Ces paillages qui nous rapportent du blé

Des poireaux d’été qui mériteraient un petit «débléïage».

La sécheresse s’installe. Si ses effets ne se font pas encore sentir sur la végétation, vous êtes en droit de penser que le cerveau de votre serviteur a déjà pris un coup de chaud et que ça justifie un certain relâchement dans la titraille. N’empêche, derrière le bon mot, il y a tout de même une certaine dose de (bon) sens. Mais revenons d’abord en arrière. Souvenez-vous, pour la nouvelle année, nous avions pris la résolution de réussir nos poireaux ; parmi les pistes d’amélioration, nous avions évoqué l’enherbement. On s’était promis d’installer nos poireaux sur des planches débarrassées de vivaces. Pour cela, nous avons réalisé de longues occultations (jusqu’à 6 mois) avec de la toile tissée, puis nous avons paillé les sols ainsi nettoyés. La paille, vous le savez, permet d’empêcher la levée des adventices annuelles (les «mauvaises» herbes). Dès lors, on pensait pouvoir se passer de désherbage cet été pour la plupart de nos cultures ! Malheureusement, c’était sans compter sur le fait que notre paille contenait beaucoup de grains… Pour chaque planche, c’est le même scénario : on paille, on plante, on arrose et quelques jours après on vient tirer le blé qui germe partout. Lorsqu’on est débordés (comme c’est un peu le cas actuellement), le blé grandit, tale et devient difficile à désinstaller. Par endroit, c’est tellement dense qu’on pourrait presque en faire un engrais vert.

En serre 4, stupéfiant redémarrage des concombres ! Comparez les feuilles de bas et celles du haut !

À la sortie du printemps, on avait regretté certains de nos paillages en plein champ, un peu trop précoces : la paille avait freiné le réchauffement du sol et nos cultures s’étaient mises à végéter. Depuis que les températures passent régulièrement la barre des 30°C, la paille prend tout son sens : elle permet de réduire les excès de température au niveau du sol et limite l’évaporation. Mieux encore : depuis cette année, on arrose systématiquement nos sols avant de les pailler, ce qui permet d’«enfermer» de l’eau sous la paille, qui sera immédiatement disponible pour les jeunes plantes. Alors c’est vrai qu’on a des cultures qui démarrent plus lentement qu’ailleurs (comme les céleris raves par exemple) mais on peut espérer qu’inversement nos sols restent chauds plus longtemps et que les légumes continuent à se développer en arrière saison. Dans nos serres, les effets conjugués des paillages de couleurs claires (paille de blé et toile de chanvre) et du blanchiment des bâches permettent de bien maîtriser la montée en température. Les concombres et les aubergines prennent une ampleur inédite ! Et pour la première année, on peut y travailler sans suffoquer sous serre après 10h du matin, alors que le soleil est déjà haut dans le ciel.

Alice et Cécile mettent en claie les oignons de printemps pour séchage.

Et ça tombe bien parce que nos petites mains de la semaine ont toutes les deux du sang breton dans les veines et qu’on n’aimerait pas les voir tourner de l’œil en récoltant du persil… Précaution inutile d’ailleurs car, de la vaillance, Cécile et Alice en ont à revendre ! Il faut les voir pailler la planche des poireaux d’hiver par un joli 33°C à l’ombre. Et elles ont eu le courage de se lever avant 5h00 du matin pour accompagner Fabrice sur le marché de Vichy ! Présentons-les brièvement, on aura l’occasion de faire plus amplement connaissance car elles vont rester plusieurs semaines aux Grivauds. Cécile est une ergothérapeute en rupture avec son métier depuis quelques temps. Elle pique des cailloux un peu partout pour monter un grand cairn devant sa tente, dans le verger. Elle n’en est pas à son premier wwoofing et ça se sent ; elle est rapidement à l’aise chez nous ! De son côté, Alice est une étudiante en agronomie qui fait un stage d’immersion aux Grivauds pendant 4 semaines. «Qu’est-ce que tu aimes dans l’agronomie, Alice ? – L’halieutique». Allons bon ! On se gratte la tête en se demandant comment on va l’intéresser dans notre jardin. On a bien pensé à déguiser Mi-Roux en poisson mais il y a des chances que la supercherie soit vite dévoilée… En plus de leur curiosité et de leur vivacité, Alice et Cécile nous font sans cesse rire et ça, c’est très précieux !

À la semaine prochaine !

Une réponse sur “Ces paillages qui nous rapportent du blé”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *