Terre de Ma’Lice, c’est fini !

Olivier, gérant de Terre de Ma’Lice à Dompierre

Et c’est bien dommage ! Parce que Terre de Ma’Lice, c’était LE magasin bio du coin (Dompierre) et qu’on y trouvait vraiment de tout : du frais, du vrac, des produits locaux, des produits d’entretien, cosmétiques, etc. On y allait aussi pour l’humour corrosif d’Olivier, le gérant, qui vous mettait autant de bonne humeur que sa délicieuse sélection de chocolat… Mais ça n’est pas seulement en tant que consommateurs que nous sommes tristes, c’est aussi parce que Terre de Ma’Lice était un acteur important pour le bio local. Cette fermeture nous interroge : à l’heure où les préoccupations écologiques ont pris une place importante dans le quotidien de nombre d’entre nous, comment se fait-il qu’une entreprise aussi indispensable qu’un magasin bio ne trouve-t-elle pas sa place ici, en Sologne Bourbonnaise ? Quoi qu’il en soit, nous tenons à remercier chaleureusement Olivier, Anne et toute la petite équipe qui l’entoure pour cette belle aventure. Olivier a déjà des projets pour rebondir et on suivra avec attention ce qu’il aura à proposer dans l’avenir.

On sème nos haricots beurre en poquet, directement au milieu des salades rescapées de la grêle (du moins, celles qu’on pense pouvoir vendre en les épluchant…)

Parenthèse refermée, retournons aux Grivauds. Où on s’était quitté sur une averse de grêle ravageuse. La consternation passée, on s’est remis au travail. D’abord contacter nos Amaps pour prévenir que les paniers à venir ne seront pas complets. Ensuite, tenter de réparer ce qui peut l’être : on épluche les blettes pour éviter que les feuilles abîmées ne viennent pourrir sur les cœurs. On prélève un maximum de fruits blessés sur les courgettes pour les forcer à redémarrer. Les salades ne sont plus vendables ? Qu’à cela ne tienne, on les désinstalle et on profite de la paille plutôt propre pour semer du haricot beurre en poquets. Et puis, on se remet à la plantation de choux, on récolte l’ail, on fait des bottes de carottes et de betteraves pour Vichy, etc. Bref, on ne lâche rien !

Pauline, lycéenne, en stage pendant ses grandes vacances !

Drôle de période pour débuter un stage, c’est pourtant ce lundi que Pauline nous fait l’honneur de venir renforcer notre petite équipe pour 10 jours. Pauline est lycéenne, intéressée par le jardinage, la permaculture, l’écologie et elle a décidé de sacrifier une partie de ses grandes vacances pour faire un stage chez nous. Quand on vous dit que nos jeunes ne se tournent pas les pouces face à l’urgence écologique !… Jeudi matin, on dit au revoir à Ellen, notre wwoofeuse allemande, ainsi qu’à Florin et Marie ses deux enfants. Ellen nous a laissé quelques bonnes idées qu’on réutilisera par la suite, notamment pour ce qui est de la présentation des légumes à l’Amap ou sur le stand de Vichy. Danke schön ! Bis zum nächsten Mal…

À la semaine prochaine !

La grêle, le pire fléau du maraîcher

On est samedi soir, il y a du monde aux Grivauds. Ellen et sa petite famille, nos wwoofeurs venus d’Allemagne, ont comploté avec Sandrine pour organiser un petit concert improvisé autour du piano. La soirée se termine tranquillement dans la mélancolie calme d’un morceau de Tiersen joué par Mathilde. Tout à coup, on entend toquer à notre fenêtre. Un rapide coup d’œil à travers la vitre et toute notre insouciance s’est envolée d’un seul coup : de beaux cailloux blancs viennent s’abattre bruyamment sur le perron. Un vent violent vient brasser l’air encore très chaud de cette fin de soirée, rendant le paysage complètement chaotique. Je cherche des yeux Fabrice : je le retrouve dans le garage, en train de gérer un début d’inondation. Il faut dire que dehors, ça ne fait pas semblant : en une demi-heure, on prend quasiment 40mm d’eau.

Des blettes complètement broyées : même Erza est scandalisée !

