Il faut savoir séparer le basilic de la tomate

Des planches de basilic comme ça, on en a deux… Autant dire que si vous avez des envies de pesto, c’est maintenant ou jamais.

On a deux planches de basilic qui donnent prodigieusement. Les pieds sont beaux et généreux, les feuilles bien vertes et on le gère suffisamment bien pour l’empêcher de fleurir et le récolter toujours au bon stade. Mais, jusqu’à présent, les tomates n’étaient pas mûres, alors on avait bêtement du mal à nous sentir légitimes à avoir autant de basilic de façon si précoce. À quoi bon, puisque leur principal compagnon de l’été se fait attendre. Et pourtant, nos client·es se réjouissent déjà de la présence de cet aromate. Qu’attendions-nous pour nous féliciter avec iels de son parfum franc et évocateur ? D’ailleurs comment caractériser cet arôme ? Poivré, mentholé, cannabinoïde[1]Ah si, avouez que ça sent un peu la beuh. ? Chacun·e voyage avec cette fragrance en fonction de son histoire olfactive personnelle.

Le basilic, ça fait partie de la grande famille des lamiacées. La famille de la menthe, de la sauge, des lavandes, des lamiers et de la germandrée. Une grande partie des plantes aromatiques sont les cousines du basilic. Reconnaître une lamiacée, c’est facile : les feuilles sont opposées et décussées (elles pivotent de 90°C à chaque nœud), les tiges sont carrées et les fleurs sont à symétrie bilatérale[2]Méfiez-vous, ces critères ne sont pas suffisants, mais ça donne un indice. Des basilics (Ocinum basilicum), il en existe des tas de variétés. Des grands, des petits, des verts, des rouges, des qui viennent de Gêne (Genovese), de Grêce ou de Thaïlande (Basilic thaï). Des qui sentent la cannelle ou le citron. Nous, on se concentre sur le Basilic ‘Grand vert’, un grand classique. Les tiges peuvent monter jusqu’à 40 cm de haut. C’est généreux, c’est beau et ça fait des pestos doux et délicieux. L’année dernière, avec quelques bouquets de basilic de retour du marché, une wwoofeuse malicieuse a tenté de le faire sécher et de l’infuser. Résultat : ça marche ! Et c’est même surprenant tellement c’est bon. D’ailleurs, il existe des variétés spécialement développées pour ce genre d’utilisation. On appelle ça des Tulsis, ou Basilics sacrés.

C’est facile de faire pousser du basilic. Une terre généreuse, pas mal d’eau, et voilà. Par contre, ce qui est compliqué, c’est de le récolter au bon stade. Concrètement, on cherche à récolter les brins les plus grands possibles. Mais si on attend trop, alors les fleurs apparaissent et c’est loupé. On prélève en coupant assez bas, au dessus d’un nœud pour permettre à des bourgeons axillaires de prendre le relai. Sur un même pied, on peut prélever entre 5 et 7 brins si on se débrouille bien. Après, la plante est tellement stressée qu’elle fleurit quasiment immédiatement. Un dernier conseil, si vous avez un pot de basilic dans votre cuisine ou quelques plants dans votre jardin, ne prélevez pas les feuilles une par une : la plante déteste ça et se met à fleurir. Prélevez toujours des tiges entières. Et si ça vous fait trop, mettez les tiges dans un verre d’eau. Tout simplement.

Bon, tout ça, c’est bien beau, mais ça ne vous dit pas ce qu’on a bricolé cette semaine, à part sniffer du basilic. Eh bien, vous le saurez en regardant les photos, bande de petit·es curieux·ses !

À la semaine prochaine !

References

References
1 Ah si, avouez que ça sent un peu la beuh.
2 Méfiez-vous, ces critères ne sont pas suffisants, mais ça donne un indice

Courges : l’impossible culture ?

Après la grêle : on perd toute la première génération de fruits dans les courges et les pieds sont très abîmés.

C’est ma cinquième année aux Grivauds. Et c’est la troisième fois qu’on assiste impuissants au massacre de nos courges par un orage de grêle. 2019, c’était début juillet. 2021, c’était fin juillet. 2022, c’est fin juin. D’ailleurs, rien ne nous garantit qu’on n’en reprendra pas une dose dans l’été… Cette fois-ci, les glaçons étaient si gros qu’ils ont perforé les bâches de serre. Les dégâts sont vraiment importants. La bâche de la serre 2 est bonne à jeter. Bon, c’était une bâche déjà très ancienne qu’il aurait fallu changer cet hiver. Mais, là, pardon, on avait d’autres chats à fouetter. Ah oui, parce que, c’est peut-être ça qui nous fait le plus râler : on était suffisamment débordés pour ne pas avoir envie de gérer les conséquences d’une grêle pendant les chantiers poireaux et choux… Genre éplucher deux cents pieds de blettes pour qu’elles repartent du cœur. Genre rustiner les bâches de serre pour éviter qu’il ne pleuve sur nos tomates. Début janvier, je me souviens avoir fait le vœu d’une «année calme», histoire de souffler un peu après 2021, qui avait été particulièrement difficile à gérer. Vœu non réalisé. Ma dernière année aux Grivauds me laissera l’impression d’avoir constamment couru dans tous les sens…

