Avril aux doigts blancs

Au lever du jour, il y a une lumière de conte de fée sur le village de Pierrefitte-sur-Loire.

Pourquoi faut-il toujours que le printemps ait des ratés ? Qu’il hésite, qu’il fasse des allers-retour ? Qu’il tousse du grésil, qu’il se déplume de flocons, qu’il blanchisse de nouveau les prairies et les toits ? Le froid en avril, c’est dur à vivre, ça joue avec les nerfs. On s’était mis à se dévêtir, on avait sorti les shorts des placards, on avait même pris quelques couleurs sur les pommettes et au bout du nez. Nos corps s’étaient préparés au chaud et on sent qu’on a de nouveau un travail d’adaptation au froid à faire. Les doigts piquent, les nez coulent. Mais, surtout, ce qui est compliqué, c’est que c’est la saison où on devrait commencer à implanter nos légumes d’été. Notamment les courgettes.

La neige qu’on attendait en janvier est tombée en avril.

Notre météo agricole nous annonce -7°C lundi matin, hors de question d’implanter quoi que ce soit en ce moment. Même des légumes réputés non-gélifs pourraient y laisser des plumes. On en a fait les frais l’année dernière, où les gelées d’avril avaient été particulièrement sévères : on avait perdu des plants de blettes fraîchement repiqués. Ainsi que des radis au stade plantule, sortis de terre depuis seulement quelques jours. Le gel peut aussi faire exploser les côtes des blettes à cardes. Et va donner un coup de frein à toutes les cultures en train de pousser… Parce que, contrairement à la semaine dernière, où il gelait aussi régulièrement, ce sont surtout les températures de l’après-midi qui sont en chute libre. 5°C comme maximale, c’est très très faible. D’ailleurs, c’est bien le signe que les gelées ne sont pas provoquées par le même phénomène. Les gelées de la semaine dernière, par temps clair et sec, sont un phénomène radiatif : la chaleur monte pendant la nuit et le sol peine encore à réchauffer suffisamment l’air ambiant pour empêcher la gelée. Par contre, cette semaine, c’est un phénomène d’advection : c’est le déplacement d’une masse d’air froid venue du nord qui fait plonger le mercure.

Un lit à baldaquin ? Non, un cabanon anti-gel dans la serre à plants.

Concrètement, sur le terrain, comment faire pour se protéger ? Simple : on garde les serres bien fermées pour profiter de la moindre éclaircie et faire monter la température. On met une double couche de voile sur toutes les cultures sensibles (dont les blettes). On retarde la plantation de courgettes. Et… on crée un cabanon anti-gel dans la serre à plants, pour les solanacées qui ne trouvent plus de place sur le sol chauffant. Ah, et, en plus, on serre les dents en espérant que ça suffise.

Dans la galerie de photos, vous constaterez qu’Adriel·le est de retour ! Vous l’aviez croisé·e sur notre blog en novembre. Cette fois-ci, iel a eu l’insigne honneur de participer au marché de Vichy. Et de récolter des épinards par des températures à peine positives… Les joies et les peines du maraîchage.

À la semaine prochaine !

Une réponse sur “Avril aux doigts blancs”

  1. Toujours un plaisir de te lire Denis et impressionnée par la régularité des articles.
    J’ai confirmation d’avoir eu raison d’attendre pour les semis de radis. Prendre son mal en patience jusqu’au St de Glace est plutôt sage pour une apprentie jardinière.
    J’ai cru lire que tu préparais un envol vers de nouveaux horizons, si tu continues à écrire, je veux bien la nouvelle adresse.
    Merci pour ce partage d’instants avec simplicité, bienveillance, quelques notes plus techniques et humour 🙂
    Et longue vie à l’écojardin!

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