Le lendemain main, on mesure l’ampleur des dégâts dans le champ. La grêle a méticuleusement cassé, broyé, écrasé les feuilles, les tiges et les fruits. Aucune plante ne peut se targuer d’avoir entièrement résisté à la violence du phénomène mais il y a des cultures qui s’en remettront mieux que d’autres. On tire une croix sur nos salades (il y en environ 1200 dans notre champ en ce moment) et sur nos blettes. Nos courges s’en remettront très difficilement, c’est certain. Pour le reste, tout dépendra de la capacité des plantes à se redresser et à remettre de nouvelles feuilles. Parmi les dégâts, il faudra aussi tenir compte de l’impact que cette catastrophe aura sur notre moral et notre fatigue. Pour résumer : nous n’avions pas besoin de ça.

Le hasard fait bien les choses : Laurence est là pour les premières tomates !

La grêle jette un froid sur une semaine qui avait pourtant plutôt bien commencé ! On paille (salades et poireaux), on plante, on désherbe et on récolte joyeusement. Ellen et Marie (sa fille) m’accompagnent mercredi à l’Amap et nos clients s’attardent pour échanger quelques mots en français avec elles. Marie prononce désormais le nom de plusieurs légumes à la perfection. Vendredi, on mange nos premières tomates (enfin !!!). Pour l’occasion, Laurence, notre stagiaire de cette année, est là aussi. Elle vient fêter d’obtention de son BPREA (encore toutes nos félicitations, Laurence !). Martin, le mari d’Ellen nous a rejoints dès lundi et ses dons de cuisinier font des merveilles avec nos légumes. Pour ne rien gâcher, il nous fait profiter de ses talents de pianiste.

On se concentre maintenant sur la suite des choses : voir avec les amapiens comment gérer la crise et terminer les implantations des légumes d’hiver (choux et poireaux notamment). Il faudra plus qu’une grêle pour nous abattre, soyez-en sûrs !

À la semaine prochaine !

Comme un acarien en pleine canicule

Non, vous ne rêvez pas : ça tourne enfin dans les tomates !

On a une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer. On commence par laquelle ? La bonne ? Eh bien, figurez-vous qu’il y a enfin des tomates qui changent de couleur sur nos pieds ! Bon, pour l’instant, c’est plutôt une dizaine de courageuses et comme ça fait très peu, on se résoudra, la mort dans l’âme, à les manger nous-mêmes. Les autres devraient suivre dans la foulée. Alors, oui, la saison est tranquillement en retard de deux semaines, conséquence d’un printemps particulièrement froid. Mais, il y a quand même un peu d’été dans nos paniers : les premiers haricots, les premiers aulx, des courgettes, etc. Et notre stand sur le marché de Vichy a vraiment fière allure : fèves, petits pois, blettes blanches et jaunes, courgettes multicolores, carottes, betteraves, oignons, ail, persil. Sans oublier le grand retour de la Merveille de Verano, notre batavia rouge d’été et l’arrivée des imposantes cressonnettes du Maroc.

Serre nº4 : des pieds d’aubergine et de concombres très sévèrement attaqués par les acariens (cliquez pour zoomer). D’autres photos dans la galerie à la fin de l’article.

La mauvaise nouvelle ? C’est qu’on a une serre (la serre nº4 si vous voulez tout savoir) qui se fait envahir d’acariens rouges, les fameux Tétraniques tisserands (Tetranychus urticae). Ça a commencé d’abord dans les aubergines et on a essayé de contenir l’invasion en bassinant (aspersions courtes) très régulièrement les plantations. Et puis, les concombres ont commencé à blanchir et on n’a pas compris qu’il s’agissait de la même bestiole. Et au final, on commence même à avoir des dégâts dans les haricots à rame. Figurez-vous que ces acariens adorent les fortes températures et la sécheresse… Du coup, la canicule les fait ricaner et nous, on grince des dents en voyant les plantes dépérir. Pour les concombres, on se résout à planter une deuxième série dans une autre serre, histoire de couvrir la fin de la saison. Par contre, pour les aubergines, on est très pessimistes…

Florin, Marie et Ellen (leur mère), notre wwoofeuse du moment

Côté wwoofeur, Charlotte nous tire sa révérence mercredi, après quelques magnifiques récoltes… de doryphores ! Et dans la foulée, on reçoit Ellen et ses enfants, Florin et Marie. C’est la première fois qu’on reçoit des wwoofeurs d’un autre pays ! Tous les trois viennent d’Allemagne (Berlin). Ellen et Florin parlent un peu français et quelque chose me dit que Marie ne tardera pas à saisir rapidement quelques brides de nos conversations… Ellen nous accompagne dans nos tâches (récoltes, préparation des paniers, palissage des tomates, etc.) avec une belle vaillance. Samedi, elle règle son réveil sur 5h00 du matin pour emmener sa tribu sur le marché de Vichy pour voir comment se passe l’ambiance côté coulisses. Quand on vous dit qu’on est gâtés avec nos petites mains aux Grivauds !…

À la semaine prochaine !

