Il y a des arbres dans notre champ !

Haies fruitières aux Grivauds : c’est parti !

Erza miaule. Je n’avais jamais entendu le son de sa voix jusqu’à présent. Elle trottine à notre rencontre pour réclamer un câlin. Mais, malheureusement, ça n’est pas le moment : Fabrice est en train de planter des arbres fraîchement greffés, particulièrement fragiles, et rien ne doit venir le déconcentrer et lui faire faire un faux geste. Ça y est, on peut le dire, l’un de nos plus anciens projets commencent enfin à prendre forme : on plante nos haies fruitières ! Tout va tellement vite ! Il y a une semaine, c’était l’hiver et il gelait à pierre fendre. Et cette semaine, on travaille en tee-shirt… Les planches de nos haies fruitières ont été paillées dans la semaine (merci Charly !). Fabrice ouvre la paille, il creuse un petit trou (pas plus profond que son fer de bêche), plante son arbre et place une grande collerette de jute autour. Plus tard, on viendra installer les gouttes-à-gouttes et on ajoutera une bonne épaisseur de BRF. Pour cette première fournée, il y a des pruniers, des pêchers et des kakis.

Difficile de rester concentrés sur le travail tant le jardin se métamorphose de jour en jour. Le printemps est littéralement explosif cette année : tout arrive en même temps ! Fabrice en profite pour lancer une petite initiative : il compte rédiger régulièrement une rubrique qui décrirait la vie sauvage du jardin. Voici donc la première édition de cet «écho du jardin» :

L’écho du Jardin (par Fabrice)

Après ce coup de froid bref et intense la nature se réveille ! Déjà en début de mois nous avions remarqué les balbutiements du printemps, quelques timides retours d’oiseaux migrateurs, des floraisons précoces et des changements d’état de certains bourgeons d’arbres. Mais cette semaine tout s’est accéléré. On sent poindre le printemps avec des retours massifs d’espèces d’oiseaux migrateurs tels les majestueux milans royaux qui nous survolent par petits groupes dès le début de matinée, quelques jolis vols de pigeons ramiers, un magnifique passage d’au moins 400 vanneaux huppés et de nombreuses autres espèces comme les tarins des aulnes, les bergeronnettes grises, les grives musiciennes et litornes qui font une halte aux Grivauds sur leur trajet ! Tiens, grives, Grivauds, y aurait-il un lien ? Certainement un lieu très fréquenté jadis par ces magnifiques oiseaux !

Papillon citron

Et lorsque l’on tend l’oreille le matin, la petite alouette lulu nous gratifie de son joli chant et de ses parades, les mésanges bleues et charbonnières s’affairent déjà près des nichoirs fraîchement posés et chantent à tue-tête, le bruant zizi se perche au sommet des plus hauts arbres pour montrer à ses congénères que le territoire est occupé. Et cette semaine nous entendons le premier chant du pinson des arbres, du verdier d’Europe, du pouillot véloce (surnommé le compteur d’écus) et du merle noir. Chez les insectes on sent aussi que la température douce de ces derniers jours les a fait sortir de leurs abris, nous apercevons notre première abeille charpentière, les abeilles domestiques sont de sortie, et le papillon citron nous survole et vient se poser sur le buis pour attirer notre attention et se faire immortaliser par Denis !

Véronique de Perse

Les floraisons se font moins timides, ce sont surtout les véroniques de Perse et les cardamines hirsutes qui exposent leur petits pétales fragiles et gracieux.

Les premières nuées de pollen des ifs se détachent des fleurs avec le vent et donnent l’impression d’un nuage de fumée, les bourgeons des pruniers et des pêchers se développent très rapidement ne laissant que peu de répit à mon programme de greffage. Il faut se hâter, il fait déjà trop chaud !

Pierre-Yves (Ferme Joca) et Charly déchargent le compost.

Lundi, on récupère du compost chez Pierre-Yves (Ferme Joca), notre collègue Pierrefittois. Mardi matin, autre grand moment, Bob et Quenelle se font parer (on leur retire une partie de leurs sabots). Pour Quenelle, ça faisait un certain temps que cette opération était devenue problématique : elle ne se laissait vraiment pas faire et le maréchal-ferrant n’arrivait pas à remettre les sabots en état. Cette fois-ci, on a fait venir une vétérinaire équine pour la tranquilliser. Pendant les jours qui ont suivi, on les a maintenu parqués pour que Quenelle ne marche pas trop et qu’on puisse continuer à lui donner un anti-inflammatoire, le temps de la cicatrisation. On admire la vitesse de son rétablissement, la beauté de son port et de sa démarche. On se sent fiers d’elle. Toujours mardi, on fait rentrer 4 tonnes de sable pour niveler notre serre d’endurcissement. Mercredi, on remet en eau notre circuit d’irrigation. On rencontre deux nouveaux soucis. D’abord, une de nos pompes (la plus vieille) décède lamentablement au cours de l’opération de ré-amorçage. On estime qu’on perd environ un tiers de notre capacité d’irrigation. Il faudra s’y faire : nos capacités d’investissement sont trop faibles en cette période pour acheter une nouvelle pompe. Ensuite, la vanne d’arrivée d’eau pour nos serres 1 à 4 s’est fendue au cours de la dernière gelée… On perd encore deux jours avant de réussir à la remplacer. Fin de semaine en beauté : vendredi on récolte plus de 30kg d’épinards pour le marché de Vichy…

Voilà, normalement, tout est en place pour le printemps : on a de la paille, du compost, du BRF, du sable, les ânes sont parés et notre station de pompage fonctionne ! Yapluka…

À la semaine prochaine !

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