Cette année, on a quand même progressé d’un cran dans notre anticipation de la grêle. On a couvert les salades et les courgettes avec un filet anti-insecte. Résultat : partout où le filet a tenu sur les courgettes (c’est à dire quand le vent n’est pas venu malicieusement le soulever), les pieds ont été parfaitement sauvegardés ! Pour les salades, le résultat est mitigé. Les grêlons ont stagné sur le haut des salades et ont brûlé les feuilles, laissant d’importantes traces noires derrière eux. On va quand même tenter de vendre ces salades abîmées à Vichy. Par contre, les courges… on n’a rien protégé du tout. De nombreux pieds sont cassés. Il va falloir attendre un peu pour qu’ils se refassent une santé. Et toute la première génération de fruits (notamment de magnifiques potimarrons) est bonne à jeter. On aura quand même des courges. Mais, comme l’année dernière, on sait déjà qu’on n’aura pas assez pour passer l’hiver. Dans ces conditions, désormais, faut-il ou non inclure dans le prix de vente le risque important de se faire grêler la culture ? Ça paraîtrait légitime. Des solutions existent pour protéger les cultures extérieures mais elles sont laborieuses. On pourrait souscrire à une assurance récolte pour les courges. Mais est-ce rentable ? À étudier. Certain·es collègues investissent déjà dans du filet anti-grêle. En tout cas, il parait impensable désormais de ne pas penser à la grêle dès l’installation.

On n’est pas restés les bras croisés cette semaine : 400 choux ont été plantés, ainsi que la quatrième série de concombres et la deuxième série de poireaux. Les plants de la troisième série de poireaux attendent déjà dans notre chambre froide… On a taillé, palissé et paillé une grosse partie de nos tomates et nos poivrons sont enfin désherbés (merci Nadia !). Tout ça en préparant en même temps nos paniers d’Amap et notre marché du samedi… Allez, on ne fléchit pas : l’été ne fait que commencer !

À la semaine prochaine !

Paradoxe aux Grivauds : comment la réussite de notre printemps handicape notre été

À Vichy, notre stand n’a jamais été aussi complet à cette période de l’année ! Plein de courgettes, de concombres, de petits pois… Jeu : reconnaissez-vous la vendeuse de la semaine ? C’est une «petite main» historique des Grivauds ! (Cliquez pour agrandir)

En ce moment, avec Fabrice, on réalise un petit rêve : réussir à aller toutes les semaines sur le marché de Vichy, hors période de tomates. C’est inédit pour nous d’avoir autant de légumes à cette période. De même, en avril, on avait du rendre nos visites à Vichy plus régulières, pour écouler nos épinards et nos salades. Actuellement, ce qui embouteille notre chambre froide, ce sont les betteraves, les petits pois, les choux cabus, les courgettes et les concombres. Ah, et aussi quelques centaines de magnifiques salades de plein champ. Que s’est-il passé ? Les conditions météorologiques sont très favorables à une belle précocité, contrairement à l’année dernière. Et puis, on a encore fait des progrès, en termes de choix techniques : le réchauffement et l’hydratation des sols ont été mieux gérés. La fertilisation a été plus généreuse. Bilan : non seulement on a de la salade en continu (ce qui n’était pas le cas les années passées, où les premières salades de plein champ patinaient dans la choucroute), mais en plus elles sont énormes… Nos deux débouchés habituels (l’Amap de Bourbon-Lancy et le Marché de Vichy) sont à peine suffisants pour écouler tous ces beaux légumes, c’est fou !

Alors, oui, du coup, ça fait rentrer plus d’argent que les années passées. Et, ça, c’est quand même le but du jeu. Mais, et c’est là tout le paradoxe, ça nous laisse aussi beaucoup moins de temps pour planter, semer, désherber, palisser nos tomates. Mine de rien, préparer le marché de Vichy, ça nous prend une journée complète. La récolte des petits pois nous occupe trois bonnes heures, et on l’a effectuée deux fois cette semaine ! De plus, l’un de nous deux s’absente toute la matinée du samedi pour tenir le stand du marché. Alors, oui, semaine après semaine, le retard s’accumule. On se concentre sur l’imposant chantier des poireaux : pailler et planter les milliers de plants fraîchement reçus. Malheureusement, le soleil est si violent que les pauvres petits poireaux semblent brûler dans la paille, à peine installés dans le sol. On arrose pour calmer le jeu. Et on doute. Dans les serres, les tomates poussent tellement vite qu’on n’arrive plus à suivre leur croissance. Certaines s’écroulent, insuffisamment palissées. Les dernières séries de concombres et de salades patientent dans la pépinière. Et l’immense chantier choux est au point mort. De toute façon, c’est impossible de planter sur une toile tissée avec une telle température. Notre logiciel de planification ne cesse de nous seriner que nous devrions être en train de semer des carottes et des haricots verts. Bref, on est dépassés.