La plantation de choux la plus luxueuse qu’on puisse imaginer

Bâche, collerettes, voile anti-insectes, irrigation en aspersion et en goutte-à-goutte : rien n’est laissé au hasard cette année.

Le chou, aux Grivauds, on y tient ! Quand on les réussit, on en est très fiers et nos clients nous en redemandent. On en fait de plein de variétés différentes, histoire de varier les plaisirs : des choux cabus blancs et rouges, des choux de Milan (dont le fameux chou violet de Pontoise), des choux de Bruxelles, sans oublier les choux-fleurs et les brocolis. En tant que jardiniers, on admire le port majestueux de la plante, avec ses immenses feuilles basales encadrant la pomme ou la fleur. Et puis, on ne se l’avoue pas, mais il y a toujours un peu du défi à réussir ses choux : c’est un légume exigeant, soumis à une grande variété de parasites (altises, punaises, charançons, noctuelles, piérides, etc.) et de maladies (dont la hernie du chou, dont nous avons déjà fait les frais il y a deux ans). On rajoute à ça le fait que la plantation demande un soin particulier car toute la motte doit être enterrée, ainsi qu’une partie de la tige. Je vous laisse imaginer ce que ça demande comme travail dans nos sols non travaillés…

Protéger les jeunes choux sous des cagettes pendant la semaine de canicule à venir, on y réfléchit très sérieusement.

Cette année, on a une contrainte particulière : la plantation de nos choux d’hiver aura entièrement lieu sur bâche tissée. Pour une raison très prosaïque : on n’a plus de bandes de culture suffisamment propres pour planter sous la paille. Pour les choux fraîchement installés, c’est la première semaine qui est la plus dure : il faut qu’ils résistent aux limaces, à la chaleur, aux U.V., aux brûlures provoquées par la bâche elle-même (qui est toujours de couleur sombre). Cette année, on a choisi d’acheter quelques centaines de collerettes en jute pour limiter les brûlures. Grand bien nous en a pris, à peine on avait commencé à installer nos choux qu’on nous annonçait la canicule de la semaine prochaine… Dès lundi prochain, on envisage même de cacher nos 400 premiers choux sous de vieilles cagettes pour les ombrager un peu… En attendant, on apprécie le fait que le filet anti-insecte (qu’on utilise pour les protéger des altises) soit un peu brillant : si ça peut éviter que la bâche ne chauffe trop. Peut-être que tout ça ne suffira pas mais on pourra au moins se dire une chose : on se sera donné un maximum de chance pour réussir nos choux cette année !

Plantation de melons en serre nº5 ; deux frères en action !

On a progressé pour nos plantations de choux mais pas seulement. Tiens, une journée symptomatique de notre capacité à réagir vite et bien : celle de samedi. Le matin, on se demande comment nos plants de melon (déjà bien avancés) vont survivre à la canicule. Il est prévu qu’on les plante en serre 5, là où il reste encore quelques oignons nouveaux. Dans la matinée on se décide à tout récolter. On trie ceux qui ont commencé à sécher et ceux qui peuvent encore être vendus comme oignons nouveaux. On nettoie rapidement la planche (un peu de liseron, un peu de potentilles) et on se rend compte que le reliquat de paille est trop faible pour contenir la digitaire et la renouée persicaire. La digitaire, c’est le genre de graminée tropicale à affronter la canicule en ricanant… On ne tergiverse pas et on se décide à re-pailler la bande. À 15h, c’est terminé et la plantation des melons commence.

Ça nous fait encore des journées bien chargées et Charlotte, notre valeureuse wwoofeuse, nous y accompagne avec une énergie et une patience salutaires. Il faut voir avec quelle attention elle plante les choux ou récolte les doryphores dans les pommes de terre ! On est à peine surpris quand elle nous raconte qu’elle fait des nuits de 10h de sommeil. Qu’on ne vienne pas nous raconter que les jeunes sont devenus fainéants… Les deux derniers jours, on retrouve Yannick, le frère de Fabrice qui adore venir nous filer un coup de main chaque fois qu’il vient visiter le jardin.

