleurs et choux-rouges, à installer en serre la semaine prochaine.

Dans le grand royaume des légumes, il y a des stars incontestées et ce sont en général des légumes d’été. Les tomates, par exemple. Tiens, c’est un bon exemple ça, la tomate. On les plante en avril, elles donnent de fin juin à fin octobre (en gros). Sept mois pendant lesquels un tiers de notre surface sous serre est occupé par des tomates. D’autre part, à partir de la fin mars (toujours approximativement, hein), les stocks de légumes d’hiver (navets, betteraves, carottes, céleris-raves, radis, etc.) s’épuisent et les cultures d’hiver (choux, poireaux, épinards, mâches) tirent la langue (plus précisément, elles préparent leurs floraisons). Entre ces deux évènements, de fin mars à fin-juin, il y a une période un peu maigre chez les maraîchers, qu’on appelle l’intersaison. À ce moment-là, le maraîcher vend ses derniers épinards et fait des tartes avec ses premières orties. Produire des légumes en intersaison, c’est délicat. Sous serre, la place coûte chère et c’est difficile d’enchaîner une culture de printemps (par exemple un chou pointu) avec une culture d’été (par exemple une aubergine) : il y aurait une superposition qui porterait préjudice à la précocité de la culture d’été. En plein champ, il fait encore trop froid pour espérer planter quoi que ce soit avant la fin du mois (en dehors des oignons). Aux Grivauds, on a décidé d’améliorer notre intersaison en implantant deux nouvelles serres. Il y aura désormais trois serres (les serres nº5, 6 et 7) qui seront spécialement dédiées à ce type de culture. On les a placées en plein milieu de notre grand champ pour qu’elles prennent beaucoup de lumière au printemps. Qu’y trouvera-t-on ? Des salades, évidemment. Des carottes, évidemment. Les courgettes précoces (celles qu’on espère pour la mi-mai). Des navets nouveaux, quelques choux chinois, quelques fenouils. Et surtout, on espère réussir une série de brocolis et de choux-fleurs. Dans nos autres serres, concernant spécifiquement l’intersaison, il y a déjà plusieurs cultures en place : des radis en serre 2, des oignons nouveaux (serres 1 et 4), des choux pointus et cabus (serre 5) et nos fameux petits pois (serre 4).

Derrière Florin, des petits pois en grande forme !

Alors ? Sommes-nous prêts pour attaquer sereinement ce moment délicat ? La réponse, c’est qu’on est plus à l’heure que les années précédentes mais que ce sera sans doute encore mieux les années suivantes (quand on n’aura plus besoin de monter de nouvelles serres à la sortie de l’hiver ou d’éliminer les potentilles de nos planches avant chaque plantation). N’ayons pas peur de le dire, sans nos stagiaires, on n’en serait pas là ! À tour de rôle, Lucie, Clément et Lili nous ont accompagnés en cette fin d’hiver et ont mis un coup d’accélérateur à nos différents chantiers (installation des serres, semis, plantations, désherbage, récoltes). Il y a un autre facteur qui nous aide : la douceur de l’hiver, qui permet à nos cultures de printemps de démarrer sur les chapeaux de roue !

La semaine prochaine, nos premiers wwoofeurs de la saison débarquent aux Grivauds. En attendant que les températures soient suffisamment clémentes, on leur épargne la caravane et on leur a préparé une petite chambre dans la maison. Normalement, leur venue coïncidera avec les premières grosses plantations de l’année : les oignons et les échalotes. À voir si la météo nous permettra de suivre notre planning… Sur ce suspens insoutenable, je vous dis :

À la semaine prochaine !

4 réponses sur “L’intersaison maraîchère, c’est quoi ?”

  1. Très instructif pour comprendre la saisonalite et ce qu’il faut manger. Si on pouvait avoir les infos pour savoir ce qu’il faut boire. Hier soir avec la première supportrice des Grivauds, il y avait ce qu’il fallait, mais au quotidien c’est plus difficile, surtout quand on commence à 7h00 du matin. C’est mon point commun avec les maraîchers,

    1. Oh, ben nous, on fait simple, comme tous les paysans : on distille de l’alcool de patate. Et le dimanche, on sort une eau de vie de betterave, qu’on ouvre juste après la messe.

  2. Non mais là, faut que je m’immisce dans la conversation. Il était temps que je revienne dans mes pénates pour mettre le holà à tant de délire !
    La seule question qui me taraude : où est passé Mi-Roux ?

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