Des tomates qui s’écroulent aux Grivauds : ça aussi c’est du jamais vu…

Alors, oui, de nouveau, on envisage une embauche. Inutile de vous jeter sur votre clavier pour postuler : on a déjà quelqu’un sous le coude. On attend que ce soit officiel pour vous présenter l’heureux·se élu·e qui aura l’insigne honneur de redresser nos tomates. En attendant, je vais aller me baigner dans la Loire, pour éviter de terminer grillé comme un poireau des Grivauds…

À la semaine prochaine !

Légumes d’été : on fait le point

Elles sont mûres quand ces tomates ? Fin juin ? Début juillet ? Suspens…

«Alors, c’est quand les tomates ?» J’ai rencontré un jour un maraîcher qui répondait toujours de la même manière à cette question : «vous prenez votre première envie de tomates et vous ajoutez deux mois». Comme quoi, les bons mots, ça fait sourire, mais ça ne renseigne pas toujours. Nous, ce qu’on peut vous dire, c’est qu’on n’a jamais planté les tomates aussi tard (fin avril à mi-mai), mais qu’on n’a jamais eu une saison aussi précoce. Comme quoi, la franchise, ça fait du bien, mais ça peut aussi être source d’ambiguïté.

Vous vous en souvenez, cette année, les tomates sont toutes greffées et conduites sur deux brins. Deux fois moins de pied que l’année dernière. On les a plantées en rang central et on a placé des cultures de part et d’autre. On peut déjà en tirer un premier bilan. D’abord, on a choisi de privilégier un gourmand assez haut, pour assurer une bonne ventilation sous les pieds. Concrètement, on a gardé le gourmand situé sous la première grappe. Ce gourmand prend d’abord le temps d’émettre une série de feuilles avant de produire une grappe de fleurs. Ce qui signifie qu’on a deux fois moins de premières grappes que l’année dernière. Et ça, on ne l’avait pas tellement anticipé… Ça signifie qu’on aura une fin de saison beaucoup plus soutenue que le début de saison. Ensuite, on a pu constater l’impact des cultures adjacentes sur la croissance des tomates. Flanquée de salades ou de persil, la tomate prend nettement le dessus et pousse normalement. Le persil est même un peu stressé et certains pieds présentent déjà des signes de montaison. Entourée de betteraves et de choux chinois, la tomate semble souffrir de la concurrence et la croissance est retardée. Et malheureusement, des betteraves, on en a planté tout plein. Sous les betteraves, le sol est tout sec : on soupçonne une concurrence en eau. En dehors de ça, on est impressionnés par le port de notre série la plus précoce, qui est majestueux. Et par la croissance vertigineuse des tomates cerise. À suivre.

Aubergines en serre 4, entourées de fenouils

Les aubergines sont elles-aussi toutes greffées. Quel que soit le lieu où elles ont été implantées (on en trouve dans trois serres différentes), elles ont démarré avec une vigueur hallucinante. Certaines feuilles sont déjà immenses. Les premières fleurs se sont ouvertes depuis une semaine. L’occasion de nous extasier devant cette alliance insolente de jaune et de violet. Là aussi, il y a deux fois moins de pieds que l’année dernière. Mais, l’année dernière, les pieds non-greffés (qui étaient majoritaires) n’avaient presque pas donnés. Donc, que tout le monde se rassure : ça va partir en moussaka tout ça. Les poivrons sont bien plus vigoureux que l’année dernière, sans être éclatants pour autant. On a en plantés un peu plus : on a vraiment envie de pouvoir en mettre régulièrement à l’Amap. Pour le moment, il reste un épineux problème : où trouverons-nous le temps d’aller les désherber ? Beaucoup de blé pousse sur ces deux planches… Les concombres sont plutôt beaux. Il y a 9 pieds greffés. Pour le moment, on ne les trouve pas plus vigoureux que les autres. À voir s’ils ont une meilleure longévité. Les courgettes se portent joliment, en serre comme en extérieur. On a déjà pu en vendre pas mal, à l’Amap et sur le marché. Les haricots grimpants, c’est plus compliqué : la planche est plus irrégulière et on a déjà des attaques d’acariens. Quant aux semis de haricots nains en plein champ, reconnaissons-le, on a du retard…

Là, normalement, c’est le moment où je vous fais un topo sur les petites mains de la semaine. Mais, William, stagiaire de retour au jardin, a choisi de se présenter lui-même à travers une petite danse :

À la semaine prochaine !

Le mystère de la jeunesse du MSV

Le MSV, c’est facile. Et c’est confortable.

Ajout du 6 juin 2022 : Après relecture de l’article, Marine me suggère de mentionner l’existence d’un label pour l’Agriculture de Conservation des Sols : Au Cœur des Sols.

