Un printemps qui noue les gorges mais pas les tomates

«Fabrice, t’es où ?» – «Je désherbe les courgettes.» – «Ah zut, on était dans la même serre mais je ne t’avais pas vu…»

Chaque saison a ses avantages et ses défauts. En hiver, on a hâte que les journées s’allongent, que les températures remontent, que les arbres aient à nouveau des feuilles et que le jardin se repeuple d’oiseaux et de fleurs. Par contre, on a quand même pas mal de légumes à vendre et à se mettre sous la dent. Lorsque le printemps est là, c’est tout de suite la course : on plante et on sème à tour de bras pour avoir un maximum de légumes le plus tôt possible. Parce que c’est un paradoxe des climats tempérés : c’est souvent au printemps qu’on trouve le moins de légumes… Des salades, des radis et des blettes pour résumer. Les légumes «nouveaux» (carottes, navets, oignons) arrivent au compte-goutte et aident à patienter en attendant les légumes d’été. Et c’est là que le bât blesse pour nous cette année : nos légumes d’été prennent du retard et nos légumes nouveaux ne sont pas toujours au rendez-vous… Il y a sans doute une part de responsabilité qu’il faudra nous imputer : certains de nos itinéraires techniques sont perfectibles (trop de paille sur les fèves, pas assez de voiles thermiques en plein champ, une bande trop tassée pour les carottes sous serres, etc.). Mais ça ne nous empêchera pas de râler contre notre ennemi du moment : le froid !

Ça, des fleurs, on en a !…

On lui doit quelques échecs de culture, comme cette jolie vernalisation des navets nouveaux sous serre, qui se sont mis à monter à la première après-midi un peu chaude. On lui doit des retards dans nos planches : les fèves stagnent, les épinards de plein champ poussotent (oui, c’est le terme technique consacré), les planches de salade se rattrapent et donnent toutes en même temps… On lui doit de beaux dégâts dans les premières plantations de légumes d’été : on se souvient du gel dans les tomates, les courgettes et les haricots. On lui doit d’avoir repoussé plusieurs implantations, pour cause de vague de gel, nous faisant perdre toute espoir de précocité sur les tomates cerise (par exemple). On lui doit de perdre du temps un 4 mai à couvrir toutes les cultures gélives parce qu’on nous annonce à nouveau trois matinées de gel successives. Mais ce qui est le plus impardonnable, c’est que les matinées froides nous privent de nos premières nouaisons de tomates ! Pourtant, on a des fleurs partout et on les secoue vers midi tous les jours, scrupuleusement. Mais, on ne voit toujours rien venir…

340 choux-raves fraîchement plantés : j’espère que vous connaissez quelques recettes…

Ne vous méprenez pas : on ne reste pas assis au milieu du jardin, les bras croisés en attendant que le flux de nord s’inverse ! On se démène de tous les côtés pour préparer l’été en espérant qu’un tel déferlement d’énergie finira par inspirer nos courgettes et les faire fleurir… On paille, on plante (des aubergines, des choux raves, des betteraves et de la salade), on désherbe (notamment en serre), on sème des carottes et des radis. Jamais notre ÉcoJardin n’aura vu autant de légumes en terre à la même date ! Si tout ça finit par donner, ça nous consolera de ce printemps interminable…

Tiens, et si on finissait par une bonne nouvelle ? Vous vous souvenez que Fabrice était sous le coup d’un remboursement partiel de sa DJA (Dotation Jeune Agriculteur) ? Fabrice avait alors envoyé à la DDT une longue lettre pour défendre sa cause, assortie de nombreuses pièces annexes, pour montrer qu’il n’avait pas passé les 5 premières années de son installation à jouer de la guitare en sirotant des Piña Coladas les doigts de pied en éventail au milieu du jardin. Finalement, après 5 mois de silence radio, il apprend par courrier que rien ne lui sera réclamé : on lui reconnaît des «circonstances exceptionnelles». Je ne sais pas pour vous, mais moi je vais aller fêter ça en me cuisinant une bonne soupe de blettes !