À la semaine prochaine !

La pomme de terre aux Grivauds, c’est simple, c’est bon et c’est pratique !

On pose tout simplement les plants de pommes de terre sur le sol.

Il suffit de laisser traîner ses yeux dans les petits carrés potagers du voisinage pour se rendre compte à quel point la pomme de terre constitue la grammaire de base de tout jardinier qui se respecte. À voir les reflets bleutés de certains pieds, l’impressionnant volume de feuillage et la propreté remarquable des buttes, on se doute que ces belles cultures sont un peu «aidées»… Aux Grivauds, la pomme de terre suit un itinéraire technique des plus sobres : le plant est posé au sol et il est recouvert d’une grosse épaisseur de paille (environ 20t/ha). De cette façon, les pommes de terre se développent à l’interface entre la terre et la paille et la récolte se fait sans avoir à creuser. Attention, si l’épaisseur de paille est trop légère, les pommes de terre risquent de voir la lumière et de verdir. À la saison suivante, le reliquat de paille est important et permet de démarrer tout de suite une nouvelle culture sans repailler. Pratique ! À noter pour cette année, on a essayé une nouvelle variété : l’Allians. Ce sera à vous de nous dire si on a eu raison…

Un insecte inhabituel est repéré et, soudainement, la récolte des petits pois s’interrompt. C’est nous qui avons appris ça à Laurence ? Je ne pense pas…

Cette semaine, on a accueilli Laurence pour sa dernière semaine de stage avant l’obtention de son BPREA. On lui confie quelques récoltes (petits pois, fraises, persil, etc.), elle paille les pommes de terre et elle taille les tomates de main de maître. Elle va beaucoup nous manquer, c’est certain : c’était vraiment très chouette de travailler avec elle. Pas seulement pour l’immense coup de main qu’elle a apporté à nos cultures depuis sa première venue en août dernier, mais aussi pour son énergie débordante, sa curiosité permanente et son amour des plantes. Quelque chose nous dit, cependant, qu’on aura l’occasion de la revoir avant la fin de la saison…

Plantation des salades avec Charlotte

Nous avons aussi le plaisir d’accueillir une nouvelle wwoofeuse cette semaine : Charlotte. Elle nous arrive tout droit des Yvelines, elle est étudiante en commerce et vient aux Grivauds pour un premier contact avec le monde agricole. Paillage, récoltes, palissage, plantations des pommes de terre et des salades, en 3 jours, elle a déjà vu beaucoup de choses ! Il paraît que pour tenir le coup, elle se gave de carottes… Pas de problème : ici, elles sont fraîches et pleines de vitamines.

Je ne veux pas voir un poireau qui dépasse !

Autre gros chantier : les poireaux d’automne sont en cours de repiquage ; préparation des plants et mise en terre des poireaux, c’est du 100% Fabrice cette année, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il nous fait ça aux petits oignons ! Admirez la rectitude des rangs, ça c’est de la belle ouvrage ! La pluie de la fin de la semaine vient à point pour parfaire la plantation et devrait permettre à l’ensemble du jardin d’encaisser sans sourciller la vague de chaleur annoncée pour la semaine prochaine.

À la semaine prochaine !

Oh ! Des petits pois !

Adeline, dans la forêt des petits pois

Il y a des légumes qui sont très attendus, on le sait. Mais ça nous fait toujours un petit quelque chose de voir la mine réjouie de nos amapiens de Bourbon-Lancy quand on débarque avec des petits pois et des courgettes dans les paniers. Les choux-raves ne bénéficient pas du même accueil et c’est un peu injuste pour eux parce que, franchement, ils sont vraiment beaux cette année ! Pour les fraises, c’est le tour de l’Amap de Dompierre de recevoir les jolies petites barquettes rouges. On sait bien que tout ça n’est qu’une façon de faire patienter tous les amateurs de légumes en attendant les tomates mais ça commence déjà à être réjouissant pour les papilles.

Et ceux-là, quand ils arriveront dans les paniers, avec plusieurs semaines d’avance sur l’année dernière, on sait déjà qu’on fera des heureux !

D’ailleurs, côté tomates, on n’a pas à rougir (elles, si, en revanche) : on a vraiment mis toutes les chances de notre côté en mettant un grand coup d’accélérateur à notre premier gros chantier de taille et de palissage. Cette semaine, on est aidés par Adeline, une wwoofeuse avec des connaissances en jardinage déjà très solides, pour avoir contribué pendant un an à l’entretien d’un jardin partagé, en permaculture, près de Lyon. Son efficacité et sa bonne humeur nous permettent d’avancer très vite sur un certain nombre de tâches : le paillage de notre nouveau semis de carottes, le «déliseronnage» de certaines planches du plein champ, la plantation des dernières betteraves, des fenouils, des salades, des physalis, des maïs doux et des San Marzano. Ajoutez à ça une récolte de petits pois et des récoltes de fraises et vous commencez à percevoir qu’on ne l’a pas ménagée… Merci mille fois à elle pour le coup de main !

À la semaine prochaine.

L’été arrive : il est temps de préparer l’hiver

En apportant du plant de betteraves, Laurence longe les céleris-raves, deux cultures d’hiver pour lesquelles on est à l’heure !

Paradoxe du maraîcher : c’est au moment où les températures décollent qu’il doit planter ses légumes d’hiver… Bon, cette année, on a un peu d’avance : on n’a pas attendu la fin du printemps pour commencer ces lourds chantiers. La semaine qui vient de s’écouler a été l’occasion de mettre un gros coup d’accélérateur, jugez plutôt : la plantation de courge est terminée, les betteraves sont presque toutes installées (il reste 2 caisses sur 22 à planter), les panais sont semés et … on a dégainé nos premiers poireaux ! À partir de vendredi, les températures décollent et on se méfie des premiers 30°C annoncés pour ce dimanche ; du coup, on a arrêté les implantations jeudi et on irrigue pour limiter la casse. La fin de semaine, en plus d’être consacrée aux récoltes pour le marché, est l’occasion de faire avancer le palissage et la première taille des tomates.

1000 poireaux déjà en terre !

Laurence et Laura, à nouveau, nous permettent d’avancer à vitesse accélérée dans nos cultures. Et puis, vous me connaissez, ça discute beaucoup en travaillant… Parfois on branche donc «Radio Grivauds» pour parler du jardin ou du fonctionnement du sol vivant. Mais aussi, souvent, on sort la tête des plantes et on divague autour de la musique ou de l’animation – les anecdotes de Laura sont savoureuses, à ce sujet ! Et puis, le jardin nous rappelle soudainement à lui et on se précipite pour aller admirer une couleuvre qui s’est installée dans notre tas de compost, une coccinelle qui fait un festin de pucerons ou le chat du voisin qui se fait passer pour une botte de carottes (mais personne n’est dupe, hein).

Cherchez bien, il reste une barquette de fraises… (Cliquez pour zoomer)

Côté récolte, on réussit cette semaine à mettre des fraises et des radis dans les paniers d’Amap. Très bonne réception de la part de nos amapiens, vous vous en doutez ! Mais c’est sur le marché que le succès est encore plus criant : on y amène une quinzaine de barquettes de fraises, histoire de tester un peu ce nouveau produit auprès de notre clientèle vichyssoise. Résultat : elles sont parties à une telle vitesse que j’ai à peine le temps de les prendre en photo sur le stand (il ne reste plus qu’une barquette sur la photo ci-contre). Bien entendu, on s’arrache aussi nos premières courgettes, sorte de petit prélude à l’été. Sur le stand, on trouvait aussi des aromates en pot et des choux pointus, deux nouveautés qui nous avaient été réclamées par nos clients l’année dernière. Promesse tenue, donc !

À la semaine prochaine !

Aurons-nous des courges qui sentiront la flouve ou la menthe ?…

Bon, d’accord, il y a des zones où même la tarière a du mal à entrer (à cause des racines de graminée)… À la manœuvre : Laura, notre wwoofeuse du moment.

Les courges, ça a un peu été un de nos grands succès de l’année passée. Alors on réitère quasiment à l’identique : une culture sur bâche, irriguée en goutte-à-goutte, sur un sol très enherbé. Le morceau de la parcelle qu’on a choisi pour cette année est très riche en longues graminées, déjà en fleurs : de la houlque laineuse, des fétuques élevées, des crételles, dactyles, vulpins et autres bromes… Avant la pose des bâches, la végétation est broyée et vaut pour engrais vert. En creusant le sol pour y installer les plants, on tombe parfois sur des racines aux fragrances prononcées : celles de la menthe ou de la flouve odorante en particulier.

Un bihoreau chasse des tritons dans notre mare !

À la manœuvre, Laura, notre wwoofeuse du moment, et Laurence, qui fait son retour au jardin pour son avant-dernier stage. Laura est animatrice en environnement et développement durable et vient aux Grivauds avec l’envie d’élargir ses connaissances en jardinage et en biodiversité. La période est bien choisie : notre faune et notre flore se sont considérablement étoffées avec l’arrivée des premiers beaux jours de printemps. Les floraisons se multiplient, les libellules sortent pour leurs premiers ballets et un bihoreau s’est même installé sur notre petite mare.

Première récolte de courgettes. Pas de quoi faire une distribution d’Amap mais ça va venir !

Mercredi, la première distribution d’Amap de cette nouvelle saison nous a permis de dégainer nos carottes nouvelles, de préparer de belles bottes d’oignons nouveaux, quelques jolies salades de plein champ, du persil et des pommes de terre. C’est encore timide mais ça va aller en s’étoffant, c’est promis ! Signe que la météo est plus clémente : on mange nos premières courgettes et on s’oblige à palisser en urgence les tomates qui ont bien poussé ces derniers jours !…

À la semaine prochaine !

Avant la reprise des Amaps, faisons le point !

Il commence à y avoir du monde dans notre champ !

Ça fait longtemps qu’on ne vous avait pas fait faire un petit tour des plantations, alors allons-y ! Ceux qui nous suivent régulièrement savent qu’on a eu ici un printemps un peu «Rock and Roll», avec une météo hostile qu’on peut résumer en trois points : du froid, du vent, du sec. Le sec, on commence à avoir l’habitude et on sait faire. Le vent, c’est déjà beaucoup plus pénible : les bâches et les voiles ne tiennent pas en place, la paille s’envole avant qu’on la dépose au sol et nous, on tangue sous les rafales… Le froid, on l’a déjà dit, c’est le pire pour nous ! Sous la paille, nos sols se réchauffent lentement et les risques de gelées blanches sont décuplés, même en serre. La dernière gelée a eu lieu le 16 mai et elle nous a grillé quelques feuilles de courgettes et de pommes de terre. Le jardin dans son ensemble tourne au ralenti et ça nous attriste un peu ! Mais, pour autant, n’y a-t-il donc rien à sauver de ce printemps 2019 ?

Admettons-le : en serre, ça pousse !

Mais si, bien sûr ! D’abord, commençons par nous jeter quelques fleurs : on a quand même vachement bien bossé ! Le plan de culture, les gestes qui se fluidifient, la nouvelle serre à plants, les wwoofeurs qui débarquent plus tôt que l’année dernière, l’amélioration de notre technique de paillage, tout ça mis bout à bout fait qu’on gagne beaucoup de temps et qu’on arrive à planter plus rapidement. Les plants sont souvent plus jeunes lorsqu’on les met en terre, ce qui est une bonne chose pour la reprise. Mi-mai, tous nos légumes d’été sont déjà en place (concombres, haricots à rame, tomates, aubergines et poivrons) et certains sont bien plus développés que l’année dernière à la même date (malgré le froid) : c’est le cas de la première série de tomates (du moins, les pieds qui ont survécu aux différentes vagues de gel), des haricots, des choux et des pommes de terre nouvelles. De manière générale, dans nos serres, ça ne se passe pas si mal que ça. Mais admettez que c’est rageant de ne compter que 11 tomates formées sur 750 pieds… Derniers points sur lequel on a fait des progrès : la gestion de l’enherbement. Il y a de nombreuses planches en serre qui ont été désherbées à 100% et sur lesquelles il n’y aura plus qu’à gérer le liseron et les chardons. Le champ finira un jour par être propre, à force d’alterner les occultations et les cultures.

Les courgettes sont enfin paillées !