C’est si simple le MSV[1]=Maraîchage sur Sol Vivant, pour rappel… ! Vous voyez, dans la serre 1, on avait une jolie planche de carottes. On récolte, on broie[2]Sans broyeur, dans un jardin, on se serait contentés de rabattre les hautes tiges. Par exemple au sécateur. les herbes qui ont poussé, on repaille légèrement, on bâche et on plante des melons. Aucun travail du sol, aucun désherbage. Tout va très vite et ne demande quasiment aucune énergie, ni humaine, ni mécanique. C’est si simple, qu’on se demande pourquoi on n’y avait pas pensé plus tôt. Il y a encore quelques années, jardiner, c’était forcément se confronter à la fourche-bêche (ou à la grelinette) et à la binette sous les lourds soleils d’été. Se lancer dans le maraîchage, c’était apprendre à manipuler tout un tas d’outils barbares, genre charrue, herse étrille, rotavator, actisol et j’en passe…

Attention, Marine, je crois que Miroux essaie de se faire passer pour un panier d’Amap…

C’est le genre de discussions qu’on a eues avec Marine, la wwoofeuse de la semaine dernière. Marine, elle a travaillé à l’APAD, l’Association pour la Promotion d’une Agriculture Durable. Son rôle était d’accompagner les agriculteur·ices en transition vers l’Agriculture de Conservation des Sols[3]Aussi appelée Agriculture de Conservation tout court, ou Semi Direct sous Couvert. Je vous l’accorde, ça n’est pas avec des appellations comme ça qu’on va faciliter … Continue reading. L’ACS, c’est un peu la grande sœur du MSV. Elle fait ses premiers pas aux États-Unis dans les années 50, avec pour but de réduire l’érosion des sols et d’améliorer leur fertilité. Mais c’est seulement à partir des années 90 qu’elle prend son envol. Les chiffres de 2016 montre que la surface mondiale en ACS dépasse les 12%[4]A. Kassam, T. Friedrich & R. Derpsch (2019) Global spread of Conservation Agriculture, International Journal of Environmental Studies, 76:1, 29-51, DOI: … Continue reading. Deux questions se posent : pourquoi est-ce que les produits de cette agriculture sont si peu visibles pour le grand public et pourquoi cette agriculture est-elle si récente ? Vous allez le voir, les deux questions sont liées.

En ACS, comme en MSV, on s’interdit de travailler le sol. Pas de labour, pas de binage. On plante ou on sème directement dans un couvert végétal ou dans un mulch[5]Couche de végétaux en décomposition sur le sol servant de paillage et/ou de nourriture pour le sol. Mois après mois, si rien n’est fait, les adventices[6]C’est le synonyme de «mauvaises herbes» que vous devez utiliser devant nous si vous ne voulez pas qu’on vous jette des potentilles dessus… s’installent. Genre des rumex. Genre du chiendent. Genre de la potentille rampante. Nous, en MSV, quand ça arrive, on dégaine une arme redoutable : la bâche plastique ! On pose une toile tissée sur les planches enherbées et, tintintin, les potentilles meurent au bout de quelques mois. C’est le principe de l’occultation. En jardin, on peut opérer avec des cartons, en faisant bien attention de choisir des cartons sans encre et sans traitement. En ACS, impossible d’opérer de cette manière-là… Alors, on dégaine les herbicides chimiques. Dont le glyphosate. Ce qui fait que, pour le moment, un produit issu de l’ACS ne peut pas être labellisé AB[7]En réaction à cet article, Nathalie Cerclé, de la Ferme de Layat, me mentionne qu’iels produisent des céréales sous couvert de luzerne permanent sans travail du sol et sans désherbant … Continue reading. Alors que la charrue, qui est une plaie écologique majeure, est autorisée en Bio… Pour le moment, aucun label n’existe pour aider le consommateur·rice à repérer les produits issus cette pratique. Et, de toute façon, l’usage du glyphosate ternit d’avance l’image de l’ACS. Ainsi, c’est la bâche plastique qui rend le MSV possible et ce sont les herbicides qui rendent l’ACS envisageable. D’où la jeunesse de ces pratiques. Je suis désolé de vous l’apprendre, mais on vit vraiment dans un monde dans lequel rien n’est simple…

C’est grâce à l’existence des toiles tissées que le MSV est possible : c’est comme ça qu’on peut planter à travers un couvert végétal sous avoir à retourner le sol.

On dit au revoir à Lucas, notre Brésilien de choc et on dit bonjour à Diane. Diane, qui est aussi une voyageuse hors-pair, et qui est prête à consacrer plus de deux heures de son après-midi pour aller en vélo acheter du sucre Bio à Digoin, afin de faire de la confiture de fraises. Les chantiers d’implantation ont ralenti avec la reprise des amaps mais on ne baisse pas les bras : il reste encore beaucoup de poireaux et de choux à planter !

À la semaine prochaine !

References

References
1 =Maraîchage sur Sol Vivant, pour rappel…
2 Sans broyeur, dans un jardin, on se serait contentés de rabattre les hautes tiges. Par exemple au sécateur.
3 Aussi appelée Agriculture de Conservation tout court, ou Semi Direct sous Couvert. Je vous l’accorde, ça n’est pas avec des appellations comme ça qu’on va faciliter l’appropriation du concept par le grand public…
4 A. Kassam, T. Friedrich & R. Derpsch (2019) Global spread of Conservation Agriculture, International Journal of Environmental Studies, 76:1, 29-51, DOI: https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00207233.2018.1494927?journalCode=genv20
5 Couche de végétaux en décomposition sur le sol servant de paillage et/ou de nourriture pour le sol
6 C’est le synonyme de «mauvaises herbes» que vous devez utiliser devant nous si vous ne voulez pas qu’on vous jette des potentilles dessus…
7 En réaction à cet article, Nathalie Cerclé, de la Ferme de Layat, me mentionne qu’iels produisent des céréales sous couvert de luzerne permanent sans travail du sol et sans désherbant chimique. À creuser !

Les Grivauds par temps chaud et sec : l’endroit idéal pour vivre une expérience allergique de qualité

Les graminées, c’est aussi un élément paysager

Rien à faire, aux Grivauds, on a une grande tendresse pour les graminées. Vous savez, ces grandes tiges/feuilles que vous appelez «herbes» en mettant un peu tout le monde dans le même sac. Le genre de plantes, qui, dans une pelouse « bien entretenue », n’atteint jamais le stade de la floraison. Et de toutes façons, à quoi bon laisser fleurir puisque la floraison est si peu colorée, si peu spectaculaire. Encore, un coquelicot ou un bleuet, passons. Au moins, c’est décoratif. Mais un panic ou un dactyle, aucun intérêt. Sauf que … non, nous, on y trouve plusieurs intérêts. D’abord, les graminées sont d’excellents couvres-sols. Elles ont un rôle clé dans les écosystèmes prairials : elles produisent beaucoup de biomasse et leurs racines structurent le sol à toutes les profondeurs. Elles produisent force graines, ce qui présente une source de nutrition pour de nombreux oiseaux (comme les moineaux par exemple). Et en plus … elles ont la classe ! Non, mais c’est vrai, dès qu’on s’y intéresse un tout petit peu, on y détecte une foule de formes, de hauteur, structure. C’est riche. C’est beau. Tout simplement.

Panicule de Dactyle aggloméré au moment de l’anthèse (stade où les fleurs sont fonctionnelles)

Alors, du coup, vous vous doutez qu’on a tendance à ne pas entretenir nos bords de champ plus que nécessaire. On tond pour dégager des chemins. Éventuellement, on vient entretenir le tour des serres. Mais c’est à peu près tout. Forcément, les graminées en profitent pour s’exprimer joyeusement. La vague de chaleur que nous traversons a permis une précocité et une intensité remarquables des floraisons de graminées. C’est de moment idéal pour que ces plantes lâchent en masse leur pollen dans l’air chaud. Tiens, mais pourquoi font-elles ça, d’ailleurs ? Eh bien, tout simplement parce que leur pollinisation est anémophile : les pollens (gamètes mâles) sont portées par le vent, dans l’espoir qu’ils croisent les stigmates d’une autre fleur, parfois à plusieurs kilomètres de distance de la première, assurant par là même un bon brassage génétique. Compte-tenu du caractère aléatoire de l’opération, chaque plante a intérêt à émettre une quantité énorme de pollen pour avoir une petite chance de réussir une fécondation. Problème : ce pollen est allergène.

Cette semaine, on en a eu une illustration parfaite dans notre champ : Lucas, le wwoofeur brésilien et Mickaël, notre stagiaire du moment, nous ont donné un magnifique concert d’éternuements en stéréo ! Le rhume des foins dans sa plus belle expression, les histamines dans leurs œuvres, les mouchoirs au creux des mains, prêts à être brandis en signe d’abdication face à la violence de la poussée allergique. Il parait que la prévalence du rhume des foins est en augmentation ces dernières décennies. La pollution urbaine jouerait beaucoup (notamment l’ozone et le dioxyde d’azote, émis par le trafic urbain). L’hygiénisme aurait aussi un impact visiblement. Mais, normalement, les paysan·nes ne sont pas concerné·es, puisque iels n’ont pas le temps de faire leur ménage… Claire, wwoofeuse-cycliste multi-récidiviste, de retour pour quelques jours, assiste au spectacle en riant. Nos deux volontaires aux yeux rouges se moquent gentiment d’eux-mêmes et rient des excès de leur réaction immunitaire. L’ambiance reste légère, même sous un soleil d’une remarquable agressivité. C’est l’essentiel : c’est ça qui nous aide à garder le cap dans une période aussi dense…

À la semaine prochaine !

Voyager de jardin en jardin

Première tâche pour Mickaël, de retour aux Grivauds : planter du basilic. Et nous raconter ses autres stages.

Quand un·e de nos stagiaires est de retour aux Grivauds, comme c’est le cas de Mickaël cette semaine, il y a toujours un moment que j’attends avec gourmandise. Celui où le·la stagiaire va nous raconter ce qu’iel a vu dans ses autres stages. L’avancement des cultures, l’ambiance, ce qu’on y fait et ce qu’on y apprend. C’est pour moi déjà une façon de voyager. Mais, depuis mercredi, le dépaysement a augmenté d’un cran. Car en ce moment nous recevons Lucas. Et Lucas est brésilien. Pendant les deux premiers jours, je suis resté très concentré sur mon portugais, qui était très rouillé. Focalisé sur le fait de comprendre ce qu’il raconte. Obsédé par la réactivation du vocabulaire, de la conjugaison et des girias[1]C’est le mot portugais qui désigne les idiomatismes, c’est à dire les expressions propres à une langue, à un dialecte.. Et puis, petit à petit, à force d’entendre cet accent carioca[2]Relatif à Rio de Janeiro si délicieusement chuintant, les souvenirs ont afflué et la saudade[3]Le mot saudade désigne un sentiment complexe proche de la nostalgie. m’a enveloppé de sa douceur piquante. Oh oui, maintenant, je me souviens.