À la semaine prochaine !

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Quand nos visiteurs nous invitent à repenser notre ÉcoJardin

On trouve décidément de drôles de choses dans notre paille cette année…

Cette semaine encore, l’ÉcoJardin des Grivauds a été très fréquenté. Parmi ses visiteurs, il y avait Gaël et Marianne, qui entamaient leur deuxième semaine de Wwoofing chez nous et qu’on vous a déjà présentés la semaine dernière, ainsi que Gildas, stagiaire BPREA de passage pour 4 jours afin d’avoir un premier contact avec les techniques du Sol Vivant. Rarement nous n’avons été autant questionnés sur notre pratique qu’au cours de ces derniers jours. Ce sont surtout les gestes les plus répétitifs, ceux qui nous semblent maintenant banals, qui ont fait l’objet d’un ré-examen attentif. Pailler, d’accord, mais comment faire pour que ce soit plus rapide ? N’y aurait-il pas un outil à inventer pour faciliter la plantation des mottes sous la paille (une sorte de mini-tarière, en somme) ? Comment faire pour bien gérer les vivaces rampantes qui traversent la paille, sans avoir à passer trop de temps le sécateur à la main ?

Une planche de choux pointus et de choux-raves prometteuse

Notre jardin est déjà productif, nos marchés de l’an passé nous l’ont prouvé, mais nous manquons encore de recul. Après tout, ça ne fait que 3 ans que Fabrice a pris la décision de basculer en non-travail du sol et tous les problèmes ne sont pas résolus. Pour prendre un exemple de saison, on sent qu’il nous reste des progrès à faire sur les semis de petits pois et de fèves. Ces regards extérieurs que nous apportent nos wwoofeurs et nos stagiaires sont indispensables et ils mettent parfois le doigt où ça fait mal… Reste à trouver le temps de remédier concrètement aux problèmes soulevés. Nos impératifs de production nous obligent trop souvent à parer au plus pressé, malheureusement. Je rêve à mon tour de redevenir un temps wwoofeur pour aller voir d’autres maraîchers MSV plus expérimentés. Mais la saison avance et le temps des grandes plantations est revenu.

Je peux vous garantir que ces plants de tomate auront entendu parler de Sol Vivant !

Alors, on plante ! Des tomates (beaucoup !), des fenouils et du basilic en serre. Des blettes, des choux et des salades en plein champ. Les pluies de la fin de la semaine profitent immédiatement aux cultures et permettent aux sols de se réhydrater un bon coup avant les grosses chaleurs de fin de printemps. On palisse les haricots grimpants, on secoue nos fleurs de tomate et on observe les premières courgettes se former. Ça nous aide à patienter en attendant le retour de la prodigalité estivale de notre jardin…

À la semaine prochaine !

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Sortir de l’angoisse des nuits glaciales

La tâche bleue foncée au milieu de la France, c’est nous !

Il était trop tôt dimanche dernier pour tirer un bilan définitif de l’épisode de froid qui nous a affectés quatre jours et quatre nuits durant (du vendredi matin au lundi matin). Une grosse partie de la France a été touchée par le passage de cette masse d’air froid et sec en provenance de la Baltique. Mais ici, son amplitude a connu des valeurs extrêmes, comme le montre la carte ci-jointe. En plaine, notre région est l’une de celles où les gelées ont été les plus aiguës. Notre station météo a notamment enregistré un joli -5,5°C dimanche matin mais vu les dégâts dans les cultures non-gélives, il y a gros à parier qu’au niveau du sol (et en particulier au dessus des planches recouvertes de paille blanche ou brillante), la température a flirté avec les -8°C. On a ainsi vu «brûler» des choux, des fèves et des salades, ce qu’on n’avait jamais connu jusque là. Les articles de Météo France nous le confirment : l’épisode est exceptionnel : l’air a été extrêmement sec et l’absence de gelée blanche a entraîné une chute brutale des températures au ras du sol.

À droite, la tête du pied de tomate est grillée mais le gourmand (à gauche) a pris le relai !

Au final, quelles ont été les conséquences dans les cultures ? Il y a bien sûr de nombreux pieds de tomate, quelques courgettes et quelques haricots qui ont «grillé» sur place. Pour  les tomates, on remplace pied à pied grâce aux plants qu’on a achetés à notre confrère Jean-Baptiste Guinot (du Jardin de la Gare à Sorbier). Souvent, on hésite : la tête est morte mais… il y a de beaux gourmands, bien vigoureux ; que faire dans ce cas ? Les températures très basses de la nuit ont induit dans nos cultures des stagnations de croissance presque partout : rien ne décolle vraiment, même si, dans les serres, l’éclairement permet de dépasser les 20°C l’après-midi. Autre retard : le nôtre ! On a du décaler notre calendrier de plantation des tomates et des aubergines pour laisser passer la vague de froid. Sans parler du temps perdu à cacher et dé-cacher toutes les cultures sensibles…

La pompe est en panne, on arrose au jet pour parer à l’urgence. Ici, c’est Marianne qui s’y colle !

Dans la foulée de l’épisode de froid, la tiédeur se réinstalle et la matinée du mardi nous offre 7 mm d’une pluie plus que bienvenue. Dès le lendemain, le mercure s’envole et on se décide à relancer les arrosages en serre. Et là, nouveau drame : la pompe de la réserve tombe en carafe ! Branle-bas de combat aux Grivauds : on mène de front les diagnostics, les réparations, les solutions provisoires et … les arrosages manuels au jet (directement branché sur le puits). Un nouveau stress dont on se serait bien passé. On sait que sous la paille nos sols se dessécheront lentement et que nos plantes ne dépériront pas mais de là à dire que les réserves du sol seront suffisantes pour assurer la croissance qu’elles devraient avoir avec une telle douceur…

Plantation de tomates avec Gaël, Marianne et Maxime

Heureusement qu’on n’est pas seuls dans notre jardin en ce moment : ça nous aide à dissiper la grisaille qui s’est installée dans nos têtes préoccupées. Il y a Maxime, pour qui c’est la deuxième semaine aux Grivauds. Ses compétences en électricité nous permettront de prendre les bonnes décisions pour relancer au plus vite notre pompe. Et puis, il y a Marianne et Gaël, nos deux nouveaux wwoofeurs, venus de Lyon. Ce sont deux ingénieurs fraîchement diplômés qui ont décidé de faire rapidement un pas de côté et qui peaufinent un joli projet de maraîchage sur sol vivant, en essayant de ne laisser aucun aspect de côté. Avec eux, on a notamment une réflexion sur l’outillage lié à notre pratique. Tout ce petit monde nous permet d’avancer à grands pas : désherbage des carottes, déliseronnage des choux, paillage et plantation des mini-blettes, etc. Il y a même des tâches qu’on désespérait de voir se réaliser un jour, comme la plantation des artichauts ! Merci à tous les trois !

Samedi, fin de journée : la pompe re-fonctionne ! On quitte le jardin très soulagés !

Mon article est déjà très long mais je m’en voudrais de ne pas terminer par quelques bonnes nouvelles. D’abord, à la faveur de la douceur printanière, de nombreuses cultures ont daigné traverser la paille : les fèves, les petits pois, les oignons et les pommes de terre. On pense à tous ceux qui ont participé à la mise en place de ces cultures en début de printemps : Aymeric, Camille et Laurence. Enfin, la semaine se termine sur un cri de victoire : Fabrice a réussi à faire re-fonctionner la pompe et on lance un arrosage de plein-champ sur les épinards et les oignons ! Ouf !

À la semaine prochaine !

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Chante, Rossignol, chante !

Verdier d’Europe mâle

Faute de chaleur, le printemps nous apporte tout de même son lot d’oiseaux et Fabrice nous fait lever la tête à chaque instant : ici, une linotte, là,un rossignol, là-bas un grimpereau, ici une fauvette à tête noire ! Alors je dégaine mon appareil photo et je profite que nos arbres n’aient pas encore beaucoup de feuilles pour ajouter un nouveau volatile à ma collection photographique. Notre coup de cœur de la semaine : un petit groupe de verdiers qui s’est laissé approcher et photographier. Dans nos serres, la vie au sol commence à devenir de nouveau passionnante : on aperçoit nos premiers grillons, nos premières coccinelles, nos premières sauterelles et aussi … un magnifique crapaud calamite (voir la galerie à la fin de l’article) !

Maxime (à droite), notre nouveau wwoofeur, immédiatement mis dans le bain (de paille).

Heureusement qu’il y a tous ces apartés naturalistes dans notre travail parce les chantiers de la semaine ne sont pas les plus rigolos… Effrayés par les prévisions météos pour la fin de semaine (à juste titre d’ailleurs), on décide d’abandonner pour le moment toutes les plantations de légumes gélifs (dont les tomates) et on se concentre sur notre plein champ. Où, concrètement, le travail consiste principalement à pailler nos planches de culture… Bon, ce qui est gratifiant, tout de même, c’est qu’on voit le champ se remplir progressivement, bande après bande. Cette semaine, par exemple, les fèves ont enfin traversé la paille, à tel point qu’on voit bien les rangs ! Ce sera bientôt le tour des oignons en bulbille, des pommes de terre et des petits pois.

Récolte de panais : Camille utilise une technique très personnelle…

Cette semaine, un nouveau wwoofeur vient compléter notre joyeuse équipe : c’est Maxime, qui nous débarque du Loiret avec déjà de sérieuses connaissances en matière de jardinage sur sol vivant (merci Ver de Terre Production !). L’occasion pour lui de passer à la pratique et de voir concrètement comment se comporte un écosystème lorsqu’on arrête de travailler son sol. Plantation, paillage, récoltes, comme toujours on essaye de lui faire «goûter» à tout. Dans le même temps, c’est la dernière semaine de Camille et Aymeric aux Grivauds. On profite au maximum de leur énergie et de leur bonne humeur, ça nous permet de surmonter joyeusement la sécheresse de ce printemps et les fortes gelées matinales…

À la semaine prochaine !

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Coup de froid sur les tomates, les leçons d’un petit désastre

Tiens, il grêle aux Grivauds, ça nous change des gelées matinales…

Ça fait des semaines qu’on vous témoigne de notre inquiétude concernant la météo de ce printemps : trop de sécheresse, des gelées matinales systématiques et des amplitudes thermiques délirantes (notamment dans les serres). L’épisode de grêle de mercredi n’était pas pour nous rassurer. Habituellement, aux Grivauds, la première série de tomates est plantée dans la première semaine d’avril et, de fait, nos plants de tomates étaient plus que prêts à être plantés… Pas seulement les tomates d’ailleurs, les courgettes et les haricots aussi. Sauf que cette année, nos sites de météo nous prévoyaient une gelée dans la nuit de jeudi à vendredi (de -1°C à -3°C). Que faire ? Décaler les plantations, c’est prendre une semaine de retard sur toutes nos plantations. On décide de planter quand même et on protège toutes nos bandes avec deux couches de voiles thermiques. Dans l’euphorie de la plantation, on en profite même pour sortir de la pépinière tous nos plants de tomates un peu avancés et on les installe sur une planche fraîchement paillée en serre nº2.

Les tomates qui ont survécu au gel sont belles ! Pour les autres…

Finalement, la gelée annoncée a bien lieu. Sauf que le gel démarre à 22h00 et que la température descend à -5°C au sol en fin de nuit… Vendredi matin, on évalue les dégâts : plus d’un tiers des tomates plantées ont gelé sur pied et on perd au moins 4 caisses de plants. Au total, c’est entre 160 et 180 pieds de tomates qui vont nous manquer. On noie notre amertume dans le travail et on poursuit les plantations (courgettes et haricots) et le paillage (petits pois en plein champ). On en tire une leçon importante : partout où le paillage est récent (paille bien jaune), le gel a attaqué très fort. On le savait déjà : la paille a une faible capacité thermique (elle retient mal la chaleur) et lorsqu’elle brille, c’est encore pire puisqu’elle renvoie la lumière au lieu de l’absorber… On envisage plusieurs palliatifs pour l’année prochaine : installer une bâche noire temporairement au milieu des rangs de tomates ou bien pailler après la plantation, lorsque les gelées ne sont plus à craindre. C’est d’ailleurs comme ça qu’on a procédé pour les courgettes et les haricots et les dégâts y sont minimes (quelques feuilles brûlées).

Ah oui, ils peuvent être fiers d’eux, ces deux-là : on leur doit quelques beaux paillages de plein champ !

Heureusement que pour le reste, les choses avancent plutôt dans le bon sens ! Notamment grâce à Camille et Aymeric, nos deux wwoofeurs de choc ! Ils paillent, ils plantent et ils désherbent comme s’ils avaient fait ça toute leur vie. Le grand jeu du moment, c’est l’apprentissage des familles de plantes maraîchères : brassicacées, fabacées, apiacées, alliacées, solanacées, cucurbitacées, chénopodiacées, astéracées, etc. Sans parler du grand défi : placer le mot «convolvulacée» (famille du liseron et des patates douces) au milieu d’une conversation…

À la semaine prochaine !

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Les maraîchers du contrevent

Plantation d’oignons par Camille

Ça souffle aux Grivauds. Une bise froide et sèche, nous offrant à la fois des ciels bien dégagés et des gelées matinales systématiques. Nos joues et nos nez se teintent sous la caresse chaude du soleil printanier et dans le même temps, nous hésitons à faire tomber nos pulls, tant le fond de l’air reste frais. Les rafales du début de semaine se font néanmoins très vite oublier, bousculées par les joyeuses bourrasques d’énergie que nous apportent nos petites mains du moment : Laurence (notre stagiaire), Camille et Aymeric (nos deux premiers wwoofeurs de l’année).

Paillage des petits pois par Aymeric

Laurence, on ne vous la présente plus ; c’est sa 4ème fois aux Grivauds et elle attaque sa dernière ligne droite vers le BPREA. Cette semaine, on lui a réservé quelques nouveautés, dont le palissage des petits pois et la récolte du mesclun. Camille et Aymeric, de leur côté, nous viennent de Mâlain, en Côte-d’Or et débutent une tournée de wwoofing à travers la France. Ils emmènent avec eux Raymond, un vieux camping-car qui les protègent tant bien que mal de la rigueur des nuits bourbonnaises. Grâce à tous les trois, le jardin a pris un sérieux coup d’accélérateur : semis de petits pois et de pois mangetout en plein champ, plantation des pommes-de-terre, plantation des oignons, etc.

Après avoir paillé une planche (ici les pommes de terre), on passe le rouleau pour bien tasser la paille.

Faute d’attendre que le ciel daigne nous faire tomber un peu d’eau dessus, c’est une jolie pluie jaune qui a commencé à tomber sur nos planches de culture ! On a déposé de la paille sur nos pommes-de-terre primeurs (serre nº3), sur notre semis de fèves (qui commencent enfin à lever !), sur nos asperges et sur une partie de nos oignons fraîchement plantés. Le paillage, c’est une opération très longue (il faut une journée pour pailler une bande de 110m) mais qui fait sens dans notre ÉcoJardin. La paille a trois fonctions : elle nourrit le sol en faisant remonter son taux de matière organique, elle permet de maîtriser l’enherbement (notamment celui qui est dû aux annuelles : finis les chénopodes et des digitaires…) et limite le dessèchement du sol (très utile en été). Et en plus, tout ce jaune dans notre champ, c’est beau, non ?

À la semaine prochaine !

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C’est l’heure du bilan pour nos Amaps

Fleurs de pêcher. Puisqu’on vous dit qu’on aime les fleurs !…

Si vous êtes adhérent d’une de nos deux Amaps alors vous ne serez pas surpris qu’on se jette à nous-même quelques fleurs. D’abord parce que les fleurs, on aime ça. Ensuite parce qu’on n’est pas peu fiers de nos paniers de cette année ! Car, oui, la saison 2018/2019 est déjà derrière nous pour nos deux Amaps (l’AG de celle de Dompierre a eu lieu la semaine dernière, celle de Bourbon-Lancy ce mercredi) et l’heure est au bilan. Jamais nos paniers n’ont été aussi généreux et aussi variés que cette année ! Même en hiver, on est rarement descendu en dessous de 6 articles différents, dont une bonne part de «vert» (scaroles, laitues, épinards, mâche et autres mescluns). Nos Amapiens nous ont témoigné régulièrement de leur satisfaction et c’est à chaque fois très motivant pour nous ! On sait que certains d’entre eux lisent ce blog chaque semaine, profitons-en pour les saluer bien amicalement !

Semis de petits pois. Comme notre sol est plus ferme qu’un sol travaillé, on installe les petits pois dans des pré-trous effectués avec un plantoir conique. Bilan : on ne vous le conseille pas, c’est vraiment fastidieux ! D’ailleurs, la prochaine fois, on fait des poquets.

Dire qu’on se reposerait désormais sur nos lauriers serait mal nous connaître ! Car on est déjà à pied d’œuvre dans nos cultures et on se démultiplie pour mener tous les chantiers de front : plantation des épinards, des oignons blancs et des navets nouveaux (tout en plein champ) ; palissage des petits pois, semis des céleris raves (en mottes) et des petits pois (en plein champ, toujours)… Tout devient un peu urgent en même temps et on sent que l’arrivée des premiers wwoofeurs la semaine prochaine va nous faire le plus grand bien !

On aimerait pouvoir se réjouir de cette météo providentielle qui nous offre du soleil en cascade et des 18°C en plein après-midi. Malheureusement, dans le même temps, nos besoins d’arrosage vont en augmentant et … notre pompe vient de tomber en panne ! Sans parler des gelées matinales, qui sont systématiques (jusqu’à des -3°C à 7h) et qui nous obligent à protéger nos plants de solanacées tous les soirs.

La bâche est tirée sur le faîtage avant d’être dépliée.

N’empêche, on finit la semaine en beauté en installant la bâche sur notre nouvelle serre ! On profite de l’absence de vent de ce samedi matin et on tente notre chance à deux. Concrètement, on installe la bâche pliée sur le faîtage et ensuite, on la déroule sur les bords. Reste à l’attacher, opération qui fait intervenir des objets portant des noms évocateurs tels que lyre et jonc – ça parlera à ceux qui ont déjà eu à clipser une bâche, les autres iront faire une petite recherche sur internet. On n’a jamais été aussi près de pouvoir utiliser cette nouvelle serre à plants !

À la semaine prochaine !

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Vichy, nous revoily !

