Que le printemps vienne. Enfin.

Une bulle froide très «bien» située…

Que le printemps vienne. Que les gelées cessent enfin. Que les plantes se rassurent, qu’elles se sentent en confiance et qu’elles s’autorisent de nouveau à pousser. Que le jardinier dorme sur ses deux oreilles sans craindre pour ses haricots, ses courgettes et ses aubergines. Qu’il s’effeuille de ses lourds vêtements d’hiver. Qu’il s’active avec joie, que ses plants de tomates trouvent le chemin de la terre riche et nourricière, que sa conversation s’allège, que son cœur s’ouvre en même temps que les fleurs des champs et les bourgeons des arbres. Viens, printemps, viens ! N’aie pas peur, nous saurons t’accueillir, nous saurons te fêter.

Même en serre, on garde les vêtements chauds…

Il a gelé tous les jours cette semaine. Avec des valeurs systématiquement comprises entre -3°C et -4,5°C. Ces gelées ont des conséquences immédiatement perceptibles pour nous : tout est en retard, tout est stressé. Petits pois, radis, choux-fleurs, courgettes, haricots verts, salades. On note partout des colorations suspectes : des blancs et des jaunes, chloroses typiques de carences ou de stress thermique, ou du violet, signe que les plantes émettent force anthocyanes pour lutter contre le froid récurrent, détournant temporairement le fruit de la photosynthèse pour créer de coûteux tannins. Chez nos collègues, les mauvaises nouvelles pleuvent : là des fèves en fleurs qui capitulent, là des petits pois fraîchement sortis de leurs poquets qui abdiquent sans tambour ni trompette, là des fruitiers qui ne donneront rien… C’est très difficile pour nous de dire quelles seront les conséquences à terme de cette interminable vague de froid. Les rendements de fin de printemps seront affectés, c’est certain. Et la précocité des légumes d’été s’en trouve fortement hypothéquée. On sent que c’est de nouveau une année où va falloir beaucoup communiquer avec nos amapiens et nos clients de Vichy pour expliquer pourquoi les paniers et le stand tardent à se remplir.

Plantation et paillage de pommes de terre en plein champ : Adeline et Hélène à la manœuvre.

Je ne peux pas m’empêcher de ressentir une légère déception vis-à-vis de cette situation météorologique. Cette année, on avait pourtant anticipé beaucoup de choses (voir l’article de la semaine dernière) et on était enfin à l’heure sur notre calendrier de plantations. On aurait aimé un démarrage de saison un peu plus calme, un peu plus clément avec nous… Tant pis. On essaie du mieux qu’on peut de rester légers et de continuer à travailler d’arrache-pied pour la suite de la saison. L’efficacité de nos petites mains de la semaine nous aide énormément : Adeline et Hélène forment un binôme solide et leurs expériences respectives leur permettent d’être rapidement autonomes. La journée est émaillée de petites coupures pour prendre le temps d’examiner une plante ou de photographier un insecte. Hélène se charge ensuite de terminer l’identification de retour à la maison. Une exploration minutieuse de notre jardin qui nous permet d’oublier un peu le vent glacial qui nous oblige à récolter des poireaux en manteau mi-avril…

À la semaine prochaine !

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