Lucas, les mains dans les petits pois

Je me souviens de mon premier wwoofing. C’était dans le Minas Gerais, à Rio Pomba. Je me souviens de la chaleur tropicale, des longues matinées de travail, des siestes sous un soleil brûlant, du soleil qui se couche à la verticale à 18h. Des soirées autour d’une guitare et d’un feu de camp. Je me souviens d’avoir récolté des bananes et des noix de coco. D’avoir cueilli des mangues et des baies de Jabuticaba. D’avoir bouturé des choux (!) et d’avoir palissé des tomates qui ressemblaient à des pieds de vigne (!!). Je me souviens des moustiques. Je me souviens de mes motivations à faire du wwoofing : apprendre le portugais et rencontrer des brésilien·nes. J’avais déjà un peu jardiné quand j’étais petit. Mais pas beaucoup. Je suivais alors ma mère au jardin avec un enthousiasme d’adolescent très mesuré. Je crois que c’est vraiment à Rio Pomba que j’ai attrapé le goût du jardinage. C’était en 2014, j’avais 31 ans. Dans l’année qui a suivi, j’ai refait du wwoofing. En Argentine, au Chili et au Pérou. Et puis en France. C’est en cherchant un lieu où venir donner un coup de main que je me suis retrouvé ouvrier agricole. De fil en aiguille, à force de voyager, je suis devenu maraîcher. Mais, oui, d’une certaine façon, c’est bien mon amour de la langue portugaise qui m’a amené là où je suis aujourd’hui.

Paillage des planches de courges

Lucas et Mickaël, bien qu’ils soient nés à 8000 km de distance, partagent une même trajectoire, qui semble propre à cette génération. Nous en avions déjà parlé dans l’article «Chercher et se chercher» de cet hiver. Lucas me raconte que cette précarité existentielle est devenue inévitable pour les jeunes, même au Brésil. Il y a la pression de la crise écologique. Et, dans le même temps, il y a déjà un cortège de publications et d’initiatives qui permettent rapidement de faire un pas de côté sans avoir à réinventer la roue. C’est tellement tentant…

Comme ça me fait drôle que ce soit à mon tour de montrer nos gestes et nos façons de faire à un brésilien… Je mesure le chemin parcouru en 8 ans et c’est vertigineux. Lucas n’est pas vraiment un perdreau de l’année, il a déjà pas mal d’expérience. Il sait planter, il sait récolter plein de choses, il sait palisser une tomate… Avec Fabrice, il communique avec les mains et avec quelques rudiments de français qui s’épaississent de jour en jour. Avec Mickaël, il parle anglais. Comme d’un fait exprès, l’été fait une entrée précoce au jardin et nous tanne gentiment le cuir. On se dépêche de planter les dernières tomates : l’énorme chantier «courges» nous appelle. Dans le même temps, une ombre trop bien connue rôde sur nos têtes : le blé fait un retour en force dans toutes nos cultures… Souvenez-vous, l’année dernière déjà

À la semaine prochaine !

References

References
1 C’est le mot portugais qui désigne les idiomatismes, c’est à dire les expressions propres à une langue, à un dialecte.
2 Relatif à Rio de Janeiro
3 Le mot saudade désigne un sentiment complexe proche de la nostalgie.

Le pari de l’année

Des cultures en bord de butte et des tomates greffées en rang central ; une expérimentation en cours aux Grivauds ! (Cliquer pour agrandir)

Il y a une expérimentation en cours aux Grivauds. Une expérimentation qui pourrait changer la donne en terme de densification des cultures. Vous savez déjà que tous nos plants de tomates et d’aubergine sont greffés. L’année dernière, on a pu constater l’étonnante vigueur de ces plantes. La théorie précise qu’il est possible de diminuer la densité des tomates par deux et de les mener sur deux têtes[1]Au lieu d’une seule, comme c’est le cas généralement. Plus précisément, ça consiste à tailler tous les bourgeons axillaires de la tomate (les fameux «gourmands») pour forcer le … Continue reading. Les tomates sont alors plantées sur un seul rang. Au moment de la taille, on conserve le gourmand le plus vigoureux, en plus de la tête principale et on palisse les deux têtes de façon séparée. Le pari que nous faisons cette année est le suivant : est-ce qu’une tomate greffée menée sur deux têtes peut donner autant que deux pieds séparés ? On a donc produit deux fois moins de plants que les années passées. Ce qui fait déjà moins de travail pour entretenir les plants et pour les planter. Mais surtout … ça fait de la place en serre !

Plantation de tomates sur bâche, au milieu des salades (Simon à la manœuvre)

Ben oui, songez-y : on a désormais de la place de part et d’autre des tomates (et des aubergines) pour planter tout un tas de petites choses qui auraient galéré dehors autrement. Des betteraves, des salades, des fenouils, du persil, du basilic. Et plus tard, quand tout ça sera récolté, on pourra même y semer des haricots nains ! Bon, ça demande quand même d’être malins, notamment pour le paillage de la planche. Dans certains cas, on a paillé avant d’implanter les cultures latérales. Dans d’autres cas, on paillera après les avoir récoltées. Les tomates et les aubergines sont plantées sur une petite toile tissée de 50 cm de large, ce qui permettra de calmer les liserons et les chardons sur cette partie de la planche. Deux gouttes à gouttes courent entre les rangs ainsi formés : on a pensé à tout ! Et même à fertiliser un peu plus généreusement que d’habitude : du compost et du fumier. C’est que la planche doit produire autant de tomates que d’habitude et supporter une petite culture annexe en plus.

William et Simon ; stagiaires printemps-été 2022

Ces deux dernières semaines, les implantations ont été très importantes. C’est le début du rush de plantation pour nous. Rush qui se termine en général mi-juillet, lorsque tous les choux sont plantés. Et cette année, on a décidément droit à des petites mains plutôt exceptionnelles[2]Oui, comme tous les ans en fait… ! William et Simon sont deux nouveaux stagiaires que vous aurez l’occasion de voir plusieurs fois dans notre jardin. Tous deux sont à des stades très différents de leurs projets agricoles. William n’en est qu’au début de sa reconversion, alors que Simon a déjà une idée assez précise de ce qu’il veut faire. Avec eux, on parle beaucoup technique, mais aussi un peu cuisine. L’occasion de se souvenir pourquoi on s’acharne à faire pousser tous ces légumes : pour les manger, tout simplement. On les remercie bien chaleureusement tous les deux, en attendant de les retrouver à la saison chaude.

À la semaine prochaine !

References

References
1 Au lieu d’une seule, comme c’est le cas généralement. Plus précisément, ça consiste à tailler tous les bourgeons axillaires de la tomate (les fameux «gourmands») pour forcer le pied à monter le plus haut possible.
2 Oui, comme tous les ans en fait…

La 4ème règle

Je vais vous faire une confidence : je n’ai jamais trop aimé le nom de notre pratique. MSV – Maraîchage sur Sol Vivant, ce nom est problématique. Car, en réalité, tous les sols sont «vivants». Ou mieux : tous les sols accueillent de la vie[1]Il est bien plus pertinent de percevoir le sol comme un écosystème plutôt que comme un organisme.. Même les sols labourés, même les sols glyphosatés, même les sols maltraités. Ce qui compte, c’est la quantité et la diversité des organismes qu’on y trouve. Il faudrait pouvoir recenser tous les vers de terre, tous les insectes, tous les champignons, toutes les bactéries, etc. pour pouvoir caractériser la vie d’un sol.[2]En réalité, on se contentera souvent de se référer à la quantité de matière organique contenue dans le sol, aussi appelé Taux de MO. La vie qui s’y développe est corrélée à cette … Continue reading Un sol est donc plus ou moins «vivant». Le MSV fait simplement le pari que la vie du sol est une des principales conditions de sa fertilité. Plus il y a de vie, plus le sol «fonctionne» bien, et plus les plantes s’y développent bien. Mieux que dans un sol travaillé ? Parfois oui. Parfois non.

Révisons les fondamentaux ensemble. Pour maximiser la vie du sol, le MSV préconise trois règles :

  1. Ne pas travailler le sol[3]Certains puristes, dont nous sommes, poussent même le bouchon jusqu’à abandonner la grelinette., en particulier pour ne pas perturber les vers de terre et pour ne pas casser le réseau d’hyphes des champignons.
  2. Couvrir le sol, notamment pour limiter la déshydratation
  3. Nourrir le sol, en privilégiant les matières fortement carbonées, comme les pailles et le Brf, ainsi que les engrais verts

Rien de nouveau dans ces règles, tous·tes celles·eux qui sont déjà passés chez nous les ont déjà entendues. Sauf que l’expérience nous amène à la conclusion qu’il manque deux paramètres importants pour améliorer encore le fonctionnement du sol : la température et l’hydratation. Ce qui nous amène à formuler une 4ème règle pour le MSV :

  1. Réchauffer et hydrater le sol
Déshydratation d’un sol nu : comment voulez-vous qu’un ver de terre ait envie d’y venir travailler ? (Et, oui, cette photo a bien été prise cette semaine… Si vous aviez encore des doutes sur le fait qu’on traverse une forte sécheresse de printemps…)

Je ne prendrais qu’un seul exemple. Les vers de terre sont peu actifs dans un sol dont la température est inférieure à 12°C, ce qui fait que leur travail ne devient vraiment efficace qu’à partir du mois d’avril. Et ils détestent la sécheresse, ce qui fait qu’ils cessent pratiquement de travailler pendant l’été. Les courbes de minéralisation des humus[4]L’activité des vers de terre permet de rendre disponibles un certain nombre de nutriments, indispensables à la croissance des plantes, comme les nitrates et les phosphates. suivent leur activité :

Crédit : Gilles Domenech, dans Jardiner sur Sol Vivant, Larousse

Le travail du sol permet de réchauffer plus vite les sols et permet de gagner en précocité. Nous, en MSV, on part avec du retard, notamment à cause du fait que nos sols sont couverts : la paille, c’est un isolant thermique ! Alors, aux Grivauds, on s’est dotés de tout un arsenal technique permettant de pallier ce problème. On a notamment augmenté la surface sous serre, pour pouvoir lancer nos cultures de printemps (oignons, carottes, navets, choux, pois et courgettes). On installe des tunnels nantais en plein champ. Et on couvre toutes nos cultures avec des filets thermiques, jusqu’à la floraison (pois et fèves) ou jusqu’à la récolte (oignons, navets). Ce faisant, à la mi-avril, on atteint environ 17°C sous serre et 12°C en plein champ, sous paille.

Mais rien ne se passe jamais comme prévu. On a un printemps très lumineux, avec de fortes températures l’après-midi. Sous serre, la température monte vertigineusement. Mais, comme vous l’avez compris, les sols sont encore froids et les racines ne fonctionnent pas encore à plein régime. Insuffisamment pour lutter contre un tel stress thermique. Ce qui fait qu’une plante adorant la chaleur, comme un haricot ou une courgette, peut voir ses feuilles brûler alors qu’il ne fait « que » 20°C dehors. Chez nous, le matin, il fait encore très froid (entre 2 et 6°C), ce qui fait que la température moyenne reste basse. Il nous faut donc continuer à fermer les serres et à voiler certaines cultures (comme les courgettes) pour accélérer le réchauffement des sols qui les portent. Mais dès que la température monte, on se précipite pour ouvrir et éviter les coups de chaud. Toute une gymnastique.

Brûlure sur haricots

Tout ça pour vous dire qu’on s’est fait bêtement grillé nos haricots-rame, par un beau dimanche ensoleillé… Voilà, voilà. Moralité : méfiez-vous des dimanches.

À la semaine prochaine !

PS : En dehors de ce petit incident, il s’est passé plein de choses très chouettes dans nos champs cette semaine, comme en témoigne la galerie ci-dessous :

References

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1 Il est bien plus pertinent de percevoir le sol comme un écosystème plutôt que comme un organisme.
2 En réalité, on se contentera souvent de se référer à la quantité de matière organique contenue dans le sol, aussi appelé Taux de MO. La vie qui s’y développe est corrélée à cette valeur. Voir notre article Premier bilan de l’analyse de notre sol.
3 Certains puristes, dont nous sommes, poussent même le bouchon jusqu’à abandonner la grelinette.
4 L’activité des vers de terre permet de rendre disponibles un certain nombre de nutriments, indispensables à la croissance des plantes, comme les nitrates et les phosphates.

Les choses sérieuses peuvent commencer

Des oignons bien au chaud sous leur filet anti-insectes. On commence à voir les rangs. On voit aussi que de nombreux grains de blé sont venus se mêler à la fête…

Aux Grivauds, le printemps se divise en deux parties. Deux parties qui ont des saveurs et des charmes différents. La première phase va de mi-mars à mi-avril. Elle concerne quelques gros chantiers laborieux : planter les oignons et les échalotes, semer les petits pois et les fèves, et produire les plants des légumes d’été (tomates, aubergines, courgettes, poivrons, haricots verts). Les chantiers oignons et fèves se sont terminés cette semaine. Ce sont donc 4 planches de 85 m qui ont été utilisées pour nos alliacées. Ce qui donne environ 9 000 bulbilles d’oignons, 2250 plants d’échalotes et 1600 mottes d’oignons rouges. Le genre de chantier où on est ravis d’être accompagnés par nos wwoofeur·euses… En fèves, on s’est contentés d’une vingtaine de mètres sur 2 rangs. On sait que c’est un légume assez clivant et qu’on n’en vend que quelques poignées à Vichy. La première série de betterave et la première série de persil sont aussi installées en serre. Nos courgettes commencent à émettre des fleurs, les pommes de terre sortent de la paille, les choux prennent leur envol : pour le moment, cette première séquence printanière se termine plutôt bien !

On est prêts pour rebâcher la serre 3 !

La deuxième séquence va principalement concerner l’installation des solanacées (tomates, aubergines et poivrons) sous serre. Le plant a un peu de retard mais, nous, on est prêts ! La première butte de tomates est déjà fertilisée, paillée et bâchée. Mais la semaine prochaine commencera surtout par un chantier spectaculaire : installer la nouvelle bâche de la serre 3. Vous vous en souvenez, la tempête Diego avait fait des dégâts dans cette serre, qui est désormais à ciel ouvert. Cette semaine, Fabrice a méthodiquement retiré la bâche déchirée et notre voisin éleveur a été contacté pour qu’il nous aide à monter la bâche au faîtage avec son manitou télescopique.

Histoire de couronner la fin de cette période, les pommiers ouvrent leurs fleurs et les premiers rossignols pétaradent leurs trilles à travers tout le jardin. Ajoutons à ça le retour de Nicolas et de ses improvisations délirantes, les gentilles taquineries de Claire et on a la sensation d’avoir passé une semaine joyeusement productive !

(Avant de voir la vidéo ci-dessous, il est recommandé d’avoir vu la première improvisation de Nicolas : ça se passe ici !)

À la semaine prochaine !