Le mesclun des Grivauds, star de la semaine sur le marché de Vichy

Après avoir levé un sourcil incrédule sur la qualité humoristique du titre de cet article, le lecteur se souviendra qu’on avait tiré le rideau sur notre stand du marché de Vichy à la fin du mois de janvier, faute de stock suffisant. On avait alors prévenu nos clients qu’on prévoyait de revenir le 16 mars. Eh bien, on a tenu notre promesse ! Et on n’y a pas été de main morte : on avait peu d’articles mais, pour une fois, nos caisses n’étaient pas tout à fait vides à midi. Essentiellement, c’est du « vert » qu’on a emmené cette semaine : des poireaux, des salades (magnifiques batavias de printemps !), des épinards, de la mâche, du mesclun, quelques choux, quelques céleris, des patates, des carottes et … 18 bouquets de persil (tous vendus avant 10h00). Parlez donc du mesclun à Fabrice, qui y a passé une grosse partie de son vendredi, à le récolter, le laver (les pucerons, eux-aussi, ont l’air d’apprécier nos jeunes pousses) et le mélanger. Parlez donc des poireaux à Denis, qui est allé les récolter en plein vent, entre deux averses… La récompense de nos efforts, c’est que nos habitués sont eux-aussi au rendez-vous et accueillent chaleureusement notre grand retour ! Encourageant pour la suite de la saison !

Les carottes ont levé. Cliquez pour agrandir.

L’autre grande nouvelle de la semaine, c’est que nos carottes de printemps ont levé ! Le semis avait été fait de façon très précoce (mi-février) sous tunnel nantais et c’était un peu un coup de poker pour nous. Il a fallu 17 jours avant qu’on voit les premiers cotylédons. Le tunnel a été ouvert en début de semaine pour profiter d’un bon arrosage par la pluie.

Murielle nous installe notre nouveau plan de travail !

Autre grande nouveauté : devant la bergerie, on a enfin un plan de travail digne de ce nom ! On le doit à Murielle, notre voisine, qui nous a confectionné une magnifique table en recyclant des palettes. Aussitôt installée, aussitôt adoptée, merci Murielle !!! Et puis, on repique la deuxième série de tomates, on sème du basilic, on continue à faire avancer la nouvelle serre et on finit le désherbage de la future planche des pommes-de-terre sous serre. Fabrice entend chanter sa première fauvette à tête noire et Denis s’extasie sur le retour des guêpes à longues pattes (Polistes Dominula). Bref, on ne s’ennuie pas aux Grivauds !

À la semaine prochaine !

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Il y a un an…

Cette année, le premier semis de carottes est en plein champ. Ici, le tunnel nantais est relevé pour que la pluie vienne mouiller la planche.

Il y a un an, je débarquais aux Grivauds. Je rejoignais Fabrice qui y travaillait déjà depuis six ans et qui menait sa barque contre vents et marées, en navigateur solitaire, opiniâtre et besogneux. Il y a un an, ce qui m’avait sauté aux yeux, c’était déjà cette biodiversité foisonnante qui vous a été décrite dans notre précédent article. Fabrice n’avait alors que quelques mois de recul sur sa pratique dite du «Sol Vivant» et même si l’année avait été très difficile, aucun retour en arrière n’était envisagé.

Il y a un an, jour pour jour, on semait nos carottes de printemps sous serre (cette année, c’est en plein champ, sous tunnel nantais, faute de place…). À regarder les photos, on constate que certaines cultures étaient plus avancées (oignons blancs et mini-blettes), d’autres plus timides (petits pois et choux de printemps). Notre blog nous offre désormais un regard rétrospectif sur notre travail. Ce qui n’était au départ qu’un outil de communication, de récit, de pédagogie, devient maintenant une réserve d’archives !

Consigne donnée à Laurence : quand on ne la verra plus derrière la paille, c’est qu’elle en aura délité assez.

Du fait du long article de Fabrice de la semaine, j’ai presque deux semaines à vous raconter en une seule fois… Faute de temps, je laisserai les photos parler pour moi (voir galerie ci-dessous). Ce qui est à retenir, c’est le retour de Laurence pour une pleine semaine de stage. Dans des conditions climatiques vraiment moyennes, elle nous a aidé au semis de fèves en plein champ : désherbage de potentilles, ouverture des poquets, dépôt des graines et délitage de la paille en vue du paillage (prévu pour la semaine prochaine). C’est un peu grâce à sa présence qu’on s’autorise à se lancer dans un chantier non-programmé : la plantation des rhubarbes, qui attendaient dans leurs pots depuis bien trop longtemps…

