Produire de la matière organique in-situ avec des plantes spontanées

À gauche, un engrais vert à base de seigle et vesce. En face, une zone de jachère. Deux façons de produire de la biomasse in-situ. Notez tout de même la différence de hauteur…

D’accord, d’accord, ce n’est sans doute pas un titre d’article très aguicheur… Mais je vous encourage à vous accrocher un peu, car on va approfondir aujourd’hui un concept important dans le MSV (Maraîchage sur Sol Vivant) : celui qui dit qu’il faut constamment nourrir son sol. Qu’entend-on nous par «nourrir le sol» ? Eh bien, pour que le sol soit actif, pour qu’il soit auto-fertile (comme dans une prairie, ou dans une forêt), il faut qu’il ingère continuellement des matières organiques. Et plus ces matières sont carbonées, mieux c’est ! Aux Grivauds, nos sols sont principalement nourris à la paille. La paille est un intrant pour nous, car elle n’est pas produite sur place. On est obligés de l’acheter. En MSV, le must du must, c’est de produire sa matière organique directement sur le sol qui va la digérer. C’est le principe de l’engrais vert : on sème une céréale (et d’autres bricoles comme des légumineuses, des moutardes, des phacélies, etc.), on la laisse se développer et on la détruit. On bâche le mulch ainsi formé et on plante à travers. Avec un engrais vert, en plus des matières déposées sur le sol, il faut compter celles qui sont produites directement DANS le sol (les racines en décomposition et leurs exsudats). L’intérêt agronomique est énorme ! Malheureusement, réussir un engrais vert, c’est difficile en MSV. Comme nos sols sont couverts, les graines ont du mal à toucher terre. Et lorsque la levée se fait, elle est souvent très éclaircie par nos limaces. Il y a un semis qu’on réussit généralement bien, c’est celui d’automne, à base de seigle et de vesce. Mais sa réussite n’est pas systématique.

La planche de courgettes (à droite) était initialement en jachère (comme la planche de gauche). Mais c’était une jachère peu performante (avec beaucoup de potentilles notamment). On a ajouté une dose de paille au mulch avant de bâcher.

Il existe une deuxième manière de produire de la matière in-situ. Il suffit pour cela de laisser une planche de culture s’enherber spontanément. Ça prend un peu de temps (il faut compter une grosse année de jachère) mais ça ne demande vraiment aucun effort. Par contre, on ne va pas vous raconter des salades : ça ne produit pas autant de biomasse qu’un bon engrais vert. Surtout si la végétation est de type vivace rampante (potentille, renoncule, trèfle). Avec un peu de chance, on verra quelques graminées prairiales s’installer mais elles ne produiront jamais autant de paille qu’un blé, un seigle ou un sorgho. Alors, dans ce cas-là, après avoir broyé la végétation, on ajoute une petite couche de paille sur le sol. Et ensuite seulement, on installe la bâche. C’est précisément comme ça qu’on a procédé pour nos courgettes et nos courges. À une petite différence près : les courges ont été bâchées avant l’hiver. Alors que la planche des courgettes vient seulement d’être broyée. Du coup, les racines ne sont pas mortes et c’est difficile d’y faire pénétrer nos plantoirs.

Thibaut et Elsa à la récolte des épinards.

Et ce sont nos deux wwoofeurs de la semaine, Thibaut et Elsa, qui en font les frais… Tous les deux viennent d’horizon très différents : industrie pour Thibaut, architecture pour Elsa. Le premier a été déjà été wwoofeur, la deuxième non. Mais l’un·e et l’autre sont joyeusement volontaires et se fondent rapidement dans la faune grivaldienne (encore des amateurs de chats, d’ailleurs). Des paillages, quelques désherbages, de la plantation, la semaine avance vite et c’est déjà l’heure de préparer le marché de Vichy. Cette fois-ci, c’est Fabrice qui s’y colle et Thibaut et Elsa l’accompagne tous les deux. Un luxe inattendu puisque les deux se mettent rapidement à vendre comme s’ils avaient fait ça toute leur vie !

À la semaine prochaine !

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