Alors, que trouvera-t-on dans les paniers dans les semaines à venir ? Des carottes nouvelles, des radis, des oignons nouveaux, des pommes de terre,(pas encore nouvelles), des salades et du persil. Ensuite, viendront les petits pois, les choux pointus, les betteraves et les pommes de terre nouvelles. Et les courgettes ? C’est difficile à dire. Actuellement, elles sont au stade où elles forment des mini-courgettes qui ne grossissent pas mais ça peut se décanter du jour au lendemain. Pour les tomates, c’est sûr que ce sera encore plus tardif que l’année dernière : la nouaison commence seulement maintenant… Patience, il paraît que c’est dans les maturations les plus longues que se forment le plus de vitamines et de sucre. Oui, on se console comme on peut…

À la semaine prochaine !

Ces choux qui prouvent qu’on a su «rester jardinier»

Note : Notre appareil photo est cassé, ce qui explique qu’il y ait un peu moins d’illustrations que d’habitude. Du coup, j’en profite pour divaguer un peu et on refera le point sur l’avancement du jardin la semaine prochaine, d’accord ?

Euphorbe Épurge au milieu des fraisiers

Au milieu de notre planche de fraisiers trône une plante énigmatique, à la fois étrangement familière et terriblement exotique. Imaginez une grosse tige bien érigée, de laquelle partent des feuilles longues, fines et rigides, disposées horizontalement selon deux axes perpendiculaires. À environ un mètre du sol, la tige se ramifie enfin pour porter de longues tiges florales rigides. L’ensemble arbore des couleurs tirant tantôt sur le vert bleuté, tantôt sur le violacé et répond au nom d’Euphorbe Épurge. Il s’agit d’une plante plutôt commune par chez nous et ça n’est pas sa rareté qui nous a poussé à ne pas la couper lors de nos désherbages. Mais il faut croire qu’on s’est un peu senti intimidés par son port si impétueux et qu’on sentait nos fraisiers bien à l’abri sous ce grand phare naturel. Allez savoir…

Deux choux cabus au milieu des tomates cerises

Il y a quelques semaines de ça, Jacques, notre propriétaire, est passé nous rendre visite. Pendant que je lui montrais nos tomates cerises fraîchement plantées, il s’étonnait de la présence de deux gros choux en plein milieu de la planche. Depuis qu’on ne travaille plus nos sols, ça arrive fréquemment qu’après récolte, quelques individus de la culture précédente tentent leur chance à partir de leurs réserves racinaires et refont une plante, qui, parfois, est parfaitement viable. On se souvient, l’année dernière, de récoltes de mesclun faites à partir de mini-salades repoussées sur un collet déjà coupé, de fenouils petits mais bien ronds ou de blettes qui redémarrent l’année suivante, comme si de rien n’était ! Dans le cas de ces choux, on les a vu pousser très tôt (février) et avec une belle vigueur. Leurs racines datent de l’année dernière et ont tranquillement attendu la fin de l’hiver pour s’exprimer de nouveau. On s’attendait à ce qu’ils montent rapidement en fleur mais on en a laissé deux se développer par curiosité. Deux mois après, ils étaient toujours là et on n’a pas eu le cœur de les désinstaller au moment de la plantation des tomates cerises. Actuellement, ils terminent de pommer et il manque peu avant qu’on les déguste. Ça nous changera des blettes… Jacques m’a alors fait la réflexion suivante : «c’est à ça qu’on voit que vous avez su rester jardiniers». C’est la même logique qui a fait qu’une matricaire quasiment en fleurs a survécu au désherbage des tomates de ces derniers jours… Mais si ! Vous savez, cette plante dont les fleurs ont une odeur de pomme !…

Parfois, quand on lève les yeux, c’est pour constater qu’un tourbillon est en train d’embarquer le voile de culture de nos épinards…

Notre part «maraîcher» s’exprime dans nos gestes du quotidien, dans nos plantations, dans nos récoltes ou lorsqu’on râle parce que la météo fait des siennes. Alors que notre part «jardinier» nous fait planter des fleurs à toutes nos entrées de serre, nous fait lever le nez lorsqu’un papillon volette dans les parages et nous pousse à épargner certaines adventices au moment d’un désherbage ou d’une plantation. Au motif que ça fera des fleurs pour les abeilles. Ou que la plante est rare. Ou qu’elle est belle… Nous cultivons ces deux facettes de notre activité, qui se complètent l’une l’autre et qui nous permettent de nous sentir à la fois productifs et en harmonie avec notre écosystème.

À la semaine prochaine !