Jean-Baptiste et Abricot, à Sorbier

Dimanche dernier, c’est notre collègue Jean-Baptiste, installé à Sorbier, qui nous a invités à visiter sa ferme (le Jardin de la Gare). Pour l’occasion, nous avons assisté à une séance de travail du sol en traction animale. Avec Abricot, un cheval équipé d’une kassine, les buttes pour les oignons ont été montées. Le reste du site vaut aussi le détour : quelques petites serres menées en sol vivant, des arbres fruitiers, des haies et une faune qui n’a rien à envier aux Grivauds !

À la semaine prochaine !

Denis

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Fleurs de cardamine

Ample florale de cardamine

Cette semaine, les premières floraisons printanières font leur apparition aux Grivauds. Il y a bien sûr les plantes qui profitent de la douceur de nos serres pour accélérer leur développement (comme les pissenlits ou les mourons) et puis il y a celles pour qui c’est l’heure de toute façon. Sur les bords de route qui longent les sous-bois, les perce-neige sont déjà bien visibles. En prenant la peine de se pencher sur les chemins enherbés autour de nos serres, on distingue de minuscules fleurs violacées rayées d’un bleu plus soutenu : la véronique commune (veronica persica). Quelques lamiers pourpres lancent aussi une première floraison. Dans les planches d’épinards (serre nº2), il y a une adventice par laquelle on se laisse attendrir et qu’on ne désherbe (presque) pas : la cardamine hirsute (cardamine hirsuta). Ses petites fleurs blanches, regroupées en grappe, sont typiques des brassicacées avec leurs quatre pétales en croix. Dans la serre nº5, il y a d’autres fleurs de brassicacées mais celles-ci ne sont pas sauvages : c’est une planche de choux chinois, qu’on avait plantés à l’automne dernier pour le mesclun et qui ont monté un peu précocement. Vous retrouverez les photos de toutes ces plantes dans la galerie à la fin de l’article.

 

Puisqu’on vous dit que la nouvelle serre avance !

Bon, me direz-vous, et à part regarder les cardamines fleurir, qu’est-ce que vous avez fait cette semaine ? Plein de belles choses figurez-vous ! On passe sur la récolte d’épinards, où on a du jeter quantité de feuilles atteintes par le mildiou. On passe aussi sur l’avancement de notre chantier «nouvelle serre à plants» ; retenez simplement qu’on a quitté nos champs samedi avec 4 arceaux complètement sur pied ! On passera enfin sur l’arrivée de notre commande de paille déclassée, jeudi. Quatre mois d’attente pour se retrouver avec 24 bottes dans un état douteux, vendues 40% plus cher que l’année dernière. Il est urgent qu’on se mette aux engrais verts, ne serait-ce que pour réduire notre dépendance vis-à-vis de la paille.

Tunnel nantais pour les carottes

On préfère vous parler de notre semis de carottes … en plein champ ! Alors, non, on n’est pas devenus fous, mais on profite que le temps très ensoleillé semble bien vouloir perdurer encore un peu pour hâter la levée sous tunnel nantais. Pour le semis proprement dit, on commence à être rodés. On dé-cache  une planche occultée et on sème directement sur la terre à nue. On recouvre les rangs de terreau et on paille les inter-rangs. Reste ensuite à monter le tunnel et à bien le ficeler pour éviter qu’il ne s’envole à la moindre bourrasque. C’est long mais si ça marche, ça nous fera une grosse planche de carottes pour prendre le relai de celle qui a été semée sous serre à l’automne dernier. Et puis, si jamais la levée prend plus de temps que prévu, pas d’inquiétude : avec notre façon de procéder, on ne craint pas l’enherbement.

Un dernier mot pour vous dire qu’on a repiqué en mottes notre première série de légumes d’été (tomates, poivrons et aubergines). Jusqu’ici tout va bien…

À la semaine